29 mai 2007
Au delà des nuages

De retour sur Paris. Le cafard entre les dents, un peu aussi dans les yeux quand ça me fait pleurnicher.
A chaque époque une histoire. A chaque époque révolue, un tremblement dans le coeur et un crayon planté dans la joue. Tu te mords les lèvres, et ça pisse le sang. Cette douleur intense qui s'étire comme un élastique. Je ne sais combien de temps ça tiendra sans craquer. Ou peut être l'ai-je trop usé, ce spleen distendu. Lyon c'était bien. Lyon c'était loin d'ici. Forcément.
J'ai le hoquet. J'ai bouffé trop de larmes ce matin. Le goût salé mélangé au bol de céréales sans saveur. Un jour il n'y aura plus de paquet de céréales dans ma cuisine et je me remémorerai ce bon vieux temps. Est ce que vieux rime toujours avec bon?
26 mars 2007
Game over
Comme ça, ça a l'air tragique. Je n'ai jamais cessé de ressentir cette existence comme une tragédie. Sans doute est-ce pour cela aussi que je l'écris de cette manière et que les choses tournent au drame pour un rien.
Je suppose qu'il y en a d'autres. D'autres dans mon cas. Des impuissants exténués, à bouts d'effort et d'échecs répétitifs. Je n'ai pas envie de pleurer sur mon sort, ni de croire que je suis une perdante. Même si certains jours mes sursauts de volonté semblent vains et qu'après chaque nouvelle chute, j'ai l'impression que j'ai de moins en moins de force pour me relever.
Ces derniers mois, j'ai vécu les plus incroyables montagnes russes de ma vie. L'amour, le désamour, la haine, la rancoeur, l'euphorie, la jubilation, l'amertume. Et puis jeudi matin, lorsque je me suis réveillée allongée dans ma cuisine avec la mémoire vide, j'ai pris peur. Je n'avais aucun souvenir de la dispute violente que j'ai eu avec Lui la veille. Après qu'il m'ait relaté le lendemain les évènements de la nuit, j'étais abasourdie. Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé. J'ai laissé couler les choses. J'ai l'impression que c'est allé trop loin. Je suis fatiguée. Oublié ou pas, voilà l'épisode qui allait nous achever.
Depuis plusieurs mois, ça ne va plus entre nous. Et j'ai bien l'impression que je n'arrive pas à faire face à ma dépression, malgré la thérapie, les efforts, les bouquins. Je sais que pour Lui, accepter de vivre avec moi fut une "grande" décision, car il y a six mois encore, il affirmait ne pas être prêt.
Ces trois derniers mois, m'enfonçant dans un mal être que je n'explique pas, je me suis évertuée à tout gâcher. A détruire notre histoire, comme un gosse qui se jette à pied joint sur un château de sable pour le détruire, sans raison, ou pour le plaisir, je ne sais. Repoussant les limites de sa patience que je savais déjà bien amochée, je n'ai rien fait pour que ça aille mieux. Je pense que c'est mon côté maso qui m'empêche de regarder vers le haut.
Border-line comme je suis, je passe de l'état de bonheur intense à celui de l'éternelle suicidaire, prête à foutre en l'air une vie qui sans doute à de moins en moins d'importance.
Il y a des choses qui me font croire que la vie vaut la peine d'être vécue, comme ces miracles qui surviennent lorsqu'on n'espère plus rien. Comme la réponse positive de mon ex-meilleure amie à l'invitation à ma crémaillère alors que je lui demande son pardon depuis plus de quatre ans. Je n'ai jamais été aussi heureuse d'être encore vivante.
Et puis comme la vie ne peut pas être simple et que les épreuves sont infinies, notre rupture entre Lui et moi est survenue à quelques jours de notre emménagement. Je me sens comme morte, ou presque. C'est la grosse claque du week-end et je ne sais plus où j'en suis. Je n'arrive plus à comprendre comment j'en suis arrivée là, ni comment je peux en sortir. La douleur est immense et le temps irréversible. Les erreurs irréparables. Les choses étant ce qu'elles sont, nous allons vivre sous le même toit et nous n'y pouvons plus rien.
