Un sushi dans mon lit

06 février 2007

Poésie nocturne

Il est 3h45. Je ne dors plus. Quelques heures ont suffi pour éponger ma fatigue. Les violons de 2046 rythment mon réveil et les images fascinantes de Wong kar-wai reviennent par flashs. Dans le même temps, je me replonge dans la poésie de William Wordsworth, celle d'autrefois, me murmure ce temps doucereux où la vie était une berceuse à temps plein.

Daffodils

I wandered lonely as a Cloud
That floats on high o'er Vales and Hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils;
Beside the lake, beneath the trees,
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretched in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance,
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling waves in glee:-
A poet could not but be gay
In such a jocund company:
I gazed-and gazed-but little thought
What wealth the show to me had brought:

For oft when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude,
And then my heart with pleasure fills,
And dances with the Daffodils

Apaisement. Fascination de la vie. Sensation d'être Autre. Eprise de. En constante évolution. Et Vienna Teng pour finir la nuit, comme autrefois.

Le bonheur à l'instant m'enivre, il me saoule Je le crie, je le chante à pleine gorge. En mon cœur idiot, l'idiotie chante à gorge déployée. JE TRIOMPHE ! Georges Bataille - Le bleu du ciel

Comme ça fait deux heures que je suis levée, je peux bien commencer la journée avec ça.

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05 février 2007

Philomanie

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Certains jours, j'ai des prises de conscience, des coups de flippe, assaillie de peurs paniques et irraisonnées. Aujourd'hui, je me trouve totalement égoïste et sans coeur. Je ne suis pas celle que j'aurais aimé être. Ou si peu. Non, je me trompe de champ sémantique. Je ne suis pas la petite amie idéale. En amour, je suis en fait une calamité. C'est juste pathétique. Je fais souffrir, je rends la vie inconfortable, j'anéantis toute chance de créer des ciels bleus. Tout à l'heure, j'ai eu la tristesse de penser qu'en ne changeant pas je ne serais sans doute jamais l'amour d'une vie, de qui qu'elle soit. Trop chiante, trop étouffante, trop parano, trop maso, trop flippée.Trouve la qualité et je te donne cent balles et un mars.

Les discours n'y changent pas grand chose. J'écoute, je Lui donne raison, j'essaie de changer, mais comme je ne suis qu' humaine, ça prend du temps.

J'ai toujours été dépendante. Des autres, des émotions, des sentiments amoureux ou pas, des hommes en général. Je ne supporte pas le sentiment de cloisonnement et de solitude, le vide sentimental. Je ne rêve pas d'envolées émotionnelles, mais ai besoin de trouver une raison à cette vie dont la routine a trop de facilité pour nous anéantir. Je hais la platitude. Je préfère souffrir que de ne rien ressentir. C'est ainsi. J'ai besoin de stimulants sinon je dépéris. Au mieux, j'aurais aimé être une héroïne de Charlotte Brontë. Mais sans doute le mal est-il de confondre la littérature et la vraie vie et vouloir calquer la sienne sur des sujets romanesques. Je me nourris de cette liberté à construire des plans sur la comète tout en gardant les pieds sur terre.

Il y a un an, c'était bien différent. L'amour me rendait indifférente. Je savais ne pas m'attacher et tachais de rester libre en ne faisant souffrir personne. Je me suis demandée comment je faisais pour passer de relation en relation sans remord et au final ne pas regretter cette phase d'instabilité déraisonnable.

Le pourquoi trouve une réponse simple. Parce qu'aimer vraiment est impliquant et qu'il nous affaiblit. Je me sens constamment en insécurité en ayant trouver quelqu'un à qui m'attacher. Les amours de passage épargnent ce genre de crainte. C'est affolant de s'apercevoir qu'en aimant, on prend des risques multiples et en creusant la question, c'est complètement flippant. L'amour est une compétition de masse étant donné qu'on est 6.5 milliard sur Terre et qu'on est challengé à chaque coin de rue. Le véritable amour contraint à se plonger dans notre vrai nature, quitte à ouvrir les yeux et s'apercevoir que notre côté obscur est bien plus étendu que ce que l'on croyait.

