08 juin 2006
Essouflement estival

Desperate Housewives
Je suis épuisée. Je deviens workalcoolique involontaire, stagiaire au bord de la crise de nerfs, débutante exploitée. On est charette en ce moment et lorsque je sors du travail vers 22h30, les étoiles sont déjà bien installées sur fond de ciel obscur. Qui dit responsabilités, dit heures supplémentaires. Mais n'empêche. C'est barbant de faire ce que d'autres sont payés en conséquent pour exécuter. Sans doute est-ce cela d'apprendre sur le tas. Comme le souligne mon boss, ça me rode. Il ne croit pas si bien dire. Ca commence surtout à me brouter. Pardonnez moi l'expression. Je suis un peu à bout de souffle. Hier, j'ai participé à l'enregistrement d'un spot radio. Je crois que ces quatre heures de studio enchaînées par cinq autres consacrées à la rédaction d'une recommandation d'importance capitale à rendre ce matin même, ont fini par m'achever.
Dans le train du retour, le temps s'est arrêté. L'obscurité m'engloutit et je me laisse faire
Je me demande si cela en vaut la peine, si tous ces efforts trouveront un jour consolation dans la réalisation des rêves et des ambitions nourris durant toutes ces années. J'ai peur que septembre ne tombe demain et que le temps soit plus traître que jamais. Je crainds de ne savoir à temps où aller, car révolue est désormais cette époque où chaque rentrée était ponctuée par la certitude de retrouver les bancs de l'école. Les questions se précipitent. Avec Lui, nous nous retrouvons aujourd'hui à l'un de ces nombreux carrefours qui jalonnent une vie.
Je mange des chewing-gums au goût bubble gum. C'est écrit "pour enfants". Cela ralentira peut-être le temps.
22 mai 2006
Epilogue

Christina Ricci
Le week-end avait bien commencé, malgré le soleil éteint et la pluie en mode averse horizontale sous le vent cyclonique. Derrière la vitre, chaudement lovés sous la couette, on peut s'en foutre. Qu'est-ce qu'on est bien. Et puis la journée galope, avec son heure de repartir pressante, le carosse SNCF attend sur le quai de gare fourni en lycéens. J'emprunte le chemin du retour, une nouvelle fois heureuse d'avoir été ébahie par sa présence. C'était pédant de croire qu'à 21 ans, j'avais tout resenti, les pires bonheurs, comme les plus belles souffrances. Parce qu'il n'y a pas d'âge pour être désabusé ou pulpeux d'espoir. Du moment que l'on est encore en vie, il est possible d'être surpris par ces matins tendres aux sourires endormis. Je me suis laissée griser et le remercie, Lui, de me faire découvrir chaque jour un peu plus les joies oubliées d'être deux.
L'après-midi s'est gâtée. Le ciel s'est couvert. Mon humeur s'est assombri. Avec mon ex, nous devions aller voir un couple d'amis commun. Habitant à deux pas de chez moi, je suis allée le chercher pour qu'il m'y emmène, mon ingénuité au fond du sac à main. Vous pouvez penser que je suis idiote, je vous donnerais raison. Lorsqu'il a refermé la porte de sa chambre en coinçant la cale rouge dans l'embrasure comme au bon vieux temps, je l'ai dévisagé avec stupeur et lui ai dit "non pas ça". Il me demande si je fais la tronche parce que je m'entête à rester muette, le visage fermé et l'air agacé. Je lui répond que non. Simplement, je ne ferais rien de ce qu'il voudra. Je suis resortie vite fait de cette pièce étouffant les souvenirs rocailleux qui égratignent le bonheur. Je suis partie dire bonjour à sa soeur pour échapper à mon bourreau.