Je ne sais pas ce que ça fait d'être le méchant de l'histoire. Son entourage avait raison. Je ne suis pas une fille pour Lui. Tout ce temps... J'ai cru que j'allais pouvoir changer. Malgré tout l'amour que je lui porte, je n'ai réussi qu'à l'éloigner et le dégoûter de ce que je suis. Mes jambes flanchent et mon coeur trône fièrement au fond de la poubelle. J'ai des regrets plein la bouche et les larmes qui écrasent toutes mes pensées.
Changerais-je avec le temps ? Comme je lui disais l'autre jour, la dépression n'est pas une maladie incurable. J'ai déjà gâché notre histoire et il me faudra du temps pour arrêter de m'en vouloir. Je ressens un grand vide et une colère incommensurable contre moi-même.
Ce matin, j'ai du mal à voir ce qu'il y a de bon en moi. Je suis une poupée chiffonnée destinée à être jeté aux ordures. Je lui ai fait tellement de mal que je ne sais comment il a pu tenir jusqu'ici.
Maintenant c'est fini. Et malgré mes regrets, mes remords, ma tristesse, ma culpabilité, ça ne changera plus grand chose.
De tout mon coeur, je suis sincèrement désolée pour tout ce que je t'ai fait.
J'ai mal.
15 novembre 2006
Lose my religion

Rebecca Romijn
Je ne veux pas Le perdre. Mais inconsciemment, je fais tout, absolument TOUT pour. La vie me met la pression. Cette énergie inconsciente, ce fatalisme pédant, cette inertie face à la souffrance m'ankylose jour après jour.
Hier soir, je me suis sentie basculée. D'un coup d'un seul. J'ai même fermé ce blog. Peut-être que les plus nocturnes ont pu s'en apercevoir. Ca a duré quelques heures, le temps que la nuit m'apaise.
J'ai fini tard une conversation téléphonique difficile avec Lui dans laquelle je manquais encore cruellement de mots pour exprimer ce que je ressentais alors que je débordais d'émotions. Il me dit d'appeler des amis, de me tourner vers eux, d'enfin avoir la capacité de me confier aux autres. Mais je n'en ai pas la force. Pas encore.
Je pleure, je me fais mal physiquement parce que depuis une semaine une étrange douleur me tenaille, quelque part là, à l'opposé du coeur. Pas le temps de consulter. Ca ne s'arrange pas. Quand je sanglotte à chaudes larmes c'est encore pire. Je laisse faire.
Minuit passé. Je compose quelques numéros glanés sur le net. Y a tant de dépressifs que ça ? Ils ne pourraient pas dormir un peu ? Je me heurte par dix fois à "Toutes les lignes de votre correspondant sont occupées, veuillez rappeler ultérieurement". Je finis par en rire, me disant qu'heureusement je voulais juste parler à quelqu'un...
A Lui, j'en demande trop, comme s'il pouvait régler tous mes problèmes, comme si c'était mon messie. Je dois lui enlever ce poids. Moi.
Je me remets en cause. Je lui ai dit cent fois que je changerais, sans prendre la peine de le faire. Si je ne fais rien, j'vais voir les choses voler en éclat. Je ne veux plus être fataliste. Je ne veux pas. J'ai sauté le pas. J'ai appelé. J'ai pris rendez-vous. Ca c'est fait. Samedi matin. 8h10. Pour la premier fois, je vais rencontrer mon psy.
11 octobre 2006
I stay here (edit pour Gaïa !)

Ellen Pompeo
Il est des musiques qui font pleurer, des instants à se remémorer, des moments de solitude, des face à face avec soi-même . Je me souviens qu'il y a quelques jours, sur le pont Notre Dame vers 22h30 passées, je me suis penchée sur la Seine, j'ai croisé de loin la Tour Eiffel. Et j'y ai repensé. Dans le casque, en boucle, la musique qui fait pleurer, pas assez forte même pour apaiser la tristesse. Dedans, rien que des idées noires comme des coups de haches en pleine tête... Il faudrait oublier les blessures du temps, mais rien ne s'oublie, ça cicatrise tout juste au fil des années. Tu marches avec des béquilles et au moindre vacillement, tu t'écroules. Est-ce que je serais une éternelle convalescente. Je cherche le monde réel, celui des vivants, qui marchent la tête haute et les yeux tournés vers l'avenir. La vie en face, c'est pas le plus simple à faire. La solitude à gérer, le spleen à déglutir, son propre poids à porter.