La peur remonte à l'enfance, l'adolescence, ce sentiment d'abandon potentiel qui fait que jamais je ne serais sûre des choses, ni du taux de confiance qu'il m'est permis d'accorder à l'autre. Si la vie était comme les mathématiques, nous n'aurions pas à philosopher sur nos angoisses et les probabilités d'avoir mal seraient moindres dans la mesure où les solutions découleraient d'équations, qui pourraient certes être compliquées, mais dont le résultat serait fixes à chaque coup.

Je n'aime pas être déçue, alors que je n'arrête pas de décevoir.

J'ai envie de rêver et au lieu de cela je nage dans la désillusion.

J'ai besoin d'admirer l'autre pour aimer et finis par tomber dans l'idéalisation et ne m'en sors plus.

C'est en Le lisant que je comprends le plus à quel point je suis imparfaite et qu'au lieu de rendre heureux, je créé des bourdes qui eraflent notre histoire.

Cette part d'inconnu en l'autre que j'aime me fait peur. Car c'est celle-là que je n'arrive pas à atteindre.

J'intercepte des parcelles de Lui et comprends combien ma vision est distordue par mon satané caractère et combien ma route est fausse.

Je lis Ses mots, et me sens comme étrangère. J'ai le sentiment de n'être pas à ma place, de m'acharner contre quelque chose qui m'échappe.

Peut-on réussir à rattraper une histoire qu'on a déjà à moitié enfumé.

Ma névrose, c'est un peu comme une bouffée de cigarette injectée dans notre couple quotidiennement.

Quand Il me dit que notre amour s'effrite, j'ai la vision d'un cancer rongeant notre amour.

Est-ce qu'il y a un remède pour soigner les blessures d'antan, les maladies du coeur, la partie de soi qui gâche tout.

Il me faut être mature, mais certains jour je me sens comme une gamine qui a besoin d'être rassurée.

Après tout ça, je reste tout de même optimiste. J'ai confiance en notre amour.

«Il est vain de dire que les êtres humains se satisfont de la tranquillité ; ils ont besoin d'action et ils l'inventeront s'ils ne la trouvent pas.» Charlotte Brontë

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29 janvier 2007

Ce dont je me souviens

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Scarlett Johansson

Ce matin, très enthousiaste, je m'en vais pour écrire un long post. Un très très long post. Je m'attèle à la tâche, y passe une heure et des poussières, laisse mijoter le tout jusqu'au moment où, par erreur, je ferme la fenêtre du navigateur en oubliant de valider mon texte.

Oooops ?

Malheureusement, vous passez à côté d'un week-end palpitant que je vous décrivais en détail, de ma presque-rupture jusqu'au Pakistanais d'hier soir. Vous ne saurais pas pourquoi j'ai pleuré au restaurant mexicain, ni à quel point j'ai aimé Kate Winslet dans Little Children, sans oublier les frissons que m'a donné Bobby.

Je ne me souviens pas de tout ce que j'ai pu écrire. Je n'étais pas sous acides, mais l'optimisme a ce même effet sur moi. J'ai passé beaucoup de temps à pleurnicher ces derniers jours, néanmoins, comme je vous le disais et comme vous ne le lirais jamais probablement, ma vie est un combat perpétuel. Cette seule phrase me revient.

Ok, si j'ai je courage, je remettrais ça. En attendant, très bonne semaine à vous.

Ah oui, tout de même, je n'oublie pas de poster la vidéo métal du jour, qui est d'ailleurs de saison :

Swallow the sun - Descending Winters

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22 janvier 2007

Far far away

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Scarlett Johansson

Bientôt nous n'aurons plus à supporter tout cela. Les bousculades matinales, les envies de grogner sur les autres, de coincer l' importune dans le tourniquet pour qu'elle y crève, la mauvaise humeurs des mal-lunés. Les uns rêvent de la capitale, les autres, ceux qui y sont déjà, veulent pour quelques uns quitter cette ville extravertie et étouffante certains jours.

