15 juin 2006
Des bulles de savon (titre sans rapport)

Jamie Priestly
Le nom des jours et des mois n'ont finalement plus d'importance. Les années finissent elles-même par ne devenir qu'un amas de chiffres qui défilent au compteur d'une vie aux freins coupés. Je m'efforce de me repérer "événementiellement". "Ah ils passent leur bac, voilà juin" ou encore "La Coupe du monde ? Quatre ans ont déjà passé depuis..." Ensuite viennent les vacances d'été, la tournée des plages et des campings de France au journal de 13 h, la rentrée scolaire, les feuilles mortes le long des routes boueuses, les amours d'antan qui s'éloignent ou ceux dont il faut célébrer la pérennité, la neige sur les capots des voitures, les guirlandes qu'on ressort du grenier, les embrassades sous le gui embaumant les bulles de champagne. Enfant, j'arrivais à distinguer ce découpage sans trop d'efforts. Aujourd'hui tout se mélange, se compacte, pour ne plus faire qu'un tas. Une année, ce n'est finalement qu'un calot dans un sac de billes.
Qu'espèrais-je, lorsque petiote, j'attendais en hâte d'être adulte. Rêvais-je de liberté et de grandes réalisations, de voir le monde avec quelques centimètres de plus, de m'affranchir des barrières dressées par les parents. Je voulais être célèbre, un peu comme tout le monde, pas institutrice, plutôt écrivain, maudit ou pas. Encore aujourd'hui. Déjà à l'époque j'écrivais dans mes carnets que la vie était un manège, celui avec des cheveaux en bois qui montent et qui descendent. Je voulais qu'on découvre après ma mort ces écrits planqués sous mon lit et qu'on se dise que j'avais réussi quelque chose. Voilà plus de dix ans que je gratte des mots qui me soulagent et si je n'avais jamais eu le moindre spleen, je n'en serais sans doute pas là. Mon rêve de gloire s'est transformé en thérapie et je continuerais certainement jusqu'à ce que les maux/mots s'envolent.
Me voilà presque grande, recevant au boulot des cvs de gens qui postulent pour venir bosser avec nous (ma collègue ayant démissionné après un ras-le-bol évident) et qui m'appellent Monsieur en adressant leur lettre de motivation. Je devrrais leur signaler qu'il y a un E à sushie.
Avec Monsieur tout se passe vraiment bien. Les sentiments se fixent, se stabilisent, décrochent les amertumes passées et me font moins peur qu'avant. Se dire Je t'aime et le penser. Le reste on s'en fout. C'est l'été, on est heureux, même si par vague, la morosité viendra toujours de temps à autre s'immiscer.
01 juin 2006
Sweet June

Charlize Theron
Juin est arrivée, doucement, sans faire de bruit. La neige sur les cîmes, la fraîcheur insolente, la pluie violente qui parfois coupe la rue en deux et engendre des arcs-en-ciel hallucinés, troublante entre-saison. On aurait même dit un prolongement de l'hiver, malgré la naissance de l'été dans trois semaines maintenant. Cette ineptie climatique, cette fraîcheur anachronique en fin de printemps a quelque chose qui déboussole, mais après tout, quelle importance.
En ce moment, mon passe-temps favori est d'être heureuse et optimiste. Le Bonheur, c'est ma grande passion. Qui dit passion, dit temps à y consacrer. Enormément même. Cette semaine, j'ai quelque peu délaissé mon Home sweet Home, ai multiplié les excuses pour ne pas retrouver le foyer familial à la nuit tombée. Pendant combien de temps encore pourrais-je faire confiance à mon imagination, métamorphosée en machine à générer des prétextes bidonnés. Je n'en sais rien, mais jusqu'ici je tiens bien la route. Quand le leur dirais-je enfin? No Idea. Je sais seulement que ma liberté n'en sortira pas grandie, alors à quoi bon. A 22 ans, j'avoue être harassée de devoir encore leur cacher certaines vérités, pourtant les problèmes relationnels entretenus avec mes parents demeure un des démons que j'ai du mal à assassiner. Ma soeur a mis près d'un quart de siècle pour amoindrir ces conflits générationnels, il me reste encore quelques années de répis, bien qu'il me tarde de régler tout cela au plus vite.