Les rues sont devenues trop étroites. Je courais en pleurant, croisant le regard des passants, le bonheur des uns, l'indifférence des autres. Je me suis engouffrée dans un bar. J'ai commandé deux Despé. Le monde s'est mis à tourner, les larmes à se fondre dans le décor. J'ai écris quelques lignes, les mots sont devenus des insultes. J'ai eu la nausée. Je l'ai appelé. J'ai raccroché. Je suis partie m'enfermer dans les toilettes avec mon mal de coeur et ma haine de la vie. J'ai cru que qu'elle s'écroulait, que mes épaules se prenaient tout en pleine gueule. J'ai cru qu'il n'y avait plus de main à laquelle s'accrocher. Les appels en absence se sont multipliés. Il est venu. Il était là une heure plus tard. J'avais besoin d'une présence, de lui, d'un remède contre ces crises d'angoisse à répétition. Ses bras. Comme une protection contre les agressions de la vie. Ca sert à ça des bras d'homme. Des bras d'homme qu'on aime. A essuyer ses larmes et enfouir son désarroi. C'est un bouclier. Je me suis sentie vulnérable. Je n'ai rien pu dire. J'ai seulement pleuré. Mais sa présence a tout changé. Oui tout changé.
Tout recommence. Je ne sais pas de quoi j'ai peur. J'ai besoin de parler. Mais à qui? L'écriture ne suffit plus. Les autres m'effraient. J'ai peur de l'abandon. Je m'enfonce dans l'isolement. Je ne sais pas me confier. Je renferme tout comme si ça pouvait me sauver. J'emporterais dans ma tombe quelques secrets, des litres de pleurs, un bonheur inconstant, des montagnes russes à réparer. Et puis quoi. C'est si dur de crever seul ? Non le plus dur c'est de s'accepter et d'accepter qu'on ne crèvera pas seul justement. Parfois il est plus dur d'accepter que les autres soient là pour nous. C'est étrange, mais j'ai l'impression que c'est de ça dont il s'agit.
Savez vous à quel point c'est difficile de faire confiance. Croire en l'autre, croire en soi-même, arriver à s'aimer, avant de pouvoir réussir à aimer l'autre en toute sincérité. C'est quoi aimer. Comment puis-je en être sûr. C'est quand les amis te disent que t'as bonne mine et que tu réponds "je suis amoureuse?". Ou peut-être que c'est à l'instant précis où l'absence devient trop insupportable pour ne pas trouver le temps long, tortionnaire, invivable. C'est peut être aussi ce coeur qui bat plus vite lorsqu'on commence à compter les jours qui nous séparent. Ou sans doute cette larme, la dernière avant de passer de l'autre côté, le monde englouti des rêves qui apaisent la nostalgie jusqu'à l'aube où la routine reprend la main.
La post-adolescence. On croirait que c'est simple comme un jeu d'enfant. L'amour, on se dirait que c'est comme un conte désenchanté. Les relations amoureuses, c'est comme le bon vin. Ca s'apprécie avec le temps. Le temps d'apprendre, de goûter, de connaître, de dépasser l'ivresse, de trouver le juste milieu. Et puis on y prend goût. Le meilleur moment, c'est la maturité, quand on a dépassé les prémices et qu'enfin on se sent vivre et qu'on se laisse aller. Avec le temps, on apprend à accepter que quelqu'un puisse être là pour nous, que cela est possible. Mais la confiance. Elle, il faudra toujours la chouchouter. Parce que sans elle, point de bonne dégustation.