Je commence à n'en plus pouvoir aussi et depuis qu'il m'a évoqué son désir de décamper, j'y songe sérieusement. Je l'ai toujours voulu de toutes façons. Tout cela se précise. D'ici un an, nous quitterons Paris, encore mieux ce pays. Il a envie de retourner dans le sud dans un premier temps, retrouver le soleil chaleureux et cette vie paisible d'en bas, dénuée du stress accablant, qui nous ronge saison après saison. De mon côté, si je pars, ça sera loin ou pas du tout. On pense à l'Australie , les US, mais plus encore la Nouvelle-Zélande. On a encore le temps. Ou a peine. Ce week-end j'ai récupéré mon passeport. Officiellement je suis en droit d' aller conquérir de nouvelles terres, découvrir la vie ailleurs, écrire ma vie autre part.

Cependant, je suis attachée à cette ville. J'ai grandi en banlieue, mais j'ai toujours aimé Paris, m'y promener, m'y perdre, y déverser le temps d'une balade tout ce que j'ai sur le coeur, dénicher ses trésors cachés loin des regards. Elle a toujours été là pour m'accueillir à bras ouverts et calmer mes tourments. J'ai trouvé en elle une amie de choix. Ses bars, ses rues, ses ponts sur lesquels j'ai tant rêvé, ses routes, ses gens qui ne sont pas tous exécrables. C'est un peu stupide, mais malgré tout ce temps, je ressens encore une vive émotion lorsque j'aperçois la Tour Eiffel de loin, illuminée, en pleine nuit, imposante et respectable. Je me dis que j'ai tant à voir encore, mais sans doute aurais-je le temps d'y revenir, un peu plus tard dans ma vie pour poursuivre cette relation. C'est entre elle et moi que ça se passe.

Lui, aimerait me faire découvrir autre chose, loin d'ici, pense que je suis attachée à ma capitale parce que je n'ai connu qu'elle. On ne se défait pas sans mal de ses premiers amours.

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17 janvier 2007

This is how it always starts

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Natalie Portman

19h30. Ligne 10. Départ Boulogne, direction je ne sais plus trop où. Dans la rame, quelqu'un a renversé du potage, ou a vomi. C'est confusant. L'odeur n'aide guère à percer le mystère. Personne se s'approche trop des places assises généralement très convoitées. Nous avançons doucement. Je change à Michel Ange Molitor, ligne 9, direction pas Pont de Sèvre, mais de l'autre côté. Je devrais connaître tout ça par coeur depuis le temps. Mais toujours pas, la preuve, encore parfois, je passe la moitié du trajet le nez en l'air à regarder sur le shéma le nom des stations. A République, je prends la 11, vers la Porte des Lilas. Dans les couloirs, il y a ce jeune homme que je croise tous les soirs et qui propose aux indifférents des montres et des ceintures D&G. Tout le long, je bouquine. C'est écrit sur le côté, en ce moment , je lis "Je m'appelle Elisabeth" de Anne Wiazemsky. L'écriture est fluide, la narration simple, l'histoire touchante. Je suis émue entre deux secousses métropolitaines. Dans le wagon, je croise le regard d'un homme. Au changement de station, nous nous battons furtivement des mains pour tenir la rampe. Je le regarde, il me rappelle quelqu'un. J'ai envie de le héler pour lui faire remarquer qu'il a des airs de Tom Hanks, en ajoutant que je suis fan de lui, depuis Forrest Gump. Il descend à Place des fêtes, je me replonge dans mes lignes.

Je remonte l'avenue Gambetta sous la bruine hivernale. La plupart des commerces ont tiré les rideaux. La boîte aux lettres est vide. J'ai envie de passer à la pizzeria, mais me ravise. A la maison, j'allume l'ordi en premier, comme d'habitude. Il me faut quelque chose de relaxant. Je me plante devant Dismissed sur MTV et regarde en coin la télé et sa non-réalité. Je sors faire le plein chez Monop', le supermarché des riches. J'ai toujours trouvé ça hors prix, mais à cette heure tardive, il n'y avait plus que ça d'ouvert. Deux babioles pour le prix de dix en comparaison de Lidl ou Franprix. Bref, la grande distrib' a eu son droit de pub a la télé depuis le 1er janvier 2007, mais ce n'est pas une raison pour qu'ici j'en fasse la propagande. Bref. Chorizo, Chocapic, Merlot, Coca Zéro, tout y passe. Comme une grande. Avec une carte de crédit à la caisse. Depuis le 13 janvier. J'aime ça. La carte de crédit. Surtout lorsqu'il y a de quoi manger avec. C'est pas toujours le cas.