Quoiqu'il en soit, je continue, non sans culpabilité, à leur cacher l'existence de Monsieur, doux réconfort d'une histoire pour le moment pérenne. Ce qui n'est pas pour me déplaire. La vie m'entraîne sur les sentiers encore inexplorés d'une relation normale (s'il l'on peut qualifier de normalité, l'état de tranquillité et de sérénité qui enrobe ces instants passés à deux). Avant de Le rencontrer, je m'étais dit que l'important, après avoir connu tant d'échecs en si peu de temps, n'était pas de parvenir à aimer de nouveau du jour au lendemain. La seule chose que je désirais profondément était de renouer cette confiance perdue en l'autre sexe et chasser cette désillusion grandissante au fil des mois vis à vis du sentiment amoureux. Aujourd'hui, j'en suis au point où, même s'il m'est encore difficile de me projeter dans un avenir lointain, j'arrive tout de même à retrouver un semblant d'espoir... Ce n'est pas si mal pour un début. Le bonheur et l'exaltation sont justement dosés. Sans excès, il y a ce qu'il faut de sentiments pour que je j'ose croire que c'est l'une des relations les plus apaisantes que j'ai jamais vécues.
14 mai 2006
Ptêtre bien qu'ouais

J'avoue. J'ai beaucoup de mal à écrire lorsque je suis heureuse. Sans doute parce que le bonheur m'enlève les maux de la bouche. Egoïstement, j'ai envie de garder pour moi ces trésors ineffables procurée par une vie devenue incroyablement douce. Je bouillonne d'émotions, de sentiments que je croyais enterrés vivants, de satisfactions inouïes. J'avance dans une période où la tristesse et l'amertume connaissent à leur tour le chagrin et la misère. La névrose s'en est allée, la tête basse, les poings liées, les mains salies par mes sourires paisibles et mon ivresse de la vie. Le bonheur se boit comme du petit lait.
Il s'écoule des jours sereins en ce début mai. La couleur du ciel, malgré ses yeux parfois embués, semble n'avoir jamais connu la tempête. Seules quelques branches cassées, éparpillées sur la route, témoignent de l'orage qui a dévasté ce coeur en reconstruction. Pourtant je suis consciente qu'il ne faut pas se relever trop vite, de peur de resomber aussitôt dans les chimères et l'oubli. A trop avoir la tête qui tourne, j'en oublierais presque ma neurasthénie d'antant. Mais à quoi bon ne pas se souvenir qu'un jour j'ai été blessée, au risque de banaliser un contentement que je pourrrais croire à jamais acquis. Je ne crie pas victoire, car je n'ai gagné qu'une bataille et la guerre est loin d'être achevée. Celle d'une vie, des éternels recommencements, des échecs à essuyer, des succès enivrants.
J'ai du mal à croire ce que je n'ai pas vécu. Jusqu'ici, l'éphémère triomphant, je refuse encore l'idéalisme et les illusions hypothétiquement déçues. J'essaie de calmer mes ardeurs, mes excès de sentiments, mes élans de mièvreries qui pourraient un jour me poignarder par derrière. Pourtant, en ce moment j'ai du mal à contenir cette allégresse, ce besoin d'exprimer une joie surnaturelle, ce ravissement d'être avec lui.
C'est effrayant d'être heureux ainsi, ça ferait presque mal, cette brutalité dans le changement d'état. Un peu comme si vos yeux souffraient de voir la lumière après des années passées dans le noir. Pourquoi je compte les heures, les jours qui nous séparent, avec la conscience de trop en faire. Pourquoi cette impatience, chaque fois assouvie par sa présence qui semble réparer tant de blessures.
J'aime cet équilibre retrouvé. Ce mélange de dépendance, d'indépendance, de solitude, d'instants à deux trop fugaces, de va- et-vient de la pensée qui font qu'un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Non n'exagérons rien tout de même. Je ne suis pas devenue du jour au lendemain une droguée des relations humaines. Et pourtant j'ai conscience qu'il est plaisant de savoir que quelqu'un quelque part pense un chouillat à vous...
Je savoure le présent, cette sérénité impalpable et pourtant si réelle, cette complicité aux couleurs chaudes de l'herbe en plein soleil. Même si j'ai peur que tout s'envole comme dans un rêve, je suis sûre au moins d'une chose. Quelque chose s'est réalisé. Etre bien avec quelqu'un et que cela aille de soi, c'est un premier pas vers une belle réalité.
09 mai 2006
Something like Happiness

Natalie Portman
"Les cercles de deux êtres peuvent se couper ou même être concentriques : ils ne peuvent jamais coïncider. Quoiqu'on fasse, un couple ne peut être que la somme de deux personnes. De là découle la solitude humaine". En lisant "La Ville de Pierre" de Guo Xiaolu, j'ai tiqué sur cette phrase. La trouvant belle, je voulais la coucher quelque part. Voilà qui est fait.