Vous savez à quel point c'est dur d'aimer. Pas de trouver les sentiments nécessaires, non. Mais de ne pas avoir peur que tout s'arrête du jour au lendemain, parce que vous avez été trop de fois blessé par cela et que vous ne voulez plus jamais que ça se reproduise.
Un moment vous lâchez prise.
Et puis c'est bon d'aimer.
Même de pleurer parce qu'on aime.
On a beau s'envoyer dix mails par jour. Ou même plus. Le manque persiste.
Au final, c'est dur d'être adulte. La vie active, les amis qu'on voit moins, le petit ami dont l'absence donne des bleus au coeur.
Bon c'était un ptit post comme ça. Je suis plutôt heureuse en ce moment.
J'ai des amis formidables, un homme que j'aime, bientôt un nouveau job, une bonne thérapie en prévision, une famille que j'apprends à accepter.
Et puis on m' a dit aujourd'hui que j'avais bonne mine. Alors j'ai répondu...
01 septembre 2006
Indicible douleur, inscriptibles émotions
En direct de Son pc.
Vous savez, lorsque je pleure, il se passe un milliard de choses dans ma tête. Des pensées qui se chevauchent, tourbillonnent, enfoncent des épines. Un peu comme une voix off intérieure, comme dans Grey's Anatomy. Alors j'avais besoin de vous les dire parce que le poids de toutes ces émotions m'ont éreintée. Je suis vide, incapable de trouver la force de relever la tête. Le sens des choses semble confus. Aucune de ses paroles n'arrivent à me réconforter, même si pour me rassurer, il m'affirme ne pas être parti. Il y a un moment où vous vous retrouvez par terre et la douleur est telle que la seule chose dont vous avez envie c'est que d'un coup, d'un seul, on vous achève, là tout de suite. Qu'après il n'y ait plus qu'un trou noir.Une fraction de seconde, j'avais envie d'être sur un lit d'hôpital.
Là, je suis dans le trou. C'est obscur, effrayant. Je ne vois rien. Je ne sais même pas s'il existe une sortie. Sous peu, je vais devoir reprendre le train. Continuer à vivre comme si de rien n'était. J'irais au resto seule, pour fêter la fin de mon stage, prendre quelques verre pour saouler ma douleur et rentrer par le dernier métro. Les autres me regarderont pleurer et je m'en foutrais. La télé, au bout de la nuit, finira par bercer ma tritesse nocturne et je regarderais pathétiquement la fin de la Star Ac'.
Je ne sais pas. Il doit certainement y avoir quelque chose qui cloche. Forcément. Les autres finissent toujours par trouver des raisons pour vous déculpabiliser, dire que vous n'êtes pas fautif et sans doute auront-ils raison. Il n'empêche que vous aurez entendu ces excuses trois, quatre, ou cinq fois pour être réaliste et qu'au bout du compte, vous finissez par vous dire que vous n'être peut-être fait pour personne.
Je crois que j'en ai fini pour ce soir. Je garde un peu de force pour me traîner jusqu'à la gare. Je suis encore en vie. C'est déjà ça. "Je suis morte une troisième fois et ce qui est fou, c'est que ce sont toujours les chagrins d'amour qui tuent". C'est ce que je lui ai dit tout à l'heure. Peut-être que je dramatise trop. Mais on ne choisit pas d'avoir mal, comme on ne choisit pas d'aimer.
Je ne lui en veux pas. Je comprends et respecte son choix. Je le remercie pour le respect qu'il me témoigne et sa franchise qui me réconforte.
Bien. Essayons de rester fort. Je vous dis à demain sans doute pour des nouvelles un peu plus folles.
Cordialement.
Un texto et chui K.O
Je pense que les toilettes sont une bonne planque pour pleurer. Chaudes, humides, accueillantes.C'est un peu louche certe, au bureau, lorsque vous vous y enfermez une demi-heure d'affilée. J'ai une colique de tristesse. Quelle importance. Dans certains moments de pur bonheur splénétique, l'avis des autres ne compte plus guère. C'est mon dernier jour de stage aujourd'hui et ça aurait dû être le plus beau jour de l'année. Sauf que. Je jette un coup d'oeil à ma plaquette de pillules et m'aperçois qu'il reste une semaine. J'ai trouvé l'explication de mon humeur désastreuse de ces derniers jours et ces envies de me jeter par une des dernières fenêtres de l'Empire State Building dès que quelque chose me contrarie. C'est insupportable. Pour Lui et pour moi.
