Un sushi dans mon lit

16 janvier 2007

Wonderful World

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Scarlett Johansson

Sur le chemin du retour, calée dans mon siège de métro, j'eus l'envie subite d'appeler mon psy et lui dire que ma vie était en train de changer. Je voulais lui imposer un rendez-vous demain soir, pour lui raconter. Il faut que je lui dise. C'est un peu mon confident maintenant. Brusquement, je savais exactement où j'allais, avec qui et même comment faire pour atteindre la destination voulue. Ce n'était plus qu'une question de temps, d'argent peut-être, d'étapes à formaliser. Dans les couloirs, un sans abri fume spontanément sa cigarette, un autre joue avec son chien. Ils sont à peine remarqués. Avec mon casque sur les oreilles, je n'entends rien. J'imagine le frottement des chaussures, les conversations, le rire de la femme d'en face dont je ne vois que la tête ballotante, avec un mouvement de pendule à la verticale. Je tripote mes portables, joue avec mon gloss, ai envie de changer le monde. Je me dis que c'est bon signe. J'ai toujours pensé que le jour où j'aurais le désir de changer le monde, ça serait le début de quelque chose. Et je le sentais bien. Ce tournant, ça fait longtemps que je l'attends. Ce n'était pas une utopie, une lubie, une envie rapidement balayée par mon humeur lunatique. Je suis confiante. J'ai parlé un peu avec ma mère. J'ai réalisé qu'elle n'était pas si obtue que je le pensais. Pour la première fois depuis longtemps, j'eus envie de faire la paix avec elle, avec moi-même, avec tout le monde en fait, même si cette guerre depuis tout ce temps n'était que sous-entendue. Avec Lui, je sens que ça va mieux, comme si l'histoire s'écrivait à l'envers, qu'on arrive à quelque chose enfin avec de l'envie et de la patience. On prend conscience de l'âge adulte, des "faut pas déconner, mais soyons fou, on est jeune". On avance doucement et la vie s'offre à nous.

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15 janvier 2007

Si on chantait

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Carmen Electra

J'ouvre les yeux, j'allume la télé. Sarko. 98%. Ségo. A la campagne.  Le demi-frère de Saddam pendu aussi. C'est tout ce que je retiens. J'éteins la télé, je mets la musique à fond. My Chemical Romance. Une espèce de punk rock pour ados. J'aime bien. Je suis jeune dans ma tête. Pour l'instant dans mon corps aussi. Le bruit de l'eau engloutit quelques notes à la volée. Sous la douche, je me mets à réfléchir sur sens de la vie, à ces derniers jours où j'ai essayé de trouver dans les chansons que j'écoute, les films que je regarde, des métaphores exploitables. Je me demande si on est encore en hiver. Ca ne ressemble pas à un matin de saison. Pas assez froid et le chauffage n'est même pas à fond. En me maquillant, je jette un coup d'oeil à ma nouvelle couleur de cheveux, signe que quelque chose va changer bientôt. Rouge et noir. Comme un roman que je n'ai jamais lu en entier. Ou pas. Je ne m'en souviens plus très bien. Mon nouveau coiffeur ne m'a pas raté. C'est tellement superficiel et tellement exaltant. Je repense à "L'incroyable Destin de Harold Crick" que je vous conseille avec ardeur. Ce genre de film me rappelle toujours pourquoi j'aime le cinéma, pourquoi j'aime la vie, et surtout pourquoi, je n'ai aucune envie de m'enliser dans une existence banale. Il y a encore tellement de choses extraordinaires à voir que j'ai honte de passer encore certains matins à pleurer et à foutre de la buée sur mes yeux. Je pense souvent à cette phrase d'Alexandre Jardin "Je mourrais très vieux après avoir vécu plusieurs existences". C'est le sentiment que j'ai. De n'avoir pas vécu d'une traite jusqu'ici, mais que ces parcelles d'histoires, propres à chaque époque, sont des vies différentes, dispatchées. Certains jours, comme aujourd'hui, j'ai envie de grandes choses, de partir avec Lui, loin d'ici pour tout recommencer, d'arrêter de poursuivre le bonheur, mais de vivre l'improbable, pour qu'il vienne naturellement à moi. Je passe mon temps à me dire triste, alors qu'il suffirait certainement de mettre un bon gros coup de pied au spleen pour le dégager vite fait de l'instant présent. Je m'aperçois que ce qui m'exalte, ce ne sont pas les moments d'apothéose, mais des détails, des riens qui m'embrasent parfois. Un baiser, une pression de la main au ciné, une barquette de nouilles partagées dans un noddle bar fraîchement débusqué. J'en sais rien. La vie est contradictoire. Je suis une fille assez exigeante, mais finalement, je me satisfais de pas grand chose. Même un je t'aime est suffisant. Ce sont ces petits riens qu'il faut chercher et non pas le prince charmant parfait ou la vie rêvée d'un ange. Faut que j'arrête d'idéaliser. Faut que j'apprenne à ne pas passer à côté de la vie. J'ai une envie folle de cookies.