De retour au bercail virtuel, après une absence qui m'a parue trop longue et pourtant, une semaine ce n'est rien. Ce court laps de temps m'a néanmoins permis d'engranger un certain nombre de souvenirs dont la vie seule a le secret. Je me suis surprise, au réveil, à ouvrir les yeux avec un sentiment de sérénité presque irréel. Celui là même qui avait déserté le village de ma post-adolescence. Son retour eu cet effet "madeleine de Proust" qui me donna l'impression d'avoir rebondi quelques années plus tôt. Mais il n'en est rien, car chaque bonheur successif diffère du précédent. Heureusement pour nous. La raison d'être du passé n'est pas que l'on s'y attarde. Il nous apprend d'où l'on vient, nous explique le présent, aiguille notre avenir. Point. La fonction de fardeau n'est même pas optionnelle, elle ne doit pas pouvoir exister.
Hier sur les coups de midi, le fameux N. m'a appelé, fier de pouvoir m'annoncer. "J'ai décidé de te laisser tranquille". Je ne savais quoi répondre tant j'étais lasse. Il n'y eut aucune stupéfaction, aucune surprise, ni joie quelconque. Cette scène aurait dû se produire neuf mois plus tôt. J'ai eu l'impression qu'il se moquait de moi, m'annonçait un scoop ou s'attendait à ce que je le supplie de n'en rien faire. Cette phrase qui m'aurait déroutée quelques mois plus tôt a sonné de façon totalement creuse. Je m'en foutais tout simplement, car de lui ne reste plus qu'un résidu de souvenirs plus ou moins flatteurs que je stockerais jusqu'à ma mort dans mon histoire personnelle et même au-delà. Je reparlerais sans doute de lui un jour en me moquant de cet amour pître qui m'avait finalement accroché une pierre au cou. Stupide comme j'étais, je me suis contemplée en train de sauter dans le puits avec, et me laisser couler sans faire d'efforts particuliers pour remonter à la surface. L'envie de trouver des raisons à notre histoire et des pourquoi-comment m'avait totalement quitté tant je trouvais cette contention inutile. Le puits est loin derrière, les douleurs absurdes aussi, noyées au fin fond de l'eau. Il n'y a plus rien à dire là-dessus. Le sujet est tari.
Juste parce qu'aujourd'hui tout est différent. Différent en bien. Le temps a réussi son oeuvre. Effacer les ecchymoses d'un coeur qui ne battait plus qu'à moitié. J'étais presque morte à l'intérieur. Il me semblait ne plus rien ressentir, survivre avec indifférence. Aujourd'hui je reprends mon corps et mes pensées. Je redécouvre celle que j'avais laissé, après des mois et des mois d'errance, de perdition, de n'importe quoi assumé. C'était trop long. Chaque fois je voulais que ça s'arrête, me disais que c'en était trop, abhorrais ces scénarios ineptes que je me voyais répéter machinalement. Je me subissais. Le bilan : 9 mois de destruction, 7 relations qui m'erraflèrent un peu plus, presque aucune larmes de remords, des regrets seulement de n'avoir pas la force d'inverser la tendance. Au final, ce fut 9 mois d'introspection un peu hardcores qui m'ont fait autre pour mieux me rendre moi. Oui c'est compliqué. Il faut accepter en gros de se perdre pour pouvoir se retrouver. Comprendre ce que l'on n'est pas pour revenir à l'essence même de sa véritable personnalité. 9 mois de gestation pour un bonheur présent enfin accouché. Le bonheur, cet être si frêle qui tient dans une main et qu'on a peur de voir mourir au même instant qu'il voit le jour. Une flamme si fragile qui risque à tout moment de s'éteindre. Du peu qu'il existe, j'en recueille la chaleur qu'il diffuse et semble enfin réchauffer cette solitude polaire qui m'avait glacé jusqu'aux os.
Scannant mes pensées, j'ai embrassé hier matin les images
aromatisées de plénitude jalonnant ces dix derniers jours.
L'anniversaire de ma Juju sur la pelouse des Tuileries, mon premier
verre d'absinthe, le rendu du mémoire, cette rencontre...