Bref. Septembre 2006. Quand même, je trouve ça vachement trop cool de souffrir tous les ans à la même époque, de s'attacher, de résister, d'aimer, d'y croire. Quelqu'un se propose de sortir avec moi et de me larguer en septembre 2007 ? Je trouve ça très drôle. Je trouve ça très drôle. Je trouve ça très drôle. Là je suis en colère. Je suis triste. J'ai envie de crier et ça fait tellement mal que cette douleur semble préparer un attentat intérieur que je ne saurais supporter.
A la même époque il y a un an, j'offre une bague de fiançaille à mon petit ami qui me quitte pour une autre. Dans quatre jours, Lui et moi fêtons nos quatre mois et l'heure sonne pour la pause. Putain de mot. Pause. Il faudrait le rayer du dico. Stoi qu'as dit un jour qu'une pause c'est comme le préambule d'une rupture au compte à rebours enclenché. C'est pour ça que j'ai si peur. Je hais ce mot. Je hais ce mot. Je hais ce mot. Surtout lorsque tu associes le mot "vraie" avec.
Je trouve ça trop bien d'avoir raison, de savoir ce que l'on vaut, mais aussi ce qu'on ne vaut pas. C'est réconfortant d'être conscient de n'être que de passage dans la vie des gens.
J'écris sous la colère certe. J'écris l'angoisse au ventre. J'écris dans l'attente fébrile de savoir ce soir ce que tu auras à me dire.
Moi de tout ça, je ne fais qu'un seul constat. Et je crois que la vie est ainsi faite. Souvent, dans la mienne, je quitte les hommes à qui je ne tiens pas. Logique. C'est ceux que j'aime qui s'éloignent, plus ou moins vite. Avec délicatesse et même des larmes parfois. Je ne leur en veux pas, parce qu'on ne force personne à nous aimer. On ne force pas la main au destin pour que cela fonctionne entre deux personnes.
Ce qui fait mal dans tout ça, c'est qu'au final, je n'ai pas aimé souvent, malgré toutes les aventures que j'ai pu avoir ces derniers mois. Ce qui fait mal, c'est d'être blessé par les seuls que vous avez réellement aimés.
Et je t'aime.
Rien à ajouter.
Comme on dit, les jeux sont faits.
Je serre les dents et j'encaisse.
21 août 2006
Que sera, sera

Gael Garcia Bernal
Là, je tends l'oreille et écoute ce qui se dit dans le bureau d'à côté. Le boss et son associé, essayant de remonter la pente en ces temps difficiles où la boîte tourne sans client. Du moins, à l'ouest, rien de nouveau. J'entends qu'ils veulent faire du web 2.0. Faut-il encore qu'ils aient dépassé le cap 0.5. J'ai envie de pleurer de rire. Ils utilisent des termes qui sonnent comme des insultes dans leurs bouches "créateur, développeur, éditeur". Tout ça pour un seul et même homme qui se prend pour dieu et pourtant n'est rien qu'un mégalo à qui l'on devrait apprendre la vraie vie. J'ai envie de claquer la porte aussi sec et et de badigeonner leur porte de sang de porc pour me venger. Je suis en colère. Contre eux, surtout. Je me couche avec la migraine, me lève avec le moral touchant le ground zéro. Hier soir, chez Lui, j'avais envie d'avoir maman à mes côtés. Réflexes de gamine, fleurant bon la nostalgie de l'enfance douceureuse et réconfortante des années 90. J'aurais voulu me réveiller au ptit matin et être certaine de ce qui se passerait dans deux semaines. Une rentrée banale, avec des camarades de classe, des profs dont on évoquera plus tard les noms, un emploi du temps blindé de cours où il faudra poser son cul sur une chaise et attendre que les heures se passent.