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03 janvier 2007

Un an de plus pour cesser de regarder derrière soi

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Jared Leto

Minuit à la fenêtre. C'est en voyant la Tour Eiffel scintiller au loin que je me suis écriée On est en 2007 ! Je ne sais pas exactement quelle chanson de Placebo passait à ce moment précis, lorsqu'on s'est mis à tourner le dos à 2006. Personne ne semblait regretter cet adieu, sutout pas moi. C'était bien, mais ce sera encore mieux. Dans le ciel, ce soir là, je ne me souviens plus s'il y avait des étoiles. Il y eut bien quelques cris dans la rue. Et puis c'est tout. La nuit n'était pas vraiment fraîche et pour la première fois de ma vie, je n'ai pas versé une larme. Ni le 31, ni le 1er, ni les jours qui ont suivi.

3 days later. Je souris bêtement à tous ceux que je croise. C'est certainement bon signe. Je n'ai plus mal. Pas pour l'instant. La convalescence. Qu'elle est belle !

Nous devions nous rendre dans les caves pour cette fameuse soirée gothique. Mais au moment où nous avons raté le train de 23h10 en direction de Paris, nous avons préféré retourner à la maison pour ne pas passer minuit dans les transports. Du vin blanc, de la musique, mais sans la foule, une fois n'est pas coutume. Nous avons enterré 2006 dans un baiser et nous l'avons laissé fuir sans rien retenir.

La nuit est passée très vite. Nous sommes sortis un peu, profitant surtout des retrouvailles après une semaine d'absence. En allant le chercher à l'aéroport, j'ai eu le trac. C'est un sentiment étrange. J'attendais au bout du couloir, côté "Arrivée", le coeur prêt à rompre sous les battements violents, comme si je ne l'avais pas vu depuis dix ans. Bref, on se rend compte qu'il suffit d'une séparation minime pour mesurer l' attachement. Pfiouloulou.

N'est pas original qui veut ! Je ne collerais donc pas les mots "bonne et 2007 année heureuse" dans le bon ordre, mais le pense très fort et vous le souhaite de tout mon coeur.

En tous cas, l'année commence bien. Bonne humeur, bon esprit, et excellentes résolutions à tenir dont celle d'être plus indépendante.

D'ailleurs je me suis achetée à l'instant une place de concert pour aller voir 30 seconds to Mars le 2 février au Bataclan. Je ne vous cacherais pas ma joie, d'autant que la salle a été changé deux fois pour manque de places ( c'était prévu au Nouveau Casino, puis au Trabendo). A l'allure où les billets partent (complet deux fois pour les deux autres salles), je suis over-contente de mon acquisition, même si aller seule à un concert sera vraiment une première. Quoiqu'il en soit, le chanteur du groupe n'est autre que l'acteur Jared Leto (vu dans Requiem for a Dream et Fight Club entre autre... ah oui, j'oubliais aussi... la série Angela avec Claire Danes... mais si ! souvenez vous...). Je vous laisse découvrir en image.

Pour finir ce post sur une note humoristique (oui il m'arrive de vouloir être drôle), je vous laisse en compagnie du making of de l'hilarant "Bite it" de l'excellent Mozinor.