Dehors, il pleut encore. La nuit est profonde, elle me fait moins peur pourtant. Depuis plusieurs soirs, la solitude est moins agressive. Je sais qu'il est là, à moins d'une heure de trajet. J'assassine le temps en me trouvant des choses à faire. Je grouille d'idées. C'est moins oppressant. A la maison, je l'appelle et nous rediscutons de nos projets d'avenir. On planifie un peu, beaucoup, presque pas. L'appart ensemble c'est pour bientôt. Mes parents n'ont même pas bronché. Je les avais sous-estimés.

Il y a quelque chose d'étonnant dans le passage de l'adolescence à la vie d'adulte. Longtemps, j'ai cru que mes parents ne me voyaient pas grandir, que pour eux, j'étais restée une gamine à qui l'on dit de mettre une écharpe et de sortir bien couverte lorsqu'il fait froid. Pourtant, ce n'était qu'un leurre. C'était moi qui n'avais pas grandi dans mon propre regard projeté dans le leur. C'est emmerdant de croire ce genre de choses. Ca empêche d'avancer, ça me freinait péniblement.

Avec un collègue, on discute parfois de la petite enfance, parce qu'il vient d'avoir un garçon et que ses nuits sont infernales depuis. Il me dit que parfois il lui râle dessus. Je ris, mais prends conscience que ce ne doit pas être si simple. Ado ou adulte, avec ingratitude, on oublie les nuits blanches endurées par nos géniteurs. J'ai trouvé cette pensée attendrissante.

J'ai appelé mon meilleur ami. Avec Jey, on s'appelle tous les six mois ou même une fois par an même. Ca n'empêche pas. J'ai compris avec le temps que les meilleurs amis ne sont pas ceux avec qui vous faites des 5 à 7, 3 fois par semaine, des raclettes tous les week-ends ou des soirées téléphone jusqu'à étanchéifier votre bouche. Ce sont ceux avec qui vous partagez vos humeurs sans tabous, et que même loin des yeux, sont près du coeur. Je lui raconte mon début 2007, parsemé d'imprévus et d'exaltant. On rit. On se promet d'aller bientôt boire un verre ensemble pour qu'il me parle de ses amours et son célibat..

J'ai rallumé la télé, mais toujours rien d'intéressant. D'où cette fin de journée pianotée sur un coin de table.

Bonne nuit.

PS. Il m'a dit je t'aime. Moi aussi.

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15 janvier 2007

It's ok

sukGrandir, ça fait peur. Grandir c'est exaltant. Grandir, c'est tater l'inconnu avec curiosité, et l'angoisse également de ne savoir ce qui se cache derrière chaque porte. Prudemment on les pousse une à une. Grandir c'est faire des choix de directions, sans céder à la tentation de se retourner, ou revenir sur ses pas. Et faire des choix, c'est un peu comme jouer à la loterie. On tire des numéros, sans connaître le résultat. On prend des risques. On joue petit ou gros, mais on joue quand même. La vie c'est un grand casino. Certains matins, on se sent joueur, on va tenter sa chance, crier fort qui l'on est, puis le lendemain se raviser, raser les murs, se rendre invisible, chuchoter ses demandes, se sentir moins que rien. Les projets grouillent de toutes parts, crient famine, ne demandent qu'à être nourris par l'envie de les concrétiser. Je l'ai déjà dit. On ne vit qu'une fois. Mais plusieurs vies sucessives. C'est le moment d'en profiter, d'expérimenter, de casser les interdits, d'oublier les barrières, au pire les franchir une à une comme dans une course de haies. Comme la vie est trop courte, il faut savoir sprinter au bon moment pour ne rien regretter, puis revenir au calme, à son rythme, pour reprendre son souffle et repartir de plus belle.

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14 janvier 2007

La remise des diplômes

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Diane Kruger

Je suis montée sur la scène, j' ai pris le bouquet de fleurs, le diplôme aussi. Je n'ai pas réalisé. Il y avait les potes vers le fond de la salle, trois de nos profs à mes côtés. Je n'ai pensé à rien, si ce n'est qu'il y avait un soupçon d'irréel dans tout cela. Ca ne ressemblait pas à ces remises de diplômes à l'américaine, en uniforme, avec les espèces de chapeaux qu'on lance, l'air victorieux et le sourire Colgate intégral. On a défilé par promo, récupérant ces bouts de papiers, caution de nos performances, posant un peu béatement sur la fin pour la photo souvenir. Un peu surfait.  Il y eut le discours interminable de la directrice et l'intervention admirable d'un grand homme de la communication dont on retiendra cette phrase : "Ne sois pas le meilleur dans ce que tu fais, sois le seul à faire ce que tu fais" (dixit Jerry Garcia, guitariste des Grateful Dead). J'ai envie de dire, just do it. Je suis redescendue en espérant ne pas me planter dans les escaliers. Pas très glamour comme réflexion de circonstance. On a finit au champagne, à côté du buffet, sur lequel s'est ruée une centaine d'ex-étudiants. Ce fut une charmante soirée, écourtée pour ma part par une fatigue débordante.

Dans le métro, j'ai appelé mon père. Un peu étourdie par ma coupe de champ' et encore gastroéifiée, je lui ai raconté les fleurs et tout ça. Je ne compris pas sa surprise d'apprendre que j'étais major, en sachant que je le lui avais dit plusieurs fois, mais il parut satisfait et ça me parut soulageant.

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10 janvier 2007

Something important for me

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Kate Winslet

Chacun a l'art d'attacher de l'importance à des choses futiles, mais qui lui tiennent particulièrement à coeur. Un anniversaire, une occasion quelconque, une remise des diplômes. En parlant de remise des diplômes, la mienne se déroulera vendredi. Comme événement grandiose d'une vie, on aura imaginé mieux. Parfois, je regrette de ne pouvoir profiter de la présence d'êtres chers à certains moments clés de mon existence. C'est un peu comme si vous aviez soufflé seul votre première bougie. Malgré tout, des amis  proches seront présents, parce qu'on aura partagé ces deux dernières années sur les mêmes bancs d'école. Elle et elle aussi et puis lui. Cet évènement clôture une étape importante dans mon cheminement, celle du cycle scolaire qui se referme, et dans lequel on s'enrôle dès notre plus tendre enfance. J'aurais aimé que mes parents puissent être présents, qu'ils soient fiers de leur fille devenue major tant bien que mal. J'ai l'impression d'avoir passé ma vie à courir derrière cette fierté attendue. Mais je doute que cela ait de l'importance. Je me souviens encore combien au collège et au lycée ils avaient  écorché mon égo, car déçus de me voir uniquement seconde de la classe. Je n'ai jamais aimé l'esprit de compétition, ni même l'école en particulier. Je voulais seulement pouvoir réussir dans la vie et faire des choses que j'aime, m'épanouir, être heureuse. Est-ce le cas aujourd'hui. Ptêtre bien que je ne suis pas loin  d'y arriver. Je considère qu'il faut se donner les moyens pour atteindre ses objectifs, être assez fûte fûte pour trouver les bons alliés (ne sont pas ceux que l'on croit, faîtes gaffe). Je ne sais pas, parfois je me sens arriviste, mais ce n'est jamais qu'un combat avec moi-même que j'ai entrepris. Des challenges à relever j'en ai à la pelle. J'aimerais juste parfois qu'on me tienne un peu la main, car j'ai eu des parents somme toute assez distants vis à vis de tout ça. J'ai l'amère impression de n'avoir senti leur présence qu'au moment de pures doutes et d'interrogations, prêts à m'enfoncer au moindre trébuchement. Mais je sais que ce n'est pas la réalité des choses. Je sais qu'ils sont derrière moi, même absents. Je suis encore une gamine qui a besoin qu'on l'encourage. J'ai du mal à être à la fois sur le terrain et pom pom girl dans les gradins.

Oubliez la note précédente. C'était un post-it pour moi-même.

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09 janvier 2007

Une minute de réflexion

J'ai un énorme doute là.

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05 janvier 2007

Il fallait un point de départ

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C'est ici.

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