Mais Milou a raison. On est jeune. On a le temps d'élaborer un tas de plan B, C, D ou que sais-je. En tant que stresseuse professionnelle, j'ai oublié de me faire confiance. Pourquoi se regarder tomber connement ainsi ? Pourquoi s'en faire alors qu'il reste tant de choses à vivre. Pourquoi ne pas arriver à relativiser ? J'essaie de me demander si j'ai connu pire. Pour me rassurer, j'essaie de me convaindre que je connaîtrais certainement pire. Il y a des gens qui ne cesseront de vous mettre des bâtons dans les roues. Puis d'autres qui vous tendront la main. C'est à ceux-là qu'il faudra faire confiance. Je ne veux pas être de celles qu'on enterre avant d'avoir tué. J'ai l'impression de creuser ma propre tombe sans avoir le courage de me réanimer. Ainsi continue l'aventure. Ainsi la vie que j'ai toujours trouvé plate me donne du fil à retordre. Ainsi il faudra surmonter la tempête pour être fier de soi au bout du compte.
Ma digression cinématographique, sans transition.
Pour ceux qui hésitaient encore, j'affirme que La Science des rêves en vaut vraiment la peine. Du scénario à la mise en scène en passant par le jeu des acteurs, le film regorge de perles oniriques, boostées par l'imagination débordante et le talent de Gondry. Ceux qui ont aimé, adoré, idôlatré Eternel Sunshine of a spotless mind ne seront pas déçus. Malgré de microscopiques longueurs, on s'émerveille à chaque instant et l'on se laisse emporter sans résistance dans ce rêve éveillé, cette fantasmagorie que l'on pourrait toucher du doigt. Tels des gosses on voudrait y croire. A cet univers enchanté, cette histoire d'amour, cette déconnexion de la réalité. Il y en a qui trouveront ça niais, potache, voire lourd. Pourtant j'ai rêvé, pleuré presque, ri beaucoup aussi. Le charme de Gael Garcia Bernal, la douceur de Charlotte Gainsbourg, l'accent anglais inimitable de Chabat, la poésie tout simplement d'un film touchant. Tout cela m'a conquise. Laissez vous aussi tenter par un ptit tour de manège enchanté.
01 août 2006
Libre de vivre

Jena Malone
L'histoire est tout aussi légère que la vie de l'individu, insoutenablement légère, légère comme un duvet, comme une poussière qui s'envole, comme une chose qui va disparaître demain. Milan Kundera / L'insoutenable légèreté de l'être.
Hier soir, je me sentais lourde de colère. J'ai touché du bout des doigts le point de non-retour, aussi éphémère soit-il. J'ai flirté avec ces états de rancoeur et de nervosité monstrueuses qui poussent hors de soi et font perdre le contrôle des choses. Le poing contre les murs, la tête plaquée sur cette moquette trop rèche, je criais intérieurement, crachais des larmes diluviennes, douloureuses et oppressantes comme jamais depuis longtemps. La respiration bloquée, l'angoisse persistante, tout cela s'éternisait et s'en allait gifler mon moral qui se brisait la nuque dans un craquement atroce. Je venais de passer une journée effroyable, supportant de moins en moins l'ambiance du boulot. Les murs du bureau transpiraient le mépris et les supérieurs nous traitaient comme des bêtes à dresser. Dans le train du retour, j'intercepte un appel qui finit de m'achever. Ma directrice marketing m'annonce qu'à l'issue de sa réunion avec le boss, elle a été congédiée à la dernière minute. Je n'en croyais pas mes oreilles. Renvoyée sans un merci. La magie de l'empathie fait que. Je tremble de colère. Je hais ceux qui m'emploient. A la maison, je m'empresse de faire part à ma mère de mon désir de partir si je ne trouve rien à la rentrée. Un an en Australie pour changer d'air, flanquer un océan entre moi et ce stress ambiant qui pourrait à la longue me tuer. Wait & see.