De retour dans la chambre un peu plus tard, il a recommencé le même manège, me dit de m'asseoir, que ça serait la dernière fois, qu'il me laisserait tranquille après. Je vous passe quelques détails sordides qui me donnent la gerbe rien que d'y penser. Je me suis sentie salie, même si heureusement, il ne m'a pas touchée. Il n'a suffit pourtant que de quelques gestes pour que je sente ma sérénité profondément violée. J'ai fermé les yeux et sans bouger je me suis mise à penser que j'avais pardonné plus de mille fois au plus grand connard que j'avais rencontré. Je me suis rendue compte alors qu'on ne pouvait ignorer sempiternellement les erreurs d'une personne que l'on avait pu aimé dans le temps, surtout si cette dernière vous manquait cruellement de respect. Pourquoi étais-je si naïve.
J'ai déguerpi dans le couloir, ai remis mes chaussures, l'ai pressé de partir. Lui, déçu comme chaque fois que je lui dis non, prend ses airs de gamin offensé à qui l'on aurait refusé les caprices. Dans l'ascenceur, sa main s'égare près de mon chemisier, tandis que la mienne vient lui coller une gifle. A ce moment là, je suis simplement exténuée, exaspérée, triste et déçue, écoeurée aussi.
Dans la voiture, je le menace d'appeler sa copine et lui dit surtout qu'après ce jour, je ne voulais plus jamais entendre parler de lui. Je me suis revue, il y a un an à cette même place, avec d'autres sentiments et brusquement je me suis sentie terriblement conne. Je n'ai pas compris. Chaque époque est ponctué d'attitudes incompréhensibles, de sentiments inexplicables. Comment j'ai pu... Il vaut peut-être mieux ne plus y penser. Ensuite, il y a eu cette remarque que j'ai trouvée totalement déplacée "Autrefois j'étais le plus merveilleux des hommes et comme par hasard aujourd'hui je suis un gros connard. Pourtant je n'ai pas changé". Se rendait-il compte au moins de la sottise qu'il venait de proférer. Je n'en croyais pas mes oreilles. C'était tellement ridicule. Oui effectivement. Un homme merveilleux qui pendant trois ans m'a fait pleuré tous les soirs et m'a poussé dans une dépression sans anticyclone. Il a fini par conclure "Comportons nous comme des ex. Ne nous voyons plus."
Amen.
Il n'est finalement pas venu chez les amis, m'a déposé, est reparti. Il attendait peut être que je le supplie de venir. Je suis descendue, me suis éloignée en claquant la porte, ne me suis pas retournée.
Le soir, il a essayé de me rappeler. Je n'ai pas décroché.
Je prends conscience qu'aucune blessure ne se referme vraiment. Il y a aura toujours des idiots pour venir les ré-ouvrir malgré votre volonté de les oublier. Il faut désormais que j'apprenne à avancer, avec cette plaie ouverte et qui pourtant arrive à me faire moins mal avec le temps. Mais finalement qu'est ce que j'en avais à faire. De nous deux aujourd'hui, c'était moi la plus heureuse, la moins timbrée sans doute. Il arrive un moment où il faut arrêter de culpabiliser, de croire que c'est à cause de soi que tout cela arrive.
Honnêtement, que pouvais-je me reprocher aujourd'hui ? D'avoir pardonner encore et encore avec ce fol espoir qu'une amitié aurait été possible. Pourquoi s'était-on bien quitté pour en arriver là ? Pourquoi était-ce moi qu'il avait trahi et qui aujourd'hui me retrouvais à vouloir être conciliante.
Voilà comment se finira cette histoire. Même pas tragique. Un tantiné ridicule.

26 avril 2006
Mea Culpa
Je voulais m'excuser auprès de celles que j'ai pu choquer ou froisser l'autre jour en utilisant le terme "vieilles salopes aigries". Je dis cela en réaction à un mail que j'ai reçu d'une lectrice que j'ai pu blesser et a réagi de manière virulente sur son propre blog. Je la remercie d'ailleurs pour son mail , car je n'avais pas eu vent jusque là de ce feedback... Dans tous les cas, je ne juge personne car je ne suis pas apte à le faire. D'ailleurs, je ne pensais à personne d'autre qu'à celle que j'ai été ces derniers mois. Donc que personne ne se sente personnellement attaqué. Et puis relativisons les mots. N'entend on pas dire si souvent que tous les hommes sont des salauds pour que l'instant d'après, nous nous éprenions d'eux comme si nous n'avions jamais été blessées.