Ma Lulu me
faisait remarquer il y a peu de temps que je m'éloignais de mes
meilleures amies. Après l'acceptation de cette attitude exécrable, je
me suis rendue à l'évidence qu'effectivement j'étais devenue une
handicapée des relations humaines. Pourquoi avais-je tant de mal à
aller vers les gens, sortir de mon autarcie, confier aux autres toutes
ces choses que je renferme et m'apesantissent. Sourire sans, faire
semblant d'être bien pour cacher mes faiblesses et me convaincre que je
pouvais m'en sortir seule, alors qu'à plusieurs c'était beaucoup plus
simple. Je m'étais posée là, sur le bord de la route, recroquevillée, à
attendre que l'on vienne me tendre la main. Mais forcément, avec les
yeux fermés, je ne risquais pas de voir grand chose. Je m'excuse auprès
d'elles pour avoir adopté ce comportement égoïste. Je ne veux pas
dupliquer ce que j'ai pu vivre il y a six ans de celà avec d'autres
personnes, en d'autres lieux. C'est un temps révolu. Aujourd'hui ne
sera plus comme hier. J'ai envie de les remercier de m'avoir soutenue
et d'avoir été là même lorsque j'étais absente. Avec du recul je
comprends mieux les choses. J'ai l'impression que j'ai attendu au moins
quatre ans, un milliard de litres de larmes versés, cent mille
conneries accomplies pour réussir à grandir. Un pas de liliputien pour
l'humanité sans doute, mais un bond de géant pour moi-même.
J'ai enfin le sentiment de savourer quelque chose que je n'espérais plus. C'est parce qu'elle s'écrit comme un livre que la vie regorge de rebondissements inespérés, de chagrins consolés, de bonheurs inattendus, de dépressions anéantis, de soleils engloutis repêchés dans cet étang de larmes. Le déclic, c'est celui de la serrure qui saute, ouvrant sur un jardin où tout refleurit au printemps de nos vies. Comme un paradis non artificiel, sans mensonges, sans vices, et sans facéties. Je savais bien que 2006 avait quelque chose à m'offrir autre que des thés amer dans lequel je broierais mon noir, le même qui m'a trop dégouliné sous les yeux.
Finalement ça fait beaucoup trop de mots pour exprimer l'idée simple que je suis heureuse en ce début de mois de mai. Parce qu'on le répète trop souvent, mais il est vrai que ça finit par vous tomber dessus lorsque vous ne vous y attendez pas.
Tu me demandais pourquoi je te remerciais et j'ai juste envie de te dire parce que tu m'as donné l'opportunité d'être moi-même, après des mois passés à me demander si je n'étais pas devenue une sorte de Dr Jeckyl et Mrs Hyde à force d'entendre "j'ai l'impression que tu n'est pas la même lorsque... et lorsque..." Non je ne suis pas double et si les autres m'avaient acceptée telle que je suis, ça aurait été moins schizophrénique. La raison de ma gratitude réside dans ce sentiment qu'avec toi je me retrouve. Si la triste vérité voulait que je me jette dans des relations que je savais perdues d'avance , la seule idée de me dire aujourd'hui "j'espère qu'avec toi" me prouve déjà énormément de choses.
L'idée du bonheur c'est de le vivre sans se demander pourquoi. Etre bien avec quelqu'un, c'est de savourer l'instant sans se poser de questions car l'évidence est là. Ne pas calculer, ne rien prévoir. Quel agréable basculement, du doute à la douce certitude qu'on peut encore oser y croire. Le fait n'est pas tant de se faire rapidement de fausses joies. Rien n'est acquis, tout est à construire, mais ce début d'histoire ressemble à quelque chose près à ce que j'imaginais du bonheur serein qui plaque sur les lèvres des sourires qui ne s'effacent. Finalement, c'est fou de voir à quel point les petits riens de la vie sont sublimés par cette irruption de l'inattendu. Comme tu dis, c'est beaucoup plus agréable de prendre le métro à deux, de contempler le ciel de mai main dans la main, de dire de la merde mais ça ne fait rien.
Mince, je suis trop mièvre ce matin.
J'ai recommencé à écouter
mes chansons préférées et à danser dessus au beau milieu de ma chambre
en souriant niaisement. C'est bon signe.
Mon père m'a fait remarqué que j'avais encore changé de style, je lui ai répondu que non, j'étais comme avant.
J'ai juste envie de dire :
En mai, fais comme si tu n'avais jamais été blessée.