La vie continue. Rien n'a changé ce matin si ce n'est que je suis partie avec un sac énorme sur les épaules. Ma mère s'en faisait comme si mon voyage commençait aujourd'hui. Un pseudo déménagement qui pour moi hurlait "Indépendance !" oui. Ce n'était que l'affaire d'un mois et encore... provisoirement deux jours. J'ai récupéré les clés de l'appartement de ma soeur qui sent l'encens, la quiétude, le désir d'être au calme. J'ai posé mes valises comme on arrive à l'hôtel, ai parlé un bout avec le locataire de passage qui s'en retourne dans son Angleterre natale. Dans un mois il faudra repartir pour revenir en octobre. Quel va et vient. Mais je suis contente de cette nouvelle page qui s'écrit, et s'inscrit dans une période de transistion absolue. J'avoue. J'ai quelque peu la frousse de l'avenir. Mais à quoi bon de vivre dans la sécurité de savoir de quoi sera fait chaque jour qui arrive. Vivre est une aventure en soi. Aventurons nous dans l'inconnu jusqu'au bout.
Ce matin, mon boss me disait : "Il faut que l'on se parle avant d'arriver au point où tu vas me décevoir. Il n'y a rien de pire. Et puis réciproquement, peut-être que je te déçois aussi".
J'aurais voulu lui dire oui, qu'il avait déjà brisé tous mes rêves et qu'il avait foutu mon moral en cage.
Bref. Je veux avancer tout de même. Pas encore 22 ans, encore bien des années de rab pour réaliser bon nombres de rêves. Y en a qui y arrivent. Pourquoi pas moi. Nous. Vous et moi ensemble, chai pas.
25 juin 2006
Héroïne à deux sous

Claire Danes
Les étoiles semblent s'éteindre une à une. Je n'ai aucun moyen de les retenir. Elles se font happer par une mélancolie aux voies impénétrables et je constate dans le même temps un enlisement critique de mon moral. Il a raison. Qu'elle est cette stupide manie qu'ont les gens de se juger eux-mêmes ? Ces derniers temps, je suis parfaitement incapable d'apprécier ce que je j'accomplis. Sans doute parce que j'ai le sentiment de n'arriver à rien. Quelle était cette période offusquante, ouverte sur un trou noir dans lequel je me regarde tomber ? Je me sens vide, absente, contemplant ma chute avec une inertie agaçante. Je me soucie de ce qu'Il pense de moi, m'effraie de la lassitude qu'il pourrait éprouver à avoir une petite amie splénétique. Ai-je toujours été comme ça ? Je sais que je peux m'en sortir, il me fait confiance. Moi aussi j'ai envie de lui faire cette faveur. Accepter qu'il soit là pour moi, apprécier sa présence sans craindre d'importuner. Moi seul manquais cruellement d'assurance. Il fallait que cela cesse. Ca en devenait ridicule, burlesque, quelque chose de ce genre. J'aurais voulu être une marionnette qu'on tue à la fin d'une pièce et qui revient dans la suivante dans un rôle un peu moins pathétique. Le clown qui pleure voulait s'en aller. Ce n'était plus très drôle à la fin.
Après être sortie d'une crise d'adolescence finalement banale, je saute à pieds joints dans celle de la vingtaine, teintée d'incertitudes et débordante de remises en question. J'avais peur d'être devenue un fantôme sans raison d'être, d'errer sans destination, de n'avoir plus aucun talent, celui de vivre simplement par exemple. Car il faut être doué pour jouir du carpe diem sereinement. Mais comment cueillir le jour lorsqu'il peine à se lever.
Il n'avait toujours pas tort en affirmant qu'il était normal de ne pas être toujours au top. Comme tout être humain, j'avais mes mauvaises passes, mais avant de remonter la pente, il fallait subir le creux de la vague. J'avais peur de me laisser engloutir, de me noyer, de ne plus retrouver la terre ferme. Je résistais tant que je pouvais, et mon être fatiguait de balancer inlassablement entre deux états contraire. Les pleurs succédaient aux rires et le spleen mettait souvent K.O l'engouement de vivre. Pouvais-je sortir durablement de ce cercle viceiux.
