16 juillet 2007
Ground Zero

Angelina Jolie
J'essaie de reprendre mon souffle, mais lorsque je me cache sous les couvertures pour pleurer, la vie s'étrangle doucement, doucement... Cette douleur incessante, fluctuante, s'approche et danse, dévêtue de tout complexe, me hante lorsqu'elle a le mal du pays. Expulsion. Ce mot fait couler la bave le long de mes lèvres qui n'ont plus en bouche que le goût des larmes diluviennes lorsque viennent le soir ou les jours de pluie. Je veux la rendre orpheline, l'assassiner une fois pour toute. Combien de temps. Combien de temps faudra-t-il pour la convaincre de se taire, de m'épargner, de me laisser une chance de survie et de laisser l'autre s'échapper, sans devenir folle. Pourquoi ces réminiscences, cette inconstance, ce mépris de l'autre, cette envie de faire mal parce qu'on a soi-même souffert. Que faut-il pour briser le mur et passer de l'autre côté, là enfin où l'hystérie s'évapore et le temps fleure bon le pardon. C'est si facile. Si facile quand tout va bien, les jours de lucidité et de relativisme, quand vous vous levez le matin et que vous sentez qu'il n'y a aucune raison d'être ainsi, démuni, affaibli, sans perspective. Ce sont ces matins pleins d'optimisme et de charme, qui font bien d'exister pour vous permettre de vous relever, même trop rares, ils persistent. Et puis il arrive que vous simuliez le bonheur, dans la rue, un sourire surgissant à l'improviste, vous vous dites que ça y est, que vous touchez du doigt ce petit quelque chose qui... Et cet espoir niais, indicible, sans fondement, plein de naïveté, qui débecte l'autre et vous pousse à vivre. Et cet espoir fou, d'avoir une autre chance, dans cette autre vie, où vous serez un(e) autre qu'aujourd'hui. Il existe mille vies, mille espoirs, mille raisons d'être, mille demains, un seul aujourd'hui, un seul passé, truffés de tristesse, la seule et même tristesse, dont vous êtes fucking dépendant. Je ris, je pleure, je vis, j'espère, je vomis sur le bien, le mal, les deux qui se confondent. Je n'ai pas de réponse. Je suis étrangère à ma vie et j'avance les bras tendus vers un ciel sans couleur.
26 juin 2007
(Céli)Battante

L'amitié fuit. L'amour suit. La vie vole en éclat, comme mon bracelet de perles rouges violemment disloqué au contact brutal du parquet. Rupture après rupture, la fissure s'éventre et forme un trou béant dans lequel je me jette éperdument. Tel un saut de l'ange dans l'abime des espérances. Les caprices m'étouffent et l'égoïsme m'enterre. Je n'ai plus d'ombre, plus de reflet, j'ai jeté mon âme au fond du puit. Je veux être seule, même quand j'ai besoin d'autrui. Autrui me tend la main et je la repousse avec irrespect. Je veux vivre, même le révolver sur la tempe, parce qu'il y des jours où mon doigt caresse encore la gachette, comme l'entre-jambe d'une nostalgie meurtrière. Ca fait des mois que ça dure. Ca va, puis ça vient. Je ris, je pleure, je vomis, je fuis, puis tends la tête pour qu'on me la coupe. J'ai perdu mon identité. La vie est devenue un concours de masochisme. Je préfère perdre à ce jeu là, mais certains jours, je joue la surenchère. Je suis bonne actrice. Aujourd'hui je cherche l'indépendance, vivre autrement qu'aux bottes des hommes. Je veux gouter à une solitude maitrisée, construire autour des petits rien, au lieu de détruire à partir de tout ce qui est. Se détruire par inadvertance, un jour où l'on prend un pseudo abandon pour un coup de poignard dans le dos. C'est du n'importe quoi. Cet état me fatigue, me lasse. Un jour, ce blog ne sera plus un exutoire, mais juste un déversoir de pensées. Aujourd'hui il me fait encore trop penser à un divan de psy. Pouarfk.