27 avril 2006
Le bonheur comme effet boule de neige

He bien, j'y avais réfléchi sur tout le chemin du retour en me disant que je ne savais pas par où je commencerais ce post. Alors je débuterais en affirmant simplement qu'enfin je suis heureuse. Est-ce qu'un petit événement de rien du tout peut bouleverser une vie ? Bouleverser n'est sans doute pas le terme exact, mais j'ai l'impression que cette journée a eu un tel impact sur moi que je ne saurais définir ce sentiment de sérénité qui m'a embrassé alors que le soir tombait doucement sur la ville. Il y en a qui doivent se dire que je suis tombée amoureuse encore une fois. Mais je crois que ce sentiment de sérénité aujourd'hui dépasse ce concept d'amour qui peut devenir désuet en si peu de temps si l'on n'y prend gare. C'est quelque chose de plus profond, de durable sans doute, qui va au-delà de toutes illusions éphémères...
C'est peut-être Microsoft (je sais Beurk pour certains), ou Steve Ballmer, ou encore ces 9 heures passées au Théâtre Marigny hier en compagnie de 1000 geeks/developpers/férus de web/technos, enfin je ne sais. En tous cas, je me sens revigorée. Vers 15 heures, alors que je prenais l'air en grignotant un cookie exquis, je me suis dis que 2006 était l'année des déclics. Professionnel, personnel, sentimental qui sait. J'arrive peu à peu à dessiner ce chemin de vie qu'on a tant de mal à entrevoir même après des années et des années de pratique. Après tant de temps passé à me chercher, je sentais que je frôlais quelque chose du doigt. Elle était là, la vraie opportunité, celle de savoir ce que je voulais et comment j'allais y arriver.

Comment une conférence sur le web nouvelle génération a pu me faire prendre conscience de la direction que je voulais suivre. Je n'en sais strictement rien. Les signes tombent du ciel comme par miracle, créent une brèche dans l'obscurité, montre la voie à suivre, rassurent nos doutes les plus tenaces. Quoiqu'il en soit, après tant années passées à chercher un sujet qui me passionnait vraiment, il semble qu'aujourd'hui, j'ai trouvé le domaine dans lequel j'ai la réelle volonté de m'investir (le web 2.0 à défaut d'être une évolution techno et celle des moeurs online, il aura été une révolution pour moi...) en dehors de tout ce qui me donnait jusque là de l'ardeur pour avancer : le cinéma, la musique, l'écriture. Je ne m'étendrais pas sur le sujet au risque de vous ennuyer, mais en tous cas, il est important dans la vie de trouver son propore moteur (non pas de recherche mais d'avancée). Chacun choisira celui qu'il voudra : l'art, l'amour, l'argent, la paix dans le monde, les manifs anti-cpe, le sexe, que sais-je encore. Je pense que c'est vital d'être passioné par quelque chose. Jusqu'ici je me sentais éteinte. Aujourd'hui moins, depuis que j'ai trouvé l'interrupteur. C'était dur de l'atteindre dans cette obscurité pesante.
Mis à part cette prise de conscience personnelle, j'ai vraiment apprécié ce Mix 06 Paris, qui sans aucun doute aidera précieusement à l'avancée de mon mémoire que je dois déjà rendre dans une semaine précise. C'est impressionnant de voir en vrai des gens dont vous lisez le blog ou dont les noms sont cités comme des grand de la sphère du web (entre autre Pierre Chapaz ou le grand Steve Ballmer). Concernant Microsoft qui a fait sa promo tout au long de la journée (normal puisqu'ils étaient les organisateurs de l'événement), ils ont essayé tant bien que mal à nous convaindre que Vista (le prochain OS de Microsoft) allait être super-méga-génial-et-innovant-et-plus-encore .Mais pour les afficionados de Mac, rien ne semblera vraiment plus excitant. Je me suis seulement régaler à voir avec envie les nouvelles fonctionnalités de msn messenger. Miam...
Je retiens également de cette journée :
- Qu'on ne fait pas la queue pour aller au toilettes dans ce genre de conférence parce que 90% des participants sont des mecs.
- Que les appareils photos sont interdits, sans doute par soucis de prévenir l'"espionnage industriel", mais j'ai tout de même réussi à prendre quelques clichés et une mini-vidéo en scred. Manque de bol pour eux, comme je semble quelqu'un de dangereux, dixit un chargé de sécurité - ce même agent qui a essayé de me refourguer son n° de téléphone - qui en me passant au détecteur de métaux n'a même pas remarqué mon appareil photo caché sous mon bouquin...