Vendredi, je voulais tout arrêter. Ce blog, écrire. Je n'aime pas cette nouvelle bannière qui n'exprime pas ce que je ressens, je déteste mes dernières notes sans saveur. Mon oral de mémoire arrive mercredi et je n'ai rien préparé. J'ai besoin de régler ces conflits intérieurs avant d'arriver à poursuivre ma route. Mon introspection se prolonge, je tente de déjouer ces peurs inconscientes. Je sens que le bout du tunnel est tout proche. Dansn dernier effort, j'entame le sprint final, le plus douloureux, avec l'espoir d'une victoire sur moi-même qui doit me motiver à franchir enfin cette ligne d'arrivée.
Heureusement qu'Il est là. Mon confident, mon amour, mon amant, ma tête sur les épaules, mon élan de lucidité. Mon île de réconfort dans laquelle je viens me réfugier lorsque le spleen est trop fort, l'épaule sur laquelle je m'échoue lorsque mes sentiments trop vifs m'écorchent sans états d'âme. Je peux compter sur lui, même s'il me conseille de compter sur d'autres aussi. J'ai envie qu'il soit fier de moi et de sortir de cet état qui dure depuis trop de temps. Après avoir vécu certaines histoires dans lesquelles j'avais l'impression d'être seule dans le coup, j'ai enfin le sentiment que l'on pouvait être heureux à deux. Je veux me laisser une chance d'être heureuse, de dépasser ce mal-être persistant, de l'aimer comme il m'aime, d'aimer la vie comme elle nous prend, de prendre la mer car ce n'est pas la mer qui prend l'homme, de dompter toutes ces angoisses et d'affronter enfin mes démons. Je voulais avoir conscience de mes faiblesses et de mes dépasser. Je n'avais que 22 ans, j'avais encore tout à apprendre, mais comme chacun, un héro ordinaire se tapissait au fond de nous. Celui qui surmonte les obstacle et qui sait se rétablir des blessures les plus profondes.
29 mai 2006
Spleen mystique

Nicole Kidman
Avant-hier je ressemblais à une boule de spleen errante. Après l'avoir quitté, j'ai pris le train en direction de Montparnasse, la batterie de mon Archos presque à plat. Vivre un spleen sans musique, c'est un peu manger des frites sans ketchup. Même la mélancolie, sans saveur, n'a que peu d'intérêt.
A Châtelet les Halles, près de la fontaine aux Goths comme Lui l'appelle, je me suis assise sur les marches, le regard tourné vers Beaubourg et ses gros tuyaux colorés. Mes yeux se sont plongés dans la foule et je suis restée un long moment à la contempler, hypnotisée par ces badauds ordinaires ou sortis de bandes-dessinées pour certains.
Puis j'ai sorti mon carnet à pensées et j'ai couché, avec un bic trop usé, mon brusque cafard. J'avais envie de l'écraser sournoisement contre ces lignes vierges. C'était venu comme ça d'un seul coup. Dans le métro, alors que je répétais cette facheuse tendance à regarder le nom des stations apprises par coeur, j'ai senti mon moral se défaire comme un boulon qui se décroche avant de faire péter la machine. Je me suis mordue la coin des lèvres pour coincer quelques larmes au fond de mes yeux déjà inondés. Avec le temps j'avais quelque peu pris la main pour contrôler cette tristesse mesquine. Je sais la dompter. Il suffit que je le veuille. Mais parfois je me surprends à penser qu'il est doux d'être mélancolique. Alors je les ai laissé rouler doucement sans volonté aucune de les retenir.
Il me dit que je dois résoudre mes problèmes un à un. J'ai bien pris le temps d'essayer de les identifier, bien que cela ne soit pas tellement évident. Il y a tellement de choses qu'on n'ose s'avouer. Comment faire face à ses démons lorsqu'on ne sait où ils se cachent. Qu'est-ce qui me fait encore peur aujourd'hui. C'est bien le mystère à résoudre.


