 


 

Sur ce, je dirais juste pour commencer l'année, qu'on ne choisit pas forcément d'être malheureux, mais qu'on a le droit de choisir d'être heureux. Aheum... :)

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31 décembre 2006

Je fais un régime en mangeant des Ferrero Rocher

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Kate Winslet

Mon psy dit que j'ai une vision romantique du suicide (même romanesque selon Lui) "Plutôt mutilée et poignardée dans mon lit que gisant dans la salle de bain, la tête fracassée contre la baignoire.". Quand la vie n'a plus d'urgence, face à l'incertitude et l'ennui des douleurs à répétition, il m'est arrivée de m'endormir le couteau à la main. Je l'ai étonné en soulevant la question. "Vous inspirez plutôt l'optimisme et la joie de vivre". Ca, ce sont les apparences. Rien de grave néanmoins. Je ne suis pas suicidaire. Juste cyclothymique. Le passage du bonheur au spleen nécessite une fraction de seconde. Cette seconde d'inattention où la tristesse vous dévaste méchamment. Cette instabilité me caractérise, me terrifie, me lasse. Je suis allée me réfugier dans le cocon thérapeutique et quelques heures plus tard, j'étais en paix.

Il y eut un instant de panique et de doute. Une pensée qui ressemblait à "tu ne t'en sortiras jamais". Puis, à mesure que la séance avançait, je me suis sentie libéré d'un poids, même de quelques rancoeurs. Plus je parlais, plus mes émotions se déliaient. Cet enchevêtrement de sentiments négatifs que l'on prend souvent comme instruments de torture chaque fois que ça va mal. Quelques jours plus tôt, je voulais tout arrêter. Arrêter de me battre contre moi-même, arrêter la thérapie, les dialogues qui ravivent des blessures profondes et qu'on voudrait à tout jamais enterrer dans un coin de sa tête. Mais cette dernière visite m'a ouvert les yeux, l'esprit. J'ai été stupide de croire pouvoir tout résoudre en un mois.

Il n'a pas jugé nécessaire de me filer le numéro des urgences du quartier. Je l'ai rassuré en affirmant qu'il avait raison de me faire confiance. J'écris de nombreux scénarios dans ma tête, mais ne suis pas encore prête mettre fin à mes jours. Trop lâche, trop amoureuse de la vie peut-être. Il m'a parlé d'une de ses patientes, qui elle, au contraire, vivait mal sa rupture, au point d'être capable de passer à l'acte.

Je me dis que c'est trop bête. Cependant, je ressens parfois ce sentiment de désespoir et d'impuissance face aux sentiments qu'on ne peut contrôler. On aimerait tellement que l'autre nous comprenne parfaitement, qu'il puisse lire en nous de manière limpide, qu'il puisse satisfaire chacun de nos désirs pour nous éviter toute frustration douloureuse. Puis on se ravise, en prenant conscience que l'autre est humain et qu'il faut arrêter de le croire télépathe, bourreau, bouc-émissaire, je ne sais.

L'amour n'est-il pas fait pour inspirer le bonheur, l'espoir, les sourires. Qu'est ce qui nous pousse à avoir si mal d'aimer, à se déchirer pour une émotion qui ne devrait pas nous mutiler, mais bien au contraire. J'aimerais que ça soit plus simple. Mais ce flot de questionnements, d'incertitudes, cette recherche de soi-même et de ses propres désirs, compliquent toujours les histoires, même celles de deux êtres qui s'aiment profondément.

Cette semaine, je suis allée voir The Holiday. Les fins d'années arrivent toujours avec leur lot de films mièvreux, enveloppés de bons sentiments et d'amours hollywoodiens. Les critiques étaient si mauvaises que j'ai longuement hésité. Finalement, je suis ressortie de la salle avec le sourire et quelques applaudissements ont même accompagné le générique. On ne va pas voir ce genre de film avec l'idée de trouver un chef-d'oeuvre. C'est juste qu'on a parfois besoin de ces scénarios faciles, prévisibles, mais tellement niais qu'ils nous collent aux lèvres des sourires du même type. T'es là, tu regardes l'écran et c'est comme si t'étais à leur place. Tu te dis : embrassez-vous bordel !  Tu n'attends que ça. Ou ptêtre bien parce que je suis une fille... Je n'en sais rien. Il y a aussi l'effet inverse du "ça n'arrive qu'au cinéma. La providence c'est pour les autres". Pourtant, ça fait vachement de bien de se retrouver devant certaines scènes qu'on a sans doute déjà imaginé secrètement, en attendant le jour où ça arrivera. Et pis d'ailleurs, je suis tombée amoureuse de Jack Black. Oui bah oui. Je vous laisse volontier Jude Law Mesdames. J'ai juste trouvé dommage l'importance donnée à l'histoire entre Jude Law et Cameron Diaz par rapport à celle de Kate Winslet et Jack Black. Meuh bon, ça reste meugnon comme tout.

Et puis c'est bizarre, hier en allant voir Les Infiltrés de Scorsese, le film a eu comme un effet cathartique sur moi. Pas de rapport apparent avec le film, mais... Ayant vu la version originale hong-kongaise (Infernal Affairs), j'ai pensé que j'avais rarement vu de bon remake. Les réalisateurs tentent toujours de faire quelque chose de similaire à leur sauce sans jamais réellement parvenir à retrouver la fraîcheur de l'oeuvre originale. Alors je me suis surprise à me dire que dans la vie c'était un peu pareil. On essaie souvent de réécrire des chose que l'on a vécu autrefois. Mais chaque histoire étant unique, en s'évertuant à reproduire le même scénario, on arrivait au final à refaireles même erreurs où au pire créer un nanar et une rupture. Etait ce ce que je voulais ? Vivre un navet ? Pourquoi ne changerais-je pas de scénario, de dialogue même, avec une histoire nouvelle, des imprévus, c'est plus excitant. Et si on changeait aussi la fin où l'héroïne ne finit par étouffée sous les mouchoirs usagés et le couteau à la main. Bref, c'est fou ce que m'inspire les remakes au cinéma...

Le film qui a inspiré Scorsese :

Ces derniers temps, je scotche un peu sur ma télé. Je regarde pas mal de séries en ce moment pour me changer les idées. Je rattrape mon retard, les mois d'hibernation, la vie mise de côté. J'ai découvert cette série très drôle, Ugly Betty. J'ai bien accroché. Peut-être que vous aussi. Je dirais que ça m'a fait pensé au "Diable s'habille en Prada", en différent. Une fille, pas vraiment canon (et qui restera tout le long pas vraiment canon ...) réussit à se faire embaucher par un grand magazine de mode et arrive néanmoins à faire ses preuve. C'est kitsch, fun. J'aime.

Sympa aussi cette promo sous forme de parodie du clip Dove que je vous montrais l'autre jour :

Je suis contente. L'année 2007 s'annonce bien. Je ne le voulais pas vraiment, mais finalement, j'ai pris pas mal de résolutions. D'ailleurs, je commence les cours de chant la semaine prochaine. Ca au moins c'est fait. Voir les gens, écrire ce putain de roman, sauver ma vie au lieu d'essayer de sauver mon passé et bien d'autres choses encore.

Ce post fût un tantiné long. Je m'arrêterais ici. Ah oui, une chose que j'oubliais. Ecoutez Tété ! C'est un énorme effort de ma part de ma part que d'écouter de la chanson française, alors foncez aussi, si ce n'est pas déjà fait.

Ce soir, passez un bon réveillon. Lui et moi serons certainement dans des caves. Tant qu'à être originaux... Soirée Gothique en perspective. Ca va être rock'n roll. Allé les gens. Continuez de vivre, de boire, de rire, de faire l'amour, de croire que la vie ça peut bien être comme à Hollywood si on a beaucoup d'imagination.

J'vais aller préparer mes bas résilles avant de filer Le chercher à l'aéroport.

Et nous, on se retrouve en 2007 très certainement.

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26 décembre 2006

Are we heroes ?

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J'avais envie d'écouter quelque chose de gai, de printanier, de "j'irais bien rouler dans l'herbe avec cet air posé sur les oreilles". Par la fenêtre, le ciel transpire la grisaille, mais dans ma tête, j'essaie de visualiser le vert de Ses yeux lorsque je m'y plongeais à la lueur du bord de mer.

C'est un jour ordinaire, après Noël, sans confetti sur la moquette, sans vaisselle empillée dans l'évier, sans métro ni boulot. Je suis rentrée hier à la maison, après un week-end en famille chargée en émotions. J'ai songé à ce réveillon un peu triste, aux odeurs d'hopital, à sa main pressant la mienne, son visage fatigué, à l'infirmière souriante, aux ptits vieux dans leur chambre seul ou à deux, aux draps froissés recouvrant ses maigres jambes. J'ai embrassé pépé et je garde le souvenir réconfortant de son sourire.

Je repense aux conversations de famille sans tabou, trop violentes, dans lesquelles la mort s'immisce comme une invitée de marque. "Il ne sera peut être plus là l'année prochaine". "De toutes façons, si je mourrais, tu ne pleurerais pas." "Et toi, pleurerais-tu pour moi? " "Je n'ai plus de larmes, j'ai déjà tout donné quand j'étais gosse". Je reste là, un peu idote, à absorber ces conversations d'adultes qui blessent la fille que je suis, leur fille. A l'arrière de la voiture, j'écoute mes parents parlant d'eux au passé, croyant au destin plus fort qu'au présent. Une histoire de culture sans doute. Dans le jardin familial, on cultive la mort comme des fleurs par millier, sans peur, presque par plaisir. On parle de ce dont on redoute, comme pour l'apprivoiser, pour s'épargner à l'avance d'un mal auquel on n'échappera pas, de toutes manières. J'avais envie de dire chut, de me boucher les oreilles, de pleurer en hurlant. Mais je suis restée silencieuse et j'ai regardé la route à côté.

Dans l'appartement, il fait de plus en plus froid. J'évite même certaines pièces pour ne pas tomber malade. Ce qui réduit considérablement mon champs d'action. J'ai loosée toute la journée dans le salon, m'enfilant la première saison entière de Heroes. J'ai évité la boîte de chocolats pour bonne résolution, je L'ai appelé deux fois, je n'ai l'air de rien un mardi soir après-fêtes.

J'ai pensé à Lui, parti dans le Sud, finir l'année dans sa famille. Egoistement, je me suis demandée ce qui était pire. De voir l'autre nous manquer douloureusement, ou craindre de ne pas lui manquer. Saloperie d'inquiètude, de se voir oublier avec le temps, la distance, se sentir insignifiante.

Ces derniers temps je me soigne. J'ose avouer que j'ai besoin des autres, que je ne peux m'en sortir seule. Quand il me demande si j'ai besoin de Lui, je n'ai plus peur de dire oui. C'est comme dis mon psy. Pourquoi répéter des scénarios qu'on a essayé cent fois. Et si la solution, c'était d'enfin changer de refrain ?

2006 est loin de ce que j'aurais pu imaginer en fin d'année dernière. Il a fallu faire des choix. Ceux qui vous changent peut-être l'existence. Peu importe qu'ils soient bon ou mauvais, tant qu'on a encore la main sur notre vie.

Pour me réchauffer, j'ai envie de virevolter dans l'appart en écoutant James Morrison. Et puis le reste on s'en fout.

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19 décembre 2006

J'entends déjà Tino Rossi !

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Mes premiers cadeaux de Noël !

J'aime Noël, sa mièvrerie contagieuse, déclenchée à l'ouverture des cadeaux avec les yeux pleins de bulles de champagne au fond. J'aime la magie plurielle qui se dégage de ces moments partagés à plusieurs. Il n'y a pas un Noël, mais de multiples occasions pour se retrouver. Cette semaine, j'enchaîne les petits dîners entre amis / famille et puis celui aussi que l'on vit tout seul le soir dans son lit, lorsqu'on ressasse ses souvenirs d'enfance. C'est important de pouvoir retrouver ce gosse en soi, qui attend chaque an de voir réveiller le sourire de sa propre innocence. On cherche parfois la couleur d'antan sans jamais parvenir vraiment à se souvenir l'exacte reproduction des scènes en noir & blanc d'il y a dix ou vingt ans, la couleur de cheveux des grands-parents, le son de la chaîne stéréo engourdie par le froid.

Ce soir, nous nous sommes réunies toutes les trois (avec elle et elle), autour d'une table à faire pâlir un roi, une bonne humeur à détruire la morosité de saison. J'ai ressenti la joie de combler ces mois écoulés en quelques heures de discussion et d'échanges amicales. Derrière nous, il y avait tout ce temps à se dire "à très bientôt", repoussé par les semaines pressantes. Au final, nous ne nous étions vu que très peu ces derniers temps.

Nous avons ouvert les cadeaux à l'apéro, impatientes et euphoriques. Ce qu'il y a de bien dans les dîners de Noël entre amis, c'est qu'on peut s'autoriser meilleur en premier. Derrière mes paquets bien emballés; j'ai découvert un iPod très chou pour me maquiller (me demandez pas...), un coffret DVD David Lynch et un magnifique tableau pour décorer mes murs tout nu.

Ces "retrouvailles" m'ont fait du bien. C'est mon psy qui va être content. Je me sens calme et sereine. Quelle bonne nouvelle. Maintenant j'ai sommeil. C'est malin; Bonne nuit :)

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Le "dessert qui tue" de Milou

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04 décembre 2006

Monday afternoon

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Ellen Pompeo

C'est lundi matin. Le premier lundi de décembre, sous la pluie matinale, le froid du dehors, le brûlant du métro ligne 9, la tranquillité du changement, ligne 10. Le trajet paraît interminable. Je ne pense qu'au terminus. Je n'arrive pas à feuilleter mon magazine féminin, que mon homme emprunte occasionnellement, depuis que je lis Jasmin. Je crois que c'est la nouveauté majeure de cette année. J'achète tous les lundis un magazine féminin... Si ça, c'est pas un tournant dans ma vie ! Ca fait bizarre d'avoir des envies de filles.

Arrivée en un seul morceau au bureau, je découvre de nouvelles têtes, de nouveaux clients, 536 mails à checker, puis j'allume msn, envisage des articles à écrire, des gens à voir, à former, les prochaines sorties de la semaine, des réunions à programmer etc.

Au ciné, dernièrement, je vous conseille vivement The Host, film de monstre coréen aux effets spéciaux réalisés par l'équipe en charge de la trilogie LOTR. Superbe. Puis Babel, un bijou de réalisation que l'on doit à Monsieur 21 grammes. A voir absolument aussi. Prochainement, avec Lui, on lorgne sur le dernier chef-d'oeuvre du grand Satoshi Kon (Perfect BLue), dont la bande-annonce de Paprika nous a fait baver :



Tout va très vite depuis quelques mois. Les journées sont fugaces, surtout les week-end, où le temps à deux est trop court et les rigolades complices dynamités par l'arrivée du dimanche soir.

Les fêtes de fin d'année inaugurent les flâneries sur les places de marchés de Noël en buvant du vin chaud, dégustant une gauffre au chocolat noir, engendrant pendant ce temps-là la réflexion sur ce qu'on ira mettre au pied du sapin dans 21 jours déjà.

Il parait que c'est une des vidéos du moment. Bon c'est pas mal en effet. Alors enjoy.

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02 décembre 2006

Coming soon...

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Jessica Biel

Après une première tentative raté il y a deux semaines, jeudi marqua le départ d'une nouvelle thérapie. Ce second essai, ma foi très concluant, me permet de croire que je suis sur la bonne voie pour me sortir de ce bourbier : angoisses, addiction affective, inondations émotionnelles etc. Je suis consciente que je ne vais pas changer du jour au lendemain, qu'il faudra y mettre du mien, et surtout que je le fais pour moi et non uniquement pour Lui. J'aime croire cependant que c'est le plan idéal pour sauver mon couple. J'ai trouvé un excellent psychothérapeuthe, à qui j'ai envie de faire confiance pour me sortir de là. Les Pages Jaunes, ça peut servir aussi. Try & see.

Je suis aussi exaltée qu'un malade à qui on aurait annoncé la découverte d'un antidote lui permettant de guérir d'ici peu. Je suis soulagée. Je veux savoir pourquoi. Je veux changer. Je veux.

Ces derniers jours furent éprouvants. Les obligations professionnelles rendent difficiles les escapades amoureuses en semaine. Malgré tout, nous restons en contact toute la journée via msn. Je ne sais pas si c'est une bonne chose. Mais quoiqu'il en soit, la vie d'aldulte nous apprend à faire face à nos responsablités. Il faut encaisser bien des choses. Ce n'est pas toujours évident.

Puis vient le week-end, le bonheur d'ouvrir les yeux sans être agréssé, un samedi matin par le cri du réveil.Derrière les rideaux, le ciel tire encore la tronche, mais c'est la couleur de l'hiver qui nous rappelle qu'un an de plus s'est écoulé. Il va falloir prévoir le shopping de fin d'année, les emplettes au milieu des foules hystériques et puis aussi la cloche tintante au coin des rues de l'Armée du salut, nous rappellant qu'on est en plein dedans.

Les vitrines des grands magasins sont éclairées, les pubs télé nous racontent le monde merveilleux des jouets et nous, nous allons dépenser notre argent d'adultes assumés pour faire plaisir aux autres.

Exaltant, isn't it?

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29 novembre 2006

Bleuh !

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Ce qui est exaltant, c'est de pouvoir contrôler la douleur, se remettre de ses blessures, essuyer une crise de larme d'un geste de la manche, manger des kinders en pleurant devant les séries télé.

En descendant l'avenue vers 8h15, j'ai tenté de trouver une phrase que je pouvais associer de manière convaincue à la méthode Coué. Tout le long, je me suis répétée "Je suis heureuse et indépendante". J'ai compté jusqu'à cinquante, ai regardé le ciel clair de ces derniers jours de novembre, puis souri à l'homme debout devant le commisariat. J'ai trouvé ce que j'allais raconter à mon psy. Ma boulimie d'affection, mon masochisme latent, ma peur de l'abandon, mon hypersensibilité, mes lacunes relationnelles. J'en ai pour une heure de parlotte demain. J'aurais de quoi dire.

Dans le métro ce matin , entre deux épisodes de Grey's anatomy habilement encodés dans mon archos et vos blogs en lecture dans mon Nokia, j'ai pensé "Il faut que je retrouve Marjorie". Les gens qui ont compté pour vous, ont trop tendance à disparaître sans crier gare, avant même que vous ayez pu sauvegarder à long terme leur numéro de téléphone dans votre carte SIM. J'ai tapé son nom dans Google en arrivant au bureau, sans succès. J'ai cru retrouver son frère, mais ce n'était qu'un homonyme, qui plus est, habitait dans cette même ville de Pau. Elle s'appelait Marjorie B. Ce fut longtemps, longtemps ma meilleure amie. Je pense que de toute ma vie jusqu'ici, ce fut la seule personne qui m'ait poussé à exploser les factures téléphoniques de mes parents. J'aimerais juste la revoir, pour lui dire combien le temps a passé et que j'aimerais qu'on se raconte ce fossé creusé par les années.

Dans deux semaines, je vais me rendre au forum des anciens éléves, au lycée où j'ai vécu une époque irréelle. J'essaie de me souvenir comment j'imaginais l'avenir en ce temps là. Je n'imaginais pas, c'était simple.

Ce n'est pas sérieux de blogguer au travail. Pourtant ça me détend, je suis en train de bosser sur un compte belge, où je dois décrypter du néerlandais. A midi, on a eu une conf call avec des Grecs et j'essaie de rester calme aux assauts des clients. J'écris de romans en anglais pour les rassurer. J'ai le cerveau confit. BLI

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27 novembre 2006

C'est si bon

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Katherine Heigh & Patrick Dempsey

Seconde chance. Deuxième prise. J'ai appelé un autre psy pour une séance jeudi aprés-midi. Malgré le bonheur apparent de ces derniers jours, je sais que je continue de marcher sur les bords d'un précipice. Ne prenons pas de risques. Le contact téléphonique a l'air encourageant. Il a l'air drôle. C'est déjà ça. Et pas trop cher. C'est surtout ça. Je vous en reparlerais d'ici là.

La vie comme elle vient depuis une semaine, me donne la satisfaction d'un randonneur en plein désert à la rencontre de son oasis. Ni mirage, ni sables mouvants. Ce n'est pas un piège, un leurre, un fake du bonheur. Prendre ce qu'il y a  devant soi, comme un cadeau du ciel, c'est accepter un peu qu'on a le droit de profiter de tout ce qui arrive. Même si parfois, les nuages cachent la plus vive des lumières.

Un vieux contact msn réémergeant me demandait si je courrais toujours après l'inaccesible. Une fraction de seconde me suffit à répondre que non, car ce qui m'était palpable au quotidien, ne pouvait me rendre plus heureuse.

Les pleurs, la déprime, la noiceur des idées, semblent noyés dans ce "derrière moi" soulageant.

La fête de vendredi soir organisée à la maison avec une dizaine d'amis m'a conforté sur la douceur de la nouvelle saison. Celle de l'espoir qui refleurit, et des sourires noltalgiques qui bercent dans une charmante euphorie. Il y avait mes amis d'autrefois, ceux d'aujourd'hui, ceux du futur, des amis à Lui.

J'ai retrouvé cet idéalisme mièvreux à propos de l'amitié, de l'amour, de tout ce bordel émotionnel qui m'arrachait des fous rires au temps de cette adolescence tumultueuse.

Nous avons finis ivres, chantant trop fort, assommés, plus nous mêmes. J'ai raccompagné Milou en taxi et me suis endormie vers 4h30 à côté de Lui, et mon ancien guitariste dans le lit, mon meilleur ami dans le fauteuil et "monsieur deuxième rateau de ma vie", pas loin de là.

Week-end ciné, amour et merveille avec Lui, que j'ai présenté à ma famille.

C'est tout. C'est déjà ça. Mon encre sèche quand je suis heureuse. Vaut mieux ça, que je commence à bloguer avec mon sang ;)

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