- Que quelqu'un était intéressé pour savoir si j'étais développeur (je prends ça pour un compliment hein, ptêtre qu'un jour on me traitera de geek dans la rue
Steve Ballmer au Mix 06 Paris
Vidéo envoyée par sushie
Fort de ce regain de moral, j'ai recontacté des anciens amis du lycée pour leur proposer des retrouvailles. Après avoir allonger ma liste msn de noms d'autrefois, je me suis mis en tête d'organiser un dîner dans un mois pour que nous nous retrouvions tous autour d'une table pour se raconter nos pérégrinations autour de la vie. C'est étrange, mais il semble que nous avons tous ce sentiment du temps qui nous dépasse. Ma chère L. m'avouait qu'elle n'avait rien vu passé, ni même n'avait profité de ces quatre dernières années, qu'elle avait passé à travailler d'arrache-pied. 5 ans déjà qu'elle était avec K. et je n'étais fière pour eux de savoir que leur couple surmontait les épreuves de cette satanée existence. Mon meilleur ami de l'époque m'apprends que mon ex-meilleure amie est toujours avec son copain et me fait part de son désarroi face à son propre célibat qui perdure. Je les revois dans moins d'un mois. Est-ce qu'on sera autant qu'il y a six ans. Je l'espère. Même si ce bon vieux temps ne nous rajeunit pas, il nous rend à défaut heureux d'en reprendre une part, même bien des années plus tard à al fin du premier dessert. J'en reveux !
8h51, j'écoute Jack Johnson me chanter Better Together et je souris bêtement. Je cours attraper mon train.
Bon vendredi.
09 mars 2006
Au sommet des montagnes

The New World
Doucement, j'ai senti une larme rouler le long de ma joue, presque sans que je m'en aperçoive. Je ne pleurais que d'un seul oeil. L'autre, ému également, continuait de fixer l'écran, hypnotisée par la prose de Terence Mallick (La ligne Rouge). Il est de ces films, dont la beauté vous prend par surprise, titille votre sensibilité, va jusqu'à chercher la reminiscence d'une émotion presque pure. Le Nouveau Monde vous fera vite oublier qu'il a existé auparavant une version disneyenne édulcorée de Pocahontas, car c'est de cela dont il s'agit. On assiste ici à un film profondément humain, dans lequel la nature fait jaillir une poésie qui éclabousse l'écran durant plus de deux heures et fait appel aux sens. Le bruit de la pluie, l'odeur de la boue, le contact des corps qui frémissent au milieu des blés, le son des voix qui se remémore, les souvenirs qui échappent au temps. Sincèrement, cela fait longtemps qu'un film ne m'avait pas autant touché. Malgré la présence de Colin Farrell qui a son habitude de m'irriter, j'ai été agréablement surprise par la justesse du jeu des acteurs, mais surtout par la vénusté de l'actrice principale, Q'orianka Kilcher. Certains trouveront des longueurs. Pour ma part, j'ai aimé me perdre dans le lyrisme de cette fresque historique qui a quelque chose de grandiose sans être hollywoodien.
Sans transition, ces derniers jours ont été exténuants. Je passe mes derniers oraux avant de dire presque adieu à cette école dont je ne regrette rien d'autres que les liens tissés à l'intérieur de ses murs et les souvenirs engrangés au fil du temps. Les écoles de communication sont bornées, narcissiques et nombrilistes, portant parfois atteinte à notre liberté de création et d'expression. Evitez-les si vous en avez la possibilité. L'administration de la mienne m'aura irritée jusqu'au bout, jusqu'à cet oral de web tv où l'on n'était jugé que par notre aptitude à faire l'apologie cet établissement à deux sous. Deux sous... Contrairement à cette somme faramineuse qu'ont déboursé mes parents pour que je décroche le diplôme d'une école qui se targue de faire la couv' d'un grand mag de com' alors alors qu'elle n'est même pas capable de communiquer avec ses propres élèves. Je ne cracherais pas dans la soupe, et pourtant, si je prenais le temps disséquer ces quatre ans, je pourrais vous faire un laïus sur ce qui n'est finalement que du paraître honteusement déguiser en or, derrière des dénominations pédantes et des promesses mensongères. Bref...
Jeudi 9 mars. Ma vie continue a être royalement décousue. J'arrive désormais à dormir une heure par nuit sans être fatiguée 24 heures plus tard, j'aime le pain grillé sur lequel dégouline le miel chaud, je regarde la Nouvelle Star pour me détendre l'esprit, j'ai envie d'écouter à nouveau du bon rock hardcore après une longue période immergée dans le folk américain, j'ai besoin que chaque heure ressemble à une journée pour faire trente six mille choses à la fois, j'ai l'honneur et le bonheur de pouvoir croire enfin que...
Avant hier, nous avons fêté l'anniversaire surprise de Lulu dont le départ pour le Canada a le don de glisser en moi un début de cafard qui ne cessera de grandir prochainement. Tu vas nous manquer... malgré ton retour en septembre, malgré msn, malgré les jolies vidéos que tu nous concocteras avec ton nouvel Archos. Mais je garde l'espoir que cette amitié qui nous lie toutes les quatre avec Mimi et Juju, restera intact. Après tout, qu'est ce qu'un océan, six mois, la distance, les rencontres sporadiques sur le net. Une fois de plus, je vous aime. Je radote, mais je m'en fous. Les radotages sur l'amitié sincère sont les moins chiants à entendre.
En cette fin d'année, nous nous sommes tous rapprochés, peut être avec la multiplication des soirées, sans doute aussi du fait qu'on commence à prendre conscience qu'on ne se verra bientôt plus quotidiennement après avoir passé quelques deux ou quatre ans ensemble pour certains. Les meilleures histoires commence souvent très tard, s'achève dans un soupir, se garde en mémoire, dont on tourne les pages avec toujours ce même plaisir impérissable.

Soirée au Red Light
Mardi 7 septembre. Avant dernière soirée étudiante, celle de désintégration. Nous nous désintégrons au moment où je commence à me sentir à peu près intégrée, après quatre ans de présence. Avant d'arriver, dans le métro, après la mini soirée chez Juju, certains étaient déjà bien chaud. Dans le métro, on chantait trop fort, riait et parlait aussi sans retenu. Nous traversons la pluie et le vent avant d'arriver au Red Light. Lumières stroboscopiques, alcool à flot, chaleur indescente. Sur le podium, les corps se déhanchent, une soi-disant streap-teaseuse fait son show aux côté d'un saxophiniste irritant. Ses bourrelets gondolent hors d'un jean trop serré. Là-haut, on se déhanche sur les fauteuils. Je danse, encore et encore, me foule le pied, je ne sais pas quand, m'en rend compte en sortant, lorsque je m'aperçois que je boite. Je prends presque cher, malgré quelques verres je résiste, je me sens bien, j'ai la tête qui tourne, remarque à peine qu'on me renverse trois fois de l'alcool sur mon collant. Je jette un regard attendrissant sur mes amies. Ce n'est pas notre meilleure soirée, mais elle était assez enfiévrée pour nous faire voir et vivre certaines certaines drôlissimes. Douche vodka-orange, scène surprenantes d'embrassades incongrues et cet épisode hilarant du paquet de cigarettes. Devant Juju et moi, une camarade de classe embrassait goulument un inconnu. Juju me fait remarquer un paquet de cigarettes dépassant de la poche du jeune homme. Subrepticement, je lui prends quelques cigarettes. Puis amusée du spectacle, je prend le paquet entier alors qu'il continuait son manège avec ladite camarade. Quelques minutes plus tard, tatonnant son derrière et trouvant une poche vide, il se retourne, et nous demande "vous n'auriez pas une cigarette s'il vous plaît". Ce à quoi nous répondons non bien évidemment... Garce :)
Sans transition toujours. Je crois que ces derniers temps sont doux. Je me sens étrangement sereine malgré le stress et la fatigue accumulés. Je prends le temps d'aller au cinéma dès que j'ai un peu de temps libre, ai envie de vous déconseiller Hell parce que trop gnognote pour un film qui se veut provocant, vous dire également que j'ai été déçue par Hostel qui me fait predre conscience qu'un film gore peut encore m'emmerder. J'attendais mieux du réalisateur de Cabin Fever et me rends compte que la présence de Quentin Tarentino n'est plus gage de qualité. Triste désillusion. Et puis le beau temps pointant sporadiquement le bout de son nez, je me balade dans la capitale, découvre des librairies nichées aux creux des ruelles, aime sentir l'odeur des livres usés par le temps, feuilleter les pages cornés par les années, rêve de gagner un jour au loto pour m'acheter tous les bouquins de la terre.
En bonus, la bande annonce du film Gedo Senki, réalisé par Gero Miyazaki, fils du grand Miyazaki of course, et qui ressemble étrangement à une compilation des films de son père. A voir ici.
14 février 2006
La machine est en marche
11h23. Un appelant inconnu. Un rendez-vous décroché... jeudi dans les locaux d'un grand groupe de chaînes nationales :)
Je crois bien que c'est positif. Sans me faire d'illusions, ça fait du bien au moral :)
08 décembre 2005
It's just the beginning
Il est 5 heures, Sukie s'éveille. Les jours se confondent, j'ai perdu la notion de ce temps qui n'arrête pas de me cogner la machoire. Ca fait mal, mais ça va tellement vite que je ressens de moins en moins la douleur. C'est jeudi, mais ça aurait pu être n'importe quel autre jour, même dimanche. 24 heures ne me suffisent plus. Il faudrait des journées de 50 heures, des années avec quelques milliers de jours en plus, une vie où l'on pourrait tripler notre espérance de vie. Je m'éveille avec le son de "Girls in Hawaii", fraîchement emprunté à la bibliothèque hier soir. Agréable surprise. Du pop rock belge, planant et mélodique, qui donne envie de s'allonger dans l'herbe humide et se laisser chatouiller les orteils par la rosée matinale.
Je check mes quelques mails reçus, dont un provenant de ma cousine américaine qui vient passer deux semaines avec ses parents dans notre chère contrée pour les fêtes de fin d'année. Je zieute la photo de cette jeune ado de 16 ans et m'exclame intérieurement "oh my god..." Un choc dès le réveil. Une blonde, pas trop mal, qu'on aurait dit tout droit sorti d'un magazine pour teenagers. Je ne sais pas à qui elle ressemble mais je me dis sur l'instant que si j'étais encore avec N., il l'aurait certainement draguée...
Je termine à six heures moins le quart d'envoyer la deuxième lettre de motivation pour le stage de fin d'études que je cherche activement depuis... 24 heures. J'étais un peu déçue de n'avoir plus assez de place sur mon cv pour ajouter en conclusion cette petite blagounette dans la section Divers : "aime les tartes aux pommes". Selon l'un de nos profs, ça peut parfois aider. Il aurait été lui-même dans sa jeunesse rappeller à maintes reprises pour s'entendre dire que les gens aimaient tout comme lui les tartelettes au citron. Amusant. J'ai également ajouté une photo rigolote de moi-même déguisée en fraise tagada et...non en fait...
8h55. Après maintes bousculades à Saint-Lazarre pour m'engouffrer dans le wagon de la ligne 13, j'arrive près du lieu où doit se dérouler le cours en amphi. J'aime la foule, mais je me suis sentie quelque peu opressée ce matin. Le téléphone sonne alors que je suis à 500 mètres de la destination finale. Le cours est annulé. La matinée s'est terminée dans un café avec quelques amis. Bien sympathique ce jeudi.
11h15. Petite séance de ciné lors de laquelle je n'ai pas pu m'empêcher de m'assoupir. Non pas que ce qui se passait à l'écran était inintéressant, bien au contraire... Factotum est un film qui se laisse regarder, dans lequel Matt Dillon excelle dans le rôle de Chinaski, poivrot de son état, collectionnant les ptits boulots, les femmes, les verres d'alcool, les manuscrits qu'il écrit et dont personne ne veut. Mais pour une fois, j'ose dire que même si je n'ai pas pris mon pied durant cette heure et demi, le tout reste très bien réalisé. Adaptation du roman éponyme de Charles Bukowski, je vous recommande ce film dont je suis malheureusement passée à côté... L'univers, le point de vue et la mise en scène demeurent néanmoins vraiment intéressants. Tentez le coup si vous avez du temps, ça peut ne pas vous déplaire.
Quant à moi, il me reste à voir, dans l'ordre :
- La Saveur de la pastèque
- Seven Swords
- Domino
- L'Exorcisme d'Emily Rose
- Forty shades of Blue
- Trois enterrements
- Le temps qui reste
J'ai continué avec quelques courses de Noël pour accentuer le gouffre financier que je vois au loin faire un bras d'honneur à mon banquier. Dans les magasins, j'entends les hauts parleurs crachouiller "Jingle Bells". Heureusement que les piles de mon lecteur MP3 n'avaient pas encore laché à ce moment là...
Dans le train du retour, je reçois un coup de fil pour... un stage ! A la maison, euphorique et bondissante devant l'ordi, j'ai la surprise de découvrir un mail pour... le deuxième stage ! Deux lettres, deux réponses, deux entretiens casés la semaine prochaine. Si elle est pas belle la vie !
En ce moment, je lis :
Décembre, c'est le mois des anniversaires. Je viens déjà d'en oublier un. Trois jours de retard et je crois que j'en ai vexé une :/ M'en voulez pas si je zappe le votre, faut m'envoyer un texto pour me prévenir hein. Et surtout n'oubliez pas le mien ;) J-20






