13 mars 2006
Mélancolie

Bonsoir mélancolie. De quoi me parles-tu. Que cherches-tu dans mes yeux humides. Le murmure de ta voix doucereuse traverse le silence d'un présent monocorde. Les saisons valsent. Valse mon humeur aussi. Le temps est assassin. Je suis sa complice. J'en fais trop. Presque maladivement. Je suis écorchée vive. J'ai des bleus qui virent au violet. Mon corps me trahit, parsemé d'ecchymoses. Je boîte alors que j'ai mal au coeur. J'ai la nausée alors que j'ai le pied foulé. Le monde tourne mal et tandis que les jeunes descendent dans les rues, moi j'aimerais bien licencier ma neurasthénie. Sans préavis. Parce que t'as foiré ta période d'essai, mélancolie je veux te virer, te tirer une balle entre les deux yeux, au mieux t'oublier. Tu me fais mal. C'est tout. Juste ça, mal. Je pisse ma colère sur ce blog à deux sous, en me demandant si ça sert à quelque chose. Mon moral fait la grève. Sale lâche. Les photos jaunissent avant d'avoir pu prendre l'air. J'ai l'impression que c'était hier. Cela fait bien six mois. J'ai envie de tout déchirer, tout brûler, jusqu'au dernier désespoir. Je veux abandonner cette habitude de me souvenir une fois par mois. Je fêterais bien ta mort une fois par an, à la Toussaint. J'irai cracher sur ta tombe. J'voudrais que ma mémoire flanche, que les sourires cessent de s'affadir. Demain je ressortirais ma joie mise sous plastique en espèrant qu'elle ne sente pas le moisi. La nuit cogne à ma vitre et je me remémore ce temps où tu n'étais pas née. Mélancolie. Mélancolie. J'aurais bien voulue t'avorter.
22 février 2006
Just blues

Mena Suvari
Effroyablement malade. Levée depuis plus de 20 heures. Je tiens debout oui, avec ma tête et ma neurasthénie édulcorée. Mes jambes ont fui au paradis des carcasses. Ce matin ça allait bien vers trois heures du mat' j'étais en forme, jusqu'à midi aussi. Et puis la vie a dégouliné comme du rimel enlarmé. Sur le quai de la gare, je chahutais avec un espèce de bien-être qui avait réussi à me clouer un sourire niais au bec. J'aime toujours autant cette sensation, la seconde qui suit le "je me sens bien dans mes bask" en ce moment. Vertiges des sens, yoyo incessant des sentiments qui n'arrivent plus à s'équilibrer. Je suis dans la période montagne russe des émotions. Un up and down perpétuel qui me lobotomise et tranche mon euphorie extatique aux lames de rasoir. 23 h passée, je devrais dormir pour rattraper un peu de ce sommeil violé. Je ne sais pas pourquoi je suis devant mon clavier à taper une espèce de mélancolie engourdissante. Je me sens vide ce soir. Je ne trouve pas mes mots. J'ai à peine dénichéce pseudo msn foireux "In the mood for blues". Ce soir j'ai tout simplement peur. De quoi, je ne saurais vous expliquer. Mais en tous cas, ça me serre assez fort le bras pour que les marques de cette étreinte brutale me ramènent à la réalité. Non je n'oublie pas mes barricades. Je suis en train de réaliser tout ce qui s'est passé ces derniers mois. Je crois que je vais aller vomir quelques pleurs sur l'oreiller. Ya juste une question qui me turlupine ce soir. C'est de savoir si je deviendrais un jour quelqu'un ou si je suis condamnée à tomber dans le perpétuel oubli des mémoires. Après tout, on ne vit que pour soi. Je devrais m'en foutre. Mais décidément non.
20 février 2006
Sick breakfast

Entre deux mondes. Réveil à 4h20 du mat'. J'enfile le casque, monte le volume. Bande son du matin. Relient K - Failure to excommunicate. A quoi je pense. A rien, à tout, à eux, tout ceux là. Je ne sais pas exactement ce que je me dis. Je cherche un remède pour ne plus tousser, pour sortir aussi de cette torpeur électrique d'un lundi matin. Les violons grondent, en rythme avec le grésillement d'un lecteur mp3 qui va rendre bientôt l'âme. Je balance un juron qui se perdra au milieu du silence matinal. A quoi je pense encore. Juste que je n'ai pas l'impression de passer aujourd'hui mon premier partiel. Je n'ai pas révisé et pour cause, il n'y a rien à réviser. Je n'ai pas fini mon dossier de prod', je n'ai pas fini de m'enliser dans cette envie de me foutre de la gueule de la vie. Ce matin je tournoie au milieu de ma chambre sur Silverchair. En catimini, je pense que j'ai envie d'être amoureuse, même du vide, de l'inconnu sans visage. Juste amoureuse parce que ça fait une éternité que ça ne m'est pas arrivé. Aimer, c'est euphorisant et puis merde si c'est pas réciproque. C'est juste pour la beauté du geste. Se sentir tomber doucement dans cette émotion cotonneuse comme une caresse des sens. L'envie d'un manque, d'une sensation du temps qui s'arrête lorsque l'autre est là. Et puis paf. Déconnexion. La réalité rattrape. Elle me rattrape. Chaque fois que ça m'arrive, je me barricade. Certains matins je m'en demande les raisons. D'autres lorsqu'on me dit "tu préfèrerais sortir avec moi ou juste qu'on couche ensemble", je me souviens du pourquoi. Mais j'y crois toujours. Je ne désespère pas. Surtout en ce moment. Comprendra qui pourra. Quelqu'un pourrait-il venir casser le mur ?
24 janvier 2006
Evil in your eyes

Rosamund Pike
Il en faut du talent pour me dégouter jusqu'à l'écoeurement. Lui a ce don là. Lui dont je ne prononce plus le nom, dont j'oublie l'appellation, dont j'évite de parler. Mais le passé comme un chewing-gum collé dans les cheveux, j'ai du mal à m'en défaire. Je suis convaincue qu'on ne généralise pas la saloperie d'un sexe à partir de quelques spécimens qui auraient pu nous blesser. J'aurais voulu vous parler de ce mail, qui me procure des spasmes de honte, qui va jusqu'à violer ma dignité. Je garde la tête haute et relis ces quelques lignes pleines de fautes d'orthographe et d'immondices dénuées de toute odeur coupable. La chair de poule galope le long de mes bras, je tente de comprendre comment on peut être pathologiquement aussi pervers. Je ne hais pas les hommes. Je ne le hais pas lui. Je hais mon aveuglement d'antant qui m'a conduit à l'aimer plus fort que la vie, à me promener si longtemps au bras de ce fou. J'aimerais me réfugier dans une bouteille de larmes jusqu'à l'ivresse, mais je m'interdis de me saouler à la tristesse pour un abruti comme lui.
22 janvier 2006
Drôle de clone
We forfeit three-fourths of ourselves in order to be like other people. Arthur Schopenhauer (1788 - 1860)
Mais pendant combien de temps ? Certains passeront toute leur vie à tenter le mimétisme au lieu de faire l'effort de se chercher. Et puis d'autres seront d'éternels dissidents du conformisme. J'avouerais que j'ai longtemps bêlé comme un mouton de Panurge et renoncé à moi même pour rentrer dans le moule. J'impute ça à ma folle jeunesse durant laquelle la peur d'être mise à l'écart castrait ma véritable identité. Alors je me suis mise à aimer le foot en primaire, à écouter des boys bands dans les années 90, à mettre des survets Adidas au collège, à énoncer tout haut ce que je ne pensais pas tout bas, à me mentir au point de croire à mes sornettes. Mais après tout, quelle partie de nous-même oublions nous réellement au vestiaire le temps d'une vie pour ressembler aux autres ? Ses désirs ? Ses rêves ? Trois quart de notre âme que l'on troque contre quatre compliments, deux sous et six sourires hypocrites. Combien de fois avez-vous pleurer de ne pas vous reconnaître ? Un millier de fois dans mon cas, au point de vouloir briser du poing l'image fausse que me renvoyait ce traitre miroir. Je n'éprouve plus depuis quelques année la nécessité d'être un clone débile que l'on pourrait parquer dans une vitrine de magasin. Au pire je serais un clown triste. Je suis devenue trop fière pour accepter que les conventions de toutes sortes me trainent en laisse. Quel bonheur de mettre un gros coup de pied au cul de ces faux-semblants qui ne procurent q'un bien-être illusoire. L'authenticité retrouvée de notre enfance dénuée de toutes pressions sociétales semblent nous accrocher des ailes qui nous portent vers une liberté bien plus réelle.
05 décembre 2005
Pause
Il y a des mots qui blessent, des gestes qui écorchent, des comportements qui laissent une trace indélébiles sur nos histoires personnelles. Construire, déconstruire, reconstruire à l'infini. Il y a les erreurs qu'on cumule, celles que l'on regrette, celles qui font avancer, même de quelques millimètres. C'est toujours ça de gagné. Au final, je pensais vivre l'année de mes 20 ans en toute tranquillité et la première partie semblait suivre mes plans. La seconde ressemble à un grenier obscur dans lequel s'accumulent moultes remises en questions et des débris passés qui ne s'auto-détruiront jamais si je ne me décide pas à les jeter.
J'ai toujours haï ce genre d'histoires qui ne durent qu'une semaine ou un mois. Mon esprit idéaliste rêvait de compter l'amour en années, mais ce n'était qu'un leurre. L'avantage de cumuler les expériences est d'apprendre à mieux cerner ses envies. Mon problème est que je ne me suis pas laisser respirer après trois ans d'une histoire trop violente, alors je m'asphyxie. La vie que je veux, l'homme que j'espère, se dessinent avec le temps, au fur et à mesure que je découvre comment sont réellement les gens, pourquoi ils semblent normaux lorsque tout va bien et deviennent subitement psychorigides dès que vous leur montrez vos faiblesses et vos doutes.
Qu'est-ce qu'il y a de pire que l'hypocrisie amoureuse? Pourquoi cette nouvelle idylle a tourné court ? Tout simplement parce que je ne me sentais pas capable de rester avec quelqu'un juste pour me sentir "casée". Si j'avais réussi à faire le bon choix il y a quelques années avec N., je n'aurais pas passé autant de temps à pleurer sur mon sort et à chercher l'endroit où creuser ma tombe. Je commence à me connaître. Peut-être que c'est sur ça que doit porter le véritable objet ma quête. Moi-même. Comment expliquer aux autres qui je suis si je ne le sais pas encore réellement.
J'ai trouvé le bouton Reset. J'appréhende encore d'enfoncer cette touche qui remettra les compteurs à zéro. Je veux reprendre une vie saine et couper court à cette dépendance aux aventures empoisonnées. Je veux ralentir, prendre le temps de vivre car depuis quelques temps, je ne fais que survivre. La vie n'est pas la guerre, elle ne doit pas être un combat permanent. Je me débats constamment entre deux sentiments contradictoires et me laisse noyer dans un marasme sans nom. J'en ai assez. Ca me fatigue plus qu'autre chose.
Je vais m'arrêter un instant sur le bord de la route. Je veux rester seule pour me retrouver. C'est la meilleure chose à faire.
J'espère que je ne vous dirais pas dans une semaine que j'ai rencontré l'homme de ma vie, sinon engueulez moi. Merci.
19 novembre 2005
Crachoir opalescent
Panique. Il est déjà 7h10 lorsque j'ouvre les yeux. Le craquement du lit voisin m'extirpe d'un rêve dont je ne me souviens guère. J'avais pourtant bien mis le réveil à 6 heures afin de finir mon post avant de filer au cinoche. J'ai la tête engourdie, les pensées flasques. J'essaie de me souvenir de la dernière chose que j'ai faite avant d'être emportée par un baiser de Morphée. Ah oui. Un texto, une chanson, des souvenirs, la lune caressant les draps, des pleurs étouffés sous la couette, un écran noir pour finir.
J'attrape le train de 8h10, me réconforte avec la prose d'Alexandre Jardin dont j'ai entamé son Ile des Gauchers. Oui, encore une histoire de sentiments et de couple qui apprend à s'aimer. Le petit commentaire de la quatrième de couv' me fait sourire :"L'île des Gauchers est le premier roman d'amour d'Alexandre Jardin, qui, en publiant Le Zèbre et Fanfan, n'a jamais écrit que sur la passion." Je me suis alors demandée si j'avais déjà réellement aimé dans ma vie ou si je n'avais été que foudroyée pas des passions alambiquées. Difficile à dire, la frontière entre les deux me semble mince.
Je suis arrivée au cinéma, me suis engouffrée dans la foule matinale, ai choisi mon film. Affalée dans mon siège, je me suis laissée griser par le talent de David Cronenberg. A History of violence m'a agréablement surprise. Viggo Mortensen offre une remarquable performance dans le rôle de ce père dont la vie bascule le jour où il a abat deux malfrats venus braquer son restaurant. Sorti de l'ombre, Tom Stall est contacté par Carl Fogarty qui prétend reconnaître en ce héro, un tout autre homme, Joey, qui aurait eu de violents démélés par le passé. David Cronenberg prend le temps d'installer le décor, les personnages, une tranquillité illusoire. Ce film nous plonge dans une violence sous-terraine, qui une fois déterrée, fera effet boule de neige dans la vie paisible de cette famille. La mise en scène est brillante, le jeu des acteurs très juste, la tension omniprésente. On retrouve un Cronenberg en forme et maître de son art. A voir d'urgence.
Je n'aurais sans doute pas du enchaîner avec The Matador. J'ai brisé cette magie du bon cinéma pour tomber dans le moyennement moyen. Drôle de composition pour Pierce Brosnan. Assassin burlesque, baiseur, railleur, se mettant du vernis au pieds, fantasmant de devenir pom-pom girl... Je ne saurais vous expliquer pourquoi ce film m'a dérangé même si j'ai ri de temps à autre devant les dialogues salaces et le comique de situation non dénué de certaines lourdeurs. Etrange. Que penser d'un film qui sous-titre "même les tueurs ont besoin d'amis". J'en pense que c'est le genre de choses qu'on attend de regarder à la télévision dans quelques années lorsque ça passera en prime time le dimanche sur TF1. A oublier.
J'ai fini par atterrir à la Fnac pour acheter un bouquin de gestion. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi dans un élan de frustration extrême, j'ai acheté ce putain de "Gestion Mode d'emploi" ? Qu'est ce qui m'a poussé à vouloir comprendre les mécanisme de la comptabilité générale alors que je n'ai que trois heures de cours toutes les deux semaines. Est-cela que l'on appelle masochisme ? Ai-je voulu me faire du mal ? Vais-je bûcher tout mon soûl pour ne pas faire un fiasco au prochain contrôle. I hate failure. I will certainly work. I promise !
Bref, pour revenir à mon histoire d'hier, cette semaine fut particulièrement morose, propice à une longue introspection. A vrai dire, il n'y a pas eu de nouvelle fracassante, mais un certain nombre de circonstances qui m'ont poussé à me remettre en question ou du moins m'ont invité à réfléchir sur ma vie.
Nostalgie. C'était la couleur dominante de ces derniers jours. Une déferlante de pages jaunies sont venues recouvrir le présent. J'ai feuilletté le tout avec un soupçon d'amertume. J'ai sans doute été trop naïve, idéaliste, stupide aussi. Peut-être que je ferais bien de ne pas me méprendre sur les intentions de mon ex. Quelle définition a-t-il de l'amitié ? La même que celle de l'amour qu'il a eu à mon égard? Un total manque de respect et de transparence. Je suis d'accord pour dire qu'il fait ce qu'il veut avec sa mégère. Mais j'ai juste envie de lui balancer "I'm not you're fucking bitch". Pourquoi est-ce que je m'entête à lui rendre service alors qu'il ne trouve rien de mieux à faire que me poser des lapins alors que c'est lui qui m'appelle tous les deux jours pour fixer des rendez-vous. Bastard. Je crois que la colère me submerge, la déception aussi. Notre amitié est à l'image de notre histoire passée. A sens unique, intéressé en ce qui le concerne, désespérante pour moi. J'ai envie de lui crier "va te faire foutre". J'ai envie qu'il ne se laisse pas faire par sa ****. Pour me consoler, avec mes amies, on suppute qu'il est en train d'infiltrer le réseau mafieu thaïlandais. C'est pour ça qu'il reste avec elle. De toutes manières, il me parle d'elle avec si peu d'enthousiasme qu'il y a de quoi se poser des questions.
"- Tu l'aimes ?
- Mouais j'tiens à elle quoi."
A ué, et c'est pour ça que t'as déménagé chez elle au bout de trois semaines...
J'ai le sentiment qu'il faut clore quelque chose, même si c'est à contre-coeur. Je ne peux pas passer ma vie à attendre qu'il m'appelle de son bureau parce que l'autre surveille ses factures. Tout ça m'horripile. Je me noie dans une incompréhension irritante. Finalement, elle aura atteind son objectif. Il faut que j'avance. Il faut que j'avance.
Je me rends compte que lorsqu'il s'agit d'amour, ce n'est souvent pas les personnes qui nous manquent, mais les instant de bonheur que l'on a vécu avec elles. Hier matin, avant d'aller en cours, je m'étais fait une compil de mp3 soigneusement entrés dans mon lecteur. Il était près 8 heures. Je marchais en direction de la gare, le regard posé sur le crépuscule. La première chanson me crache aux oreilles des souvenirs que je pensais digérés. C'est fou comme certaines musiques marquent une époque, une journée particulière. J'ai senti mon corps réagir à ces quelques première notes à la guitare de James Blunt. You're beautiful. Ca m'a fait l'effet d'une machine à remonter le temps. Je me suis revue à ses côtés sur cette petite route de campagne, en plein été. La chaleur s'engouffrant à travers la vitre baissée, nous roulions sans savoir où. J'ai senti mes joues devenir humides alors j'ai zappé. Je n'ai pas envie de vivre dans le passé, dans les souvenirs, en compagnie de fantômes. C'est trop facile. Avançons encore. Encore et toujours.
Parfois j'ai envie de réfléchir comme en communication de crise : Qu'est ce que je veux sacrifier ? Qu'est ce que je veux préserver à tout prix ? Le tour de la question est vite fait. J'ai envie de garder un semblant de dignité. Pourquoi faudrait-il faire des sacrifices? Pour qui ? Pour quelles raisons valables? Lorsque j'aurais trouvé la réponse à ces deux questions, je me déciderais...
Par le passé, il m'est arrivé de sacrifier certaines amitiés au détriment de mon histoire avec N. Je le regrette. Je crois qu'on est tous passé par là. C'est ce qu'on appelle des erreurs de jeunesse. On ne m'a jamais pardonné pour ça bien que je sois revenue m'excuser à de nombreuses reprises. Les mentalités changent, les gens aussi, le temps rend étrangers ceux qui se sont aimés.
A suivre.





