29 mai 2007
Parfois, quand je m'inflige des monologues intérieurs

Michelle Branch
Une solution. Vite. Qu'est-ce que t'attends. Des décisions. C'est quoi. Qu'est ce qu'il te faut? Un coup d'électrochoc ? Un coup de pied au cul ? T'as beau pleurnicher, le soleil continue son périple autour de la Terre. Les autres aussi font leur vie. Ca t'énerve qu'ils sourient pendant que toi tu chiales? Oui bah c'est comme ça. Je me suis souvent étalée dans ma cuisine, les oreilles plaquées contre le sol pour écouter ma tristesse ronfler dans mon ventre, tout en détestant les gens qui ne comprenaient pas pourquoi je faisais ça. C'est cool le spleen, c'est comme un petit chat qui ronronne à tes pieds. C'est tentant de se prendre d'affection. Sauf que le petit chat finit par se transformer en un truc pas très sympa qui te bouffe au final jusqu'au sang. T'as l'impression d'être la seule à avoir connu ça? T'as l'impression que personne ne te comprend? Genre avec 6 618 398 641 d'habitants dans le monde, tu crois que t'es la seule à... Est ce que ceux qui me ressemblent cassent des bouteilles d'alcool, jouent des tragédies, sont aussi égoïstes ?
Le monde tournoie. La déprime aussi, mais on s'en fout. Elle se fait chasser à coup de vent. Elle revient parfois, timide, puis féroce quand tu te fais plus faible. Ca sert à quoi. De se laisser embobiner par soi-même. Ah bah oui, c'est sympa d'être maso. Oh oui que c'est bon. Vous savez quoi. Oui je me suis déjà dis ça tiens. C'est bon d'avoir mal. Mais je ne sais toujours pas à quoi ça sert. A grandir ? On t'a déjà dit qu'il fallait souffrir pour grandir ? Moi j'avais juste entendu qu'il fallait souffrir pour être belle. Et encore. Je pense plutôt qu'il faut être sacrément riche.
Je sais que j'ai une propension à me tirer vers le bas quand je le veux bien. Mais quand je vois ça chez les autres, ça me fous les jetons, ça me met hors de moi, ça me congèle tout. C'est cathartique. Putain, tout ce temps perdu, ce temps sur lequel on crache avec celui d'une autre époque. On croit que c'est beau les superpositions. Que dalle. Les souvenirs. C'est beau en photo. Avec des cadres en plastoc de préférence pour ne pas les briser sous les coups de la colère. C'est beau la jeunesse. Je me sens... Je n'en sais rien.
Anesthésiée.
19 mars 2007
Life is awesome

Christina Ricci
Ce n'est qu'au bout d'un an, ou presque, que les choses s'éclaircissent seulement dans mon esprit. J'ai été lente à la détente sur ce coup-là. Et sans doute que ce temps précis a joué en ma défaveur, décrédibilisant une part de ma bonne volonté. Je comprends désormais ce qu'il ressent et j'imagine que jusqu'ici j'ai été aveuglé par un égoïsme dont je suis peu fière. On imagine que les autres ne savent pas la douleur ressentie les grands jours de tristesse. Mais qu'y a t il de pire que l'ignorance des tristesses d'autrui, et d'infliger à l'autre ce que l'on passe son temps à combattre. Jusqu'ici, je n'ai fait preuve d'aucune empathie et objectivement, la rétrospective de ces 10 mois et 13 jours passés ensemble me semble noircis par mon inaptitude à être tolérante et compréhensive à son égard. D'apprendre que certains jour son amour chancèle ne m'étonne pas, ni ne m'attriste au point de Lui en vouloir. En étant consciente que cette lente déconstruction engage une grande part de ma responsabilité m'aide à me dire aussi que je peux encore enclencher le processus inverse.
Il est vrai que certains matins, je me lève en me disant ne plus avoir envie. Puis d'autres où pleine d'espoir, je trouve assez de ressources pour me persuader qu'un arc-en-ciel se planque dans un abris bus deux rues plus loin et qu'il vaut la peine de marcher cinq minutes de plus pour l'atteindre. On a beau trébucher sur à peine 200 mètres, il n'empêche qu'il est primordial d'arriver à bon port et d'être arrivé à se relever.
Après toutes ces années, je sais bien à quel point il est difficile d'avoir une relation de confiance à long terme avec quelqu'un. Sans doute, la réussite réside-t-elle dans l'acceptation. De soi, de l'autre, des jours où ça va bien, comme des jours de coup de mou qui nous rappellent combien nous sommes humains.
Tout cela est ridicule. Mon attitude est ridicule. Ma colère est ridicule, tout comme mes à priori concernant mes parents, la peur de l'abandon, mes scénario catastrophe, mon spleen à deux balles, ma lâcheté, mes coups de gueule, mon ressentiment, ma susceptibilité.
Avec le temps ça viendra sûrement. La maturité.
13 mars 2007
a Border-line story

Le déménagement approche. Et nous doutons encore de cette vraie fausse bonne idée. Au stade où nous sommes, il n'y a plus d'alternative. Je suis pétrifiée. D'insomnie en contrariétés, à mesure que nous nous disputons pour des petits riens, j'ai l'impression qu'on a mis les mains dans du caca de porc. La vie est faite en sorte que nous nous prenons sans cesse des risques. Mais j'ai peur que la persévérance ne soit pas toujours le bon choix et qu'au lieu de trouver la bonne issue, nous poussons les choses à devenir si mauvaises qu'un jour...
Parfois, j'ai l'impression que nous sommes des kamikazes de la vie. Enfin nous, je devrais plutôt dire Je. Je me vois comme une terroriste des relations humaines, détruisant les liens qui se tissent et faisant exploser les bons sentiments du départ. Ca commence avec des sourires affriolants, ça finit par la violence irréversible des larmes et des sourcils qui se froncent avec colère.
Bien que je sois encore tout à fait optimiste, j'ai en tête cette image de l'infini tristesse qui revient sur la table chaque fois qu'il y a un orage qui se prépare. Comme si les nuages venaient prendre un bon bain dans mon verre pour m'assommer de cette ivresse splénétique, me pilotant telle une marionnette sans volonté, bercée par les humeurs du destin, sans prendre en compte que je pourrais encore prendre ma vie en main. Ainsi, vivre semaine après semaine, les mêmes scènes, encaisser les mêmes choses en sachant bien qu'elles ne changeront que s'il se produit un événement extraordinaire, ça ressemble à un mauvais film dont on ressasse la fin sans savoir comment la réécrire. Mais l'extraordinaire réside peut-être dans une ordinaire volonté à changer.
J'ai l'impression d'avoir 6 ans. Putain.
2 mois que je n'ai pas vu mon psy. Je vais en changer. Ca vaudrait mieux. Beaucoup d'éclaircissements jusqu'ici, mais trop de questions encore sans réponse restent là comme des chaînes m'emprisonnant dans des frustrations qui débordent.
20 février 2007
Entre deux averses

Christina Ricci
Je suis peut-être trop occidentale pour ne pas souffrir des réactions de mon père. Née au Vietnam, je ne me souviens de rien, tant les six mois passés là bas à ma naissance semblent dérisoires. Six mois durant lesquels j'ai eu juste le temps de choper la méningite, d'essuyer de justesse la mort et de venir en France m'installer avec ma famille. Je ne peux même pas dire que j'ai un pied ici, et l'autre dans mon pays d'origine. Ma soeur dit que ma situation a ses avantages et ses inconvénients. L'avantage de ne pas me sentir déracinée, mais en contre partie, je ne bénéficie pas de cette double culture qu'il est bon de porter en soi. Bien qu'en famille je parle vietnamien et porte certaines valeurs de ma terre natale, j'ai été façonnée par la société française.
Je me rends compte que quelque part, je ne peux affirmer être totalement mono-culturelle. Certes avec ma famille, le poids de ma culture occidentale pèse lourd. Combien de fois ai-je entendu ma mère dire "tu es devenue comme Eux". Tandis que dans d'autres domaines, je sens que les valeurs inculquées par mes parents ne peuvent se défaire de certains de mes comportements et pensées.
Ce week-end fut éprouvant. Mon père étant totalement contre mon emménagement avec Lui. Une question de valeur que je comprends, mais que je n'adhère pas. Pour lui, nous n'avons pas encore atteint l'étape qui permet la vie de couple. Une vision que j'ai du mal à faire passer dans mon esprit "je prends la vie comme elle vient, si ça ne marche pas on splittera. De toutes façons nous sommes des adultes responsables" Les gens prennent souvent la vie à deux comme un engagement fort. Il l'est certes, mais à 22 ans, ce n'est pas comme si on allait se marier. Mais comment pourrais-je le dire à mon père, devant qui je me comporte comme comme une gamine pétrifiée par l'autorité paternelle. Je ne dis jamais rien. Je me sens incomprise, mais je le comprends. J'ai l'impression de transgresser quelque chose alors que je ne fais finalement rien de bien mal. Vivre à deux au bout d'un an, ce n'est pas un crime, si?
Ce qui me rend triste, c'est de décevoir mon père. Souvent j'ai l'impression que nos parents voient plus ce qui est mal pour nous, au lieu d'essayer de comprendre le bonheur que cela peut nous procurer. Une fois de plus, je comprends qu'ils veuillent me protéger, me transmettre leur sagesse. Mais je ne veux pas passer à côté de ma vie.
Ma soeur n'a pas parlé à mon père pendant trois ans, lorsqu'elle a emménagé avec sa première copine que mon père n'aimait pas. L'homosexualité et une copine trop imparfaite, ça en faisait trop pour lui. Pour moi, il a simplement dit "c'est la dernière fois que je te le dis. Tu fais ce que tu veux. Je ne suis pas d'accord, mais ce n'est pas pour ça que je t'aimerais moins" En un sens, ça m'a un peu rassuré, mais psychologiquement, j'ai l'impression de faire un truc moche.
Ma mère elle ne dit rien. Elle vit à travers moi. A mon âge, mes grands-parents lui avait interdit d'être avec celui qu'elle aimait. Alors elle vit dans ses regrets, en voulant m'épargner ça. Ca, c'est de souffrir en amour, parce qu'elle même en a bavé. Malgré sa vingtaine d'année de mariage avec mon père, elle nous a prévenu ma soeur et moi que dès la disparition de mes grands-parents, elle quitterait mon père. C'est dur à encaisser.
Parfois, je suis là devant ma vie, je serre les dents, je regarde le temps passer, comme si j'assistais à un mauvais film. J'encaisse tout ce qui se dit, regarde les gens pleurer, souffrir, se chamailler. Je serre mon grand-père dans mes bras en sachant que ce geste n'est pas éternel. Je peste contre ma mère parfois, mais elle me fait tant de peine. J'ai envie d'avoir une simple, mais j'ai l'impression que c'est de famille que d'être névrosé.
Je les aime tous. Ma famille, mon copain. Je n'ai envie de faire souffrir personne. Je souffre de cette situation, je veux trouver une solution. De toutes manières, ça sera bientôt boucler. Nous avons déposé notre dossier auprès de l'agence immobilière car nous avons trouvé notre appartement idéal la semaine dernière. Je dirais à mon père que ma relation est assez sérieuse pour tenter la vie à deux. Quant à moi, je vais encore devoir payer des séances de psy, car je ne suis pas encore assez proche de la sortie.
23 janvier 2007
S'en faire, s'y faire

Eva Longoria
Je suis d'une humeur massacrante, même si la journée se passe sans heurt. Je n'ai pas réussi le test. Hier soir, je me suis mise à pleurer juste avant de plonger dans une panoplie de cauchemars effrayants. J'ai essayé l'exercice du "respire, ça va passer, aller souffle, plus fort", un peu comme si j'allais me mettre à accoucher. La nuit fût morcelée de courses poursuites et de fantômes dont je ne revois plus le visage. Si certaines filles deviennent insupportables à l'orée de leur ragnagnas ou même pire, pendant, je flirte pour ma part chaque mois, à la même période avec une dépression passagère dont je n'arrive décidément pas à me débarrasser. C'est si brusque que je me sens totalement déstabilisée. D'un seul coup, je me mets en mode tristesse et les larmes coulent sans raison. Le plus frustrant vous savez, c'est de pleurer pour rien. Je n'ai même trouvé personne à qui en vouloir. Etant dans une véritable bonne période, c'était la première fois que je ne pouvais expliquer ce spleen soudain. L'averse ne dura pas longtemps. En minutes, j'aurais pu en compter trois, ce qui est trop peu pour provoquer une inondation. Je m'en suis vite remise. J'ai repris mon souffle, ai bouquiné quelques minutes et me suis endormie en pensant que l'inconscient était vraiment un casse pied sans nom.
21 octobre 2006
Vivre chaque jour comme le dernier

Sandra Oh
Tu as le droit d'être heureux. J'ai le droit d'être heureuse.
Je pensais que le monde était divisé en trois catégories de personnes. Les bons, les méchants, et les torturés, qui naviguent entre le bien et le mal selon leur humeur.
Je suis consciente que certains me détestent, me méprisent, que d'autres encore peuvent m'en vouloir de les avoir blessés depuis tout ce temps. Je sais que la perfection n'est pas mon fort, je suis désolée pour toutes ces choses que j'ai pu faire dans ma vie et que je pourrais regretter aujourd'hui.
Tu sais bien que je ferais tout pour toi, mes amis, qu'en ce moment, je me sens coupable de ne pouvoir vous rendre plus heureux.
Mais jusqu'à présent, personne n'avais jamais essayé de me bousculer jusqu'au bord du précipice pour me regarder sauter.
Tu sais la douleur que j'ai ressenti hier soir. Tu sais combien j'ai eu mal sur le moment. J'ai eu l'impression de me voir, plantée là au milieu du salon, assassinée sauvagement, sans avoir mon mot à dire. C'est comme ils disent dans Severance, quand tu te fais couper la tête et que ton cerveau a encore le temps de se voir rouler loin de ton corps. J'ai cru qu'on m'ôtait la vie, que le temps s'est supendu, que mes membres ont été déposédés de toute faculté.
20h37. Le téléphone sonne. Un numéro anonyme. Une voix de fille, inconnue, à l'autre bout du fil. Elle me dit que je ne la connais pas, que je vais l'écouter attentivement, qu'elle n'a rien contre moi, que c'est à Lui qu'elle en veux. En quelques minutes, elle démonte le bonheur que j'ai accumulé cette semaine.
D'une voix qui paraît affectée, elle m'annonce que mon petit ami m'a trompé au mois d'août-septembre, me parle de la pause que nous avions faîtes Lui et moi et qui m'avait tant bouleversée. Puis qu'ils ont fait l'amour, et la première fois qu'ils l'ont fait, il l'a mise enceinte, qu'il l'a forcé à avorter, qu'elle a fait une fausse couche, que c'est un monstre, qu'il l'a abandonné, qu'il l'a ordonné de faire des tests pour s'assurer que l'enfant... Et puis comme pour me convaincre, elle force dans le détail et c'est à ce moment là que j'ai senti le couteau pénétré dans ma chair. Je me suis effondrée par terre, je l'ai écoutée. Le couteau s'est enfoncé plus encore plus encore et j'ai chaviré.
Pourquoi me demande t-elle si,comme elle, je dors avec toi sur le clic clac, comment sait elle que je mets Angel, et ce détail physique qu'aucune fille ne pourrait me citer à moins de t'avoir touché. Pourquoi me raconte-t-elle ta vie comme si elle t'avais toujours connu alors qu'elle dit t'avoir croisé furtivement, lorsqu'elle est entrée dans ta boîte. Elle a continué à me donner moults détails, me demandant comment j'ai pu ne pas me rentre compte qu'elle passait des nuits chez toi alors qu'elle laissait des lingettes démaquillantes dans la poubelle de ta salle de bain. Le plus fort, c'est lorsqu'elle m'a dit qu'elle savait lorsque j'étais réglée...
Elle me dit que tu m'aimes, que ça va durer entre nous, que c'était une erreur. Mais qu'elle t'en veut, de ne pas avoir pris des nouvelles depuis...
Je me suis mise à pleurer. Même pas pour moi. Pour elle, son enfant. Comme si je regardais un film sauf que j'étais en plein dedans. Tu n'imagines pas à quel point j'ai eu mal. je lui ai dit "je suis désolée pour ton enfant..."
C'était quelques heures en arrière. Depuis j'ai relativisé. Chacun des point qu'elle m'a cité peuvent être démontés, sauf que je ne comprends pas pourquoi tu lui a raconté notre vie...
Bien sûr, je ne te connais que depuis six mois. Mais j'ai envie de te faire confiance. Et je sais à quel point tu as été présent pour moi chaque fois que j'ai été mal. Je sais que tu n'aurais pas pu vivre avec cette histoire sur la conscience en faisant comme si de rien n'était. A moins que tu saches mentir à merveille et qu'effectivement tu es un monstre. Mais je ne le pense pas. J'ai senti dans ton étreinte, hier soir, lorsque nous nous sommes retrouvés, la sincérité d'un homme qui a eu peur de voir notre couple foutu en l'air. Je sais comment tu es, j'ai appris à te connaître au fil des mois.
Je sais ce que tu m'as dit, qu'elle se vengeait parce que tu as refusé ses avances.
Alors moi je me suis vengée. Je ne veux plus me laisser faire, je ne veux pas souffrir gratuitement.
J'ai rappelé la fille. Elle a continué a me dire que tu étais un monstre, que je devrais te quitter. Alors je lui ai simplement annoncé que tu avais omis de lui dire que j'avais une maladie grave, que j'allais bientôt mourir. Je lui ai redit que j'étais désolée de tout ce qui s'était passé, que j'avais même pas 22 ans, que j'allais bientôt crever, que je t'aimais et que tout ça n'était pas grave. Je lui ai souhaité une bonne continuation. Elle a paru désolée, elle a rajouté "tu devrais d'autant plus le quitter. Je sais que tu es aussi mal que moi. Je suis désolée, mais je devais te dire avec quel genre de mec tu es". Elle a proposé de me rencontrer pour en parler. J'ai refusé. je ne veux pas la voir. Je risque de lui vomir dessus.
Non je ne suis pas fière d'avoir dit ça, pour la maladie, mais au moins, elle se sentira peut-être coupable d'avoir fait ça à une mourante. Je ne sais pas ce qui m'a pris. La folie. La colère. L'envie de ne pas être la seule à être dupée là dedans.
Peut-être que je me trompe. Peut-être que j'ai tort de croire que comme dans les films, il peut y avoir une justice.
Je ne saurais jamais la vérité. Celle qui compte est la mienne.
Parce que je tiens à toi et que cette histoire, c'est un peu comme une fable qu'on raconte aux enfants pour leur faire la morale.
La morale c'est que la vie est bien courte. Qu'il y a des gens torturés prêts à tout. Qu'on est jeunes et que l'on fait beaucoup d'erreur certes, mais qu'en amour, il faut savoir faire confiance.
Et puis comme je te l'ai dit, même si c'était vrai. Je m'en fiche. Je sais que tu n'a pas couché avec elle et même si c'était le cas, elle n'a pas pensé à moi sur l'instant. Qu'elle aille se faire foutre avec son histoire.
Oui j'ai mal et même si je mettrais du temps à oublier cet épisode, je me dis aujourd'hui qu'il se passe trop de choses pour s'arrêter sur des détails.
J'ai enregistré son numéro dans mon répertoir, je l'ai appelé "la salope abandonnée". Bref.
Je veux juste vivre, être heureuse, être du côté de ceux qui font ce qui leur paraisse juste.
Je veux te rendre heureux et c'est tout.
Je t'aime.
Et merci Milou et Juju d'avoir été là pour moi hier soir. Ca n'allait vraiment pas, je suis contente d'avoir trouvé l'écoute de deux amies formidables.
Maintenant il faut aller de l'avant.
Je ne cautionne rien dans cette histoire, surtout pas ces horreurs qu'elle m'a dites. Je veux juste croire que tout ceci est un tissu de mensonges et qu'il existe une jusctice ici-bas.
Et dire que ce week-end je voulais vous raconter combien c'était merveilleux de boire du champagne au 33è étage d'un superbe hôtel parisien avec des hommes d'affaires...
Ca sera pour une prochaine fois.
Bon week-end.
10 septembre 2006
Etre à la hauteur

Alexis Bledel
J'aurais dû devenir médecin, ou comptable, même banquière j'en sais rien. Mes parents auraient sans doute été plus heureux, ou fiers, juste contents. Ca serait déjà bien.
Vous passez votre vie à attendre ce moment, la prise d'envol, l'indépendance, la joie de leur annoncer même un CDD de deux mois, on s'en fout après tout, c'est la vraie vie qui commence.
Les collègues sont sympas, les conditions idéales, le boulot au dessus de vos espérance. 21 ans trois quart, trop d'années passés le cul posé sur les bancs de l'école à jouer les premières de la classe pour ne pas en décevoir un, quatre ans sans vacances, de jobs d'été foireux en stage secrétariat, des heures à pleurer, c'est le résultat qui compte. Vous, au final, êtes ravi de ce qui arrive. Mais d'eux, vous espériez plus. Je suis un peu déçue.
Je m'en fous de bosser le dimanche, de ne pas être devenue chef machin chose, de manquer l'occas' de bosser dans une Tour à la Défense alors que j'en rêve depuis pfiou d'années.
Une vie ça ne se commande pas à l'avance, comme chez Pizza Hut, avec deux pizzas au prix d'une. Comme je l'ai évoqué précédemment, l'importance de faire des choix oriente souvent notre bonheur dans telle ou telle direction. Pourquoi hésiter si c'est ce qui nous semble juste. Les fausses notes se dénichent vite. Il suffit à ce moment là de dévier.
Quelle importance après tout.
Je ne vais pas me battre pour clamer mon contentement. Je ne vais pas leur dire ma tristesse de ne pas être encouragée. Je vais me taire comme chaque fois et rouspéter parce que j'ai l'impression après ma semaine d'euphorie, de redevenir soudainement une moins que rien et d'avoir raté ma vie, passé le seuil de cette maison.
J'exagère peut-être.
Parce qu'il veulent me voir plus heureuse qu'heureuse. Mais puisque je leur dis que. Les parents ça n'écoutent rien. C'est pire que des gosses. C'est têtus comme une fille.
A force, je ne sais plus trop où j'en suis.
A force, j'ai l'impression de ne pas être à la hauteur. Même avec Lui. Les parents parfois, ça vous fout un paquet de complexes, répercutés sur les parois de votre vie.
C'est angoissant, de vivre à l'ombre des autres, de se dire que toutes celle d'avant ont été bien meilleures, plus bandantes, plus un tas de choses. Parce qu'en fait au bout d'un moment, vous vous rendez-compte qu'il y en a eu tant d'autres avant vous qu'il a beaucoup plus aimé et que sur une échelle de 1 à 10, vous ne les rattraperez jamais même en prenant l'ascenceur.
Vous essayez d'être parfaite, vous frôlez l'absurde, vous ambitionnez de lui rebâtir une Tour Eiffel, ou au mieux d'avoir une nouvelle paire de seins.
Bref. Spas si grave. On est dimanche. Je profite de mon dernier jour du Seigneur de libre, du soleil de septembre, de la famille même si...
J'adore les premières semaine du mois. C'est surtout d'être une fille qui m'emmerde souvent.
05 juillet 2006
Chronique d'une monomanie annoncée

Shu Qi
monomanie . Altération partielle de la raison caractérisée par la divagation sur un seul sujet représentant une obsession (Source : Hachette, Dictionnaire pratique du français)
Je rencontrais mon premier monomaniaque chez Zweig. Son Joueur d'échec me donna un premier aperçu de cette pathologie. Je trouvais cela un peu effrayant dans le fond et me demandais comment dans la réalité, les gens pouvaient retranscrire cet état. Quelques mois plus tard, je me mis en couple avec l'un d'eux, ignorante encore des effets que cela pouvait provoquer dans une relation à deux. Je finis par comