Un sushi dans mon lit

23 avril 2007

Choupi choupi

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Evangeline Lily

Ha bah oui, je ne dis pas que c'est facile. Enfin ça l'est uniquement lorsque ma bi-polarité se cristallise durant quelques heures sur le "+". Mais le revers de la médaille, c'est lorsque vous arrivez au sommet des montagnes russes et que vous vous apercevez que juste après la montée, il y a cette descente trop brusque. Sauf lorsqu'on sait se stabiliser une fois en haut ou que tout simplement ON NE PENSE PAS A CETTE  PUTAIN DE DESCENTE. Mon problème c'est que j'ai tendance à non seulement la prévisualiser, mais également à l'exécuter haha...

Ce qui me mets hors de moi, c'est que depuis quelques mois, ma dépression a détruit beaucoup de choses et que je suis passée à côté d'un bout de vie (certainement infime, mais un bout de vie tout de même). Ma relation avec Lui et le regard que je porte sur moi-même se sont pris une sacrée dérouillée. J'ai l'impression de végéter depuis une décennie, au point de prendre le taxi pour rentrer chez moi certains jours, lorsque je quitte le boulot en plein d'aprèm' par envie d'inaction, simplement parce que je ne souhaite pas me mélanger à la foule.

J'ai une nouvelle psy de luxe (après ma première séance, je me suis demandée si elle pensait que sortir d'une dépression relevait d'un privilège bourgeois ou si j'avais une tête à me faire raquetter). De manière positive, elle m'a fait néanmoins comprendre que j'allais m'en sortir et que je suis arrivée à un âge où il est bon d'entreprendre un thérapie pour devenir adulte sans se trainer ce paquet de noeuds cumulés le long des années au fin fond de l'inconscient. C'est la première fois que je me trouve face à quelqu'un trouvant ma dépression "intéressante". Je ne sais pas si le terme est bien approprié, mais sur le moment, j'ai pensé que c'était surtout le cash que je posais sur son bureau à la fin de chaque séance qui rendait tout cela particulièrement attractif. Quoiqu'il en soit, il arrive un moment où l'on se rend compte que malgré toute la volonté du monde, on ne peut pas s'en sortir seul. Alors bon, je ne suis pas tombée sur une psy discount, mais elle a eu les mots pour m'injecter un soupçon de réconfort.

Je parle, allongée sur un divan, sans voir le visage de mon interlocutrice, de mes faiblesses, mes angoisses, mes rancoeurs, de souvenirs parfois qui reviennent par vagues. Elle me dit que j'ai désormais un endroit où calmer mes ardeurs, et déverser mes émotions. On a passé un contrat moral stipulant que je ne devrais plus me faire de mal physiquement pour pouvoir avancer.

J'y tâcherai.

Je tacherai également d'écrire des posts plus légers à l'avenir. Il est temps de passer à autre chose.

Quand je suis parfaitement lucide, je me dis "tain t'as rien d'autres à foutre que de passer ton temps à déprimer". En fait, si, j'ai pleins d'autres choses à foutre. Alors let's go.

Vivement les beaux jours.

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10 avril 2007

Renouer avec la vie

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Kirsten Dunst

A tout, il faut un point de départ.
La vie, la mort, le recommencement après les deux. Au petit jour, j'ouvre les yeux et je respire encore. Je ne sais ce qui m'attends. Une nouvelle crise ou la suite logique de mon existence farouche : me lever, m'habiller, et vis ma vie.
Cela fait une semaine que je vis dans la peur, épuisée de devoir essuyer de nouveaux excès de douleur et de colère, qui chaque fois, m'emportent dans un inextricable processus de destruction. La vaisselle, mon bras, nos photos d'une autre époque. Je ne suis plus moi-même depuis quelques jours. C'est un peu l'histoire du Dr Jeckyll et de Mr Hyde. Ce matin seulement, il m'a semblé qu'une certaine normalité était revenue. La semaine passée fut marquée par une succession de suicides intérieurs. Je l'ai maintes fois menacé d'en finir et ce n'est qu'une profonde tristesse et une honte indicible que je ressens pour ce mal infligé gratuitement.

L'enfer ce n'est pas les autres, non. C'est parfois soi-même. Parce que dans une situation comme la mienne, malgré le soutien de mes proches, je suis la seule à pouvoir me tirer de là.

J'ai 22 ans et je ne veux mourir. Pourquoi ça sonne aussi tragique, alors que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue comme une tragédie grecque. Je sais que je suis capable d'affronter cette rupture, cet échec, ce mal-être. Il n'y a pas de raison. Il n'y a aucune raison.

Il y a ma meilleure amie, il y a aussi mon meilleur ami, il y aussi Lui, encore là pour me soutenir malgré tout ça. Ca m'a fait du bien de voir Jey hier. Parce qu'il m'a connu avant. Avant tout ça. Avant les crises et la mort et les auto-mutilations qui empêchent de mettre des manches courtes sous ce soleil qui donne envie de vivre encore longtemps.

Malgré tout ça. On voudrait certains jours effacer nos erreurs, condamner nos errances, mais la seule issue n'est pas de regarder en arrière. C'est d'aller de l'avant avec la conviction, qu'il y a encore de la place pour autre chose que la mort et l'abandon.

A trop broyer du noir, je suis devenue complètement aveugle. Après le déluge, reviendront les beaux jours. Je ne peux pas baisser les bras aujourd'hui. Ca serait trop facile.

Je pense que je dois me relever maintenant. Que je dois voler de mes propres ailes. Parce qu'à deux, j'ai oublié d'être moi-même. Je te dois des excuses, ainsi qu'à So'.

Il faut que me trouve "La vie Pour les Nuls".

Comme je n'ai rien trouvé de tel à la Fnac ce midi, j'ai simplement pris :

- L'élégance du hérisson (Muriel Barbery)
- Le roman des Jardins (Alexandre Jardin)
- En cas de bonheur (David Foenkinos)

To be continued

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27 mars 2007

J+

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Naomi Watts

Ce matin, je me lève au milieu des cartons, habillée comme la veille, je n'ai pas pris la peine de me dévêtir. L'appartement sent la peinture fraiche, émanant de la salle de bain devenue bleuet. Tout est emballé. Je n'ai plus de miroir pour me regarder. J'appelle l'ascenseur pour me maquiller. Je me demande quel jour on est. Je retourne dans l'appart', le crayon noir, le mascara et le labello à la main. J'écris quelques lignes dans mon journal intime. Je lis vos commentaires sur mon téléphone. J'ai le coeur qui se serre et la reconnaissance qui suinte dans un sourire triste. Je ferme les dernières poubelles. Je mange du nougat. Je ne pleure pas. Je pense à la vie qui jusqu'ici n'a été qu'un interminable préambule. Je pense aux après-ruptures où l'on compte les J+ quelque chose sans l'autre, en s'étonnant d'y avoir survécu. Je coche les jours sur le calendrier. Je pense à ma convalescence et ces quatre dernières années clouée dans ma névrose, comme sur un lit d'hôpital. Echouée je ne sais où, je suis encore vivante. Mes jambes répondent et j'ai envie de marcher vers la liberté. Je n'ai plus envie d'être genoux à terre. Je suis lasse d'attendre un signe du destin. Je me lève et je continue à vivre. Je respire, je descends les escaliers en oubliant l'ascenseur pris en otage par le voisin du cinquième. Je suis contente d'être là. J'imagine le jour où je dirais enfin que j'ai changé et que je m'en suis sortie. Je pense à ce jour là et à tous les autres qui suivront, la fierté dans l'âme et le bonheur d'être quelqu'un d'autre. Je ne sais quand exactement ma vie a basculé, ni depuis quand j'ai commencé à cultiver ces idées noires. En descendant la rue, je me suis promis de détruire ce jardin là sans regrets. D'autres lendemains fleuriront et d'autres arc-en-ciels aussi sans doute. J'ai pensé qu'en étant vivante, je pouvais encore vivre comme je le souhaitais. Que mon malheur n'existait que dans ma tête et qu'à 22 ans, j'en avais peut être 60 autres à écrire sans honte, ni remords. Si jusqu'ici j'avais accumulé les bourdes, l'égoïsme et les excès d'une fille qui ne sait pas grandir, je me rends compte qu'il n'y a pas de raisons assez valables pour abandonner en ce jour. J'espère vous dire dans quelques mois que j'y suis arrivée. Mais pour la première fois, j'ai l'intime conviction que cette guérison n'est pas une foutaise. En me couchant hier soir, j'ai pensé que cette foutue phrase "tant que y a de la vie, y a de l'espoir", c'était pas si "bullshit" que ça au final. Dans deux semaines, je la serrerai à nouveau dans mes bras, alors que je n'y croyais plus. Dans un jour, j'emménage avec Lui et je vais faire en sorte pour que ça se passe pour le mieux. Dans quelques temps je saurais rendre quelqu'un heureux. Dans quelques années, je serais heureuse moi-même  d'y avoir survécu.

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14 février 2007

Ca chatouille et ça gratouille

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Liv Tyler

Ca n'est jamais aussi simple qu'on ne le pense. Ca ne commence pas toujours là, ni quand on le croit. Les choses mettant de longs mois à se mettre en place, et l'amour nécessitant parfois de la sueur et quelques larmes pour se forger. Ce n'est ni le coup de foudre, ni les passions les plus évidentes, qui procurent ce bonheur niais qu'on savoure en mangeant une barbe à papa sur un banc de fête foraine. Les relations les moins lisses ne sont pas pour autant des rochers sans espoir. L'herbe verte du voisin ou de l'ami(e) qu'on envie finit aussi par venir pousser sur notre petit coin d'ombre où quelques rayons s'immiscent discrètement, au moment où l'on ne s'y attendait plus.

<digression>En parlant d'amour, en ce jour qui y est dédié, je me souviendrais toujours de cette discussion avec François. Il me racontait ses engagements, son amour pour sa femme. Au moment de se marier, il ne l'aimait pas "autant" qu'aujourd'hui et bien que la tentation fut forte à de nombreuses reprises, ce n'est peut-être pas, selon son expression "la jolie bombe sur la piste de danse qui se serait levée dix fois en pleine nuit pour soigner leurs gosses malades". Assez vrai.</digression>

Les mois passent et on s'accroche à l'idée que la vie de couple finira par apaiser au lieu de nous foutre des baffes au quotidien. Disputes et désaccords. Différends et autarcie. Indifférence et dépendance. Ca me fait penser à une réflexion de Wass. Dans un couple, pendant que l'un s'ennuie, l'autre pleure. Si on veut.

Tous ces souvenirs d'antan qui écorchent, font saigner, engorgés de blessures lointaines encore trop fraîches, se défont avec impatience. Ca finit par venir. On délaisse par lassitude son passé, ses erreurs, ses colères et ses incertitudes. La confiance tranquille comme on dit revient nous plonger dans la quiétude d'une histoire nouvelle.

Je finis par croire que la Saint Valentin a été inventée pour déprimer les célibataires. Seul, on finit par écrire un peu partout, même en baseline de son pseudo msn "fuck la saint valentin" ou un truc de ce genre. En couple, c'est sympa de se le souhaiter, mais on finit bien par comprendre que l'amour ne se déclare pas seulement qu'un 14 février.

Sur msn, un ex demande à me voir, en ajoutant "je suppose que ce soir tu vois ton chéri". Je réponds "non je vois mon psy".
- Ah ? Et pourquoi ?
- Parce que j'avais rendez-vous avec lui aujourd'hui.

Deuxième raison pour laquelle la Saint Valentin c'est lourd : les ex qui reviennent vous demander d'être leur valentine d'un soir. C'est emmerdant.

Tu sais quoi, sur le chemin du retour ce midi, après que nous nous soyons vus, j'ai pleuré. De bonheur, juste. Ca fait 17 mois que cela ne m'était pas arrivé. Ca fait quelque chose. Pas de Tennessee. Juste quelque chose

Ce matin, à la télé, j'ai découvert le clip de Mika, Grace Kelly.
Sur le chemin, je me suis enfiler l'album. Si vous aimez le mélange Elton John, Freddy Mercury, Scissor Sisters, George Michael, Robbie Williams etc., vous aller adorer l'album Life in Cartoon Motion.

Extrait.

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07 février 2007

Non solum sed etiam*

dreams

*"Pas seulement mais aussi"

Dans la tièdeur de l'hiver, je (re)découvre des facettes de ma vie dont j'ignorais ou dont j'avais oublié (ou encore nié) l'existence. Beaucoup plus vives et heureuses, contrastant avec le tableau sombre de ces dernières années. Je me remémore tous ces soirs, nombreux certains mois, où je me demandais en silence ou en pleurs, quelle peine il fallait se donner pour vivre davantage. Aujourd'hui, bien que parfois je m'aventure encore en terrain splénétique, je m'en échappe avec euphorie, l'idée qu'il existe derrière les barreaux de cette tristesse, un destin moins tragique que celui préfiguré par mon stupide entêtement à vouloir écrire la vie avant qu'elle ne se passe. La souffrance, même sporadique, sonne en ces jours terriblement faux, discordante avec ma volonté de construire un avenir différent de celui imaginé jusqu'ici.

Car je n'imaginais aucun avenir, baignant simplement dans le noir et l'incapacité à me projeter.

J'aime bien cette phrase du petit jour lorsque le réveil sonne le glass de nos songes. Aujourd'hui tout semble différent, j'ai la possibilité de changer. Cette perspective d'évolution est tout simplement motivante. Parce que si au moment précis où vous touchez le fond, il semble que tout espoir est perdu, je peux vous assurez que le jour de la remontée est complètement jouissif.

J'ai l'impression de vivre l'adolescence que je n'ai jamais eu. La liberté, les concerts, les projets pleins la tête, l'amour comme si l'on était tous les jours au printemps. Au Monop' je peste au rayon céréales parce qu'ils manquent d'originalité, le soir je me vide la tête devant des programmes imbéciles, le matin je me lève en écoutant les tubes de la Motown et je traverse les couloirs de métro en journée avec ma psedo pop-punk pour ados trop rebelles (j'ai les ongles noirs t'as vu...)

Avec Lui, ça va mieux. J'arrive à laisser respirer notre couple, à ne plus vouloir à tout prix le possèder. Deux jours après mon mea culpa, je sens renaître comme une énième chance, véritable et sincère. Il faut croire en l'autre chance et les cent mille autres  prétendantes qui attendent de succéder. Parce qu'à notre âge, on a le droit (et le devoir) d'imaginer qu'à chaque instant, tout peut encore se jouer.

Je vais mieux. J'ai écarté l'idée du suicide. Je porte les bas offerts par ma mère. Et même si mon père essaie encore de me dissuader de vivre avec Lui, j'ai toute confiance en l'imprévu de la vie. Pour le meilleur et pour le pire

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30 janvier 2007

Familiarité étrangère

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Anne Hataway

C'est troublant de se rendre compte parfois que ce qui nous est familier peut paraître lointain, étranger, inconfortable. Comme si la vie d'un coup, prise de mélancolie, avait le goût glacial d'une pelletée de neige sur la langue. Je n'ai nul mal de vivre, ni tristesse, ni rancoeur, ni sentiment d'injustice. Ces derniers jours, malgré un sentiment pesant de remise en cause et en question, j'arrive à rester debout, dans ce combat de catch contre ma vie. J'essaie de sauver ma peau, mon couple, ma fierté. Je ne veux pas détruire ce que j'ai construit, je n'ai pas la capacité de rebâtir en un jour ce qui m'a pris 22 ans à monter. Je ne suis pas un château de cartes qu'on abat et qu'on remonte à sa guise à chaque tempête. Je veux être stable, solide, indépendante. J'ai pris conscience que quoi qu'il advienne, l'être humain que j'étais n'arrêterait jamais d'avoir mal. Il n'y a pas de remède contre les pleurs, les douleurs, même passagères. Etre fort ne signifie pas être étanche aux maux. Il faut s'acharner contre l'endurcissement jusqu'à ce que le spleen puisse rouler sur nous sans nous écraser. Force est de reconnaitre que si on ne peut pas éviter les conflits, on s'épaissit au fil du temps et l'on réussit plus promptement à s'en remettre. Ces derniers jours, j'ai testé l'optimiste, la pensée positive, l'importance de sourire à la vie au lieu d'attendre d'elle le premier pas. On arrive certains matins à se convaincre qu'on peut être autre chose qu'une merde sans valeur/sans saveur et qu'il existe probablement un moyen de se sortir de là.

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25 janvier 2007

Tout peut enfin recommencer

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Christina Ricci

Je ne sais plus à combien j'en suis. De séances. Ma thérapie se poursuit et doucement je me relève. Le dialogue noué avec cet homme depuis quelque mois produit son effet. Je ressens moins le besoin d'avoir mal, j'évite d'écrire à l'avance des scénarios catastrophe, me prouve à moi-même que tout est dans ma tête, me convaincs que je suis assez forte pour outrepasser les idées noires. Nos rencontres avec mon thérapeute s'espacent au fur et à mesure. Je lui raconte les changements, les tournants, mes heures de rélexion et mes efforts pour accepter les fluctuations de la vie. Hier, ce fut la première fois où je réussis à lui dire "tout va bien je vais mieux". Sur ses notes il griffonne quelques mots, félicite mon aptitude à prendre du recul face aux traumatismes traversés. "Vous êtes consciente qu'il vous a peut-être trompé n'est-ce pas. Tous ces détails que vous avait donné la fille, ce n'est pas bénin". Il met ce problème sur la table à chaque séance, comme pour me tester. Mais véritablement, j'arrive à rire de cette histoire. Je lui réponds "oui je sais et ça m'importe peu".
Je lui relate notre décision de vivre ensemble, tous nos projets soudains, semble surpris, encore plus de ma lucidité et ma volonté de ne pas m'emballer. Il sait où je vais, approuve mes hésitations, mes peurs de cette future vie à deux, mon choix de tenter le coup. Tout ce travail ne sera pas vain. C'est une belle histoire que nous écrivons Lui et moi.
Il met en exergue ma résilience, mon autonomie insoupçonnée, mon optimisme et je lui en suis reconnaissante. Je me sens moins lâche, moins faible, moins victime. Je sens enfin que je prends ma vie en main et non l'inverse.
Je sais désormais que toutes les douleurs valent la peine d'être surmontées, pour le simple fait même de ressentir cette fierté pour soi. Pouvoir se dire, j'y suis arrivée.

Merci à mon psy. Merci à Toi. Merci aussi à vous.

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23 janvier 2007

Appartement à louer

Les recherches sont désormais lancées. J'ai donné mon préavis pour quitter l'appartement d'ici deux à trois mois. Si quelqu'un est intéressé par un appart de 28 m² du côté de Gambetta (next to Père Lachaise), pour la modique somme de 600 euros, qu'il me fasse signe. Je migre pour ma part vers l'ouest, mais aussi de l'indépendance à la vie à deux. Sacré changement. Je ne veux pas me dire que je vais m'enliser dans la vie de couple (mon psy va faire une de ces têtes lorsque je vais lui annoncer ça !). Je préfère plutôt penser qu'on sera collocs'. Je l'ai officiellement annoncé comme ça là mes parents. C'est prévu. Deux chambres séparées et une habitation assez grande pour s'éviter lorsqu'on se fera la gueule (c'est mon côté maso qui ressort là). Ceci étant dit, cette nouvelle expérience m'emballe, malgré encore quelques réticences certains jours. Surtout ceux qui précèdent la fin de ma plaquette de pillules.

Pour l'heure, je pense déjà avec enthousiasme au concert de Therion ce soir à l'Elysée Montmartre. Rock'n roooooooll !


 

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21 janvier 2007

Untitled

HaydenPanettiere
HaydenPanettiere

Huitième jour sans pleurer. Ca ressemble à une cure de désintox. Sauf qu'on n'ose pas trop s'avouer du coup, être accro au spleen, alors qu'on passe son temps à se plaindre du bonheur qu'on n'a pas. C'est un paradoxe. Je ne suis pas en manque et pourtant. Je me souviens que certains soirs, je me forçais presque à interpeller le mal de vivre, comme un passant à qui j'aurais voulu tenir un bout de conversation. Histoire de ne pas rester seule. Cette tristesse, ces pleurs agrémentés de cris intérieurs, cette adrénaline, cette douleur exaltante, terrifiante, vivifiante, ces battements de coeur qui vous charcute la poitrine.

Un jour il m'a dit "T'es peut-être maso. Faudrait assumer". Peut-être bien. Mais je veux changer ça. Pour avoir connu des moments de bonheur véritable, je crois ce bien-être plus sain qu'une gorgée de larmes qui pourrait bien me faire boire la tasse.

C'est quand j'avais le plus mal que je me sentais la plus proche de la vie. Ce recul est flippant.

J'avais compris le problème à l'envers et depuis peu, j'essaie de trouver un sens nouveau, une explication, des solutions, une raison d'être qui ne soit pas dépendante du schéma habituel. Je veux changer l'histoire. Il est encore temps. Comme tout, on finit par s'enliser dans l'habitude. Même celle d'être triste. C'est effrayant. Parce qu'injecter du sang nouveau à nos actes et pensées quotidiennes peut être déstabilisant. On n'est jamais à l'abri d'effets secondaires. Alors forcément. Encore une histoire de risques à prendre.

On est dimanche. Derrière les rideaux, la douceur d'un hiver hors-saison arrive encore à me surprendre. Je souris de m'être réveillée à ses côtés.

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19 janvier 2007

Love hurts. Or not.

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Brittany Murphy

J'écris quelques lignes en écoutant le dernier album d'Incubus. Doux pour les oreilles, bon pour les poils qui se hérissent.
J'ai fini mon bouquin entre Jasmin et Ranelagh. J'ai croqué dans le tome 20 de Fruits Basket, que j'ai achevé avant d'arriver à destination. Avant de me coucher, je lirais un peu Didier van Cauwelaert, histoire de passer une nuit poétique.

On a goûté le Coca Cola Zéro ce midi et ça ne ressemblait à rien. On a cherché la saveur et des bulles au fond du verre et c'est à peine si elles nous ont titillé la langue. Hé les marketeux ! Bravo pour le nom. Une boisson comme ça mérite bien un zéro pointé.

Mon père au téléphone m'a dit "il faut que je te parle de certaines choses". Je sais presque de quoi. C'est décidé de toutes façons. Je ne reviendrais pas sur ma décision. Comme Lui dit, il me reniera au pire quelque temps, puis tout rentrera dans l'ordre comme si la tempête n'avait jamais eu lieu. Je ne ferais qu'écouter et absorber la sagesse paternelle qui m'a toujours aiguillé dans la bonne direction, et ferais finalement ce que bon me semble.

J'ai le droit d'être adulte, libre de faire des choix qui feront de ma vie ce que les regrets ne boufferont pas. Il fut un temps où pour moi-même, je ne voyais l'avenir pas plus loin que le bout de la rue. Et cette incapacité de projection me fit stupidement penser que ma vie serait courte. C'est ainsi.

Aujourd'hui, j'arrive à construire des choses dans ma tête, à imaginer des rêves que je souhaite un jour construire de mes propres mains. Non pas que jusqu'ici je n'eus aucune ambition, mais je me laissais porter par un fatalisme déconcertant. Maintenant je sais que je peux façonner tout ça à ma guise. Vivre, c'est faire de la poterie. Pétri à l'expérience, nous façonnonsles choses à notre image.

Lui et moi. On cherche un appart, on a des projets, on rêve d'ailleurs, d'autres horizons surtout, de changement. Dans un an ou peut-être plus, on espère quitter lce pays. Mais à ce stade-là, le lointain est plus temporel que géographique.

Tout à l'heure, j'ai essayé de mesurer le temps. Mais en essayant d'en capter la subtilité, je me fais toujours avoir. Quelque part, j'ai toujours l'impression que le lointain passé date encore d'hier. J'ai cette facheuse tendance à croire que ça ne fait pas longtemps qu'il m'a quitté et pourtant, en mettant les mois les uns sur les autres, ça va faire bientôt 17 étages. Cette existence est truffée d'illusions.

Love Hurts ? Ca dépend des jours. Des périodes de la vie aussi.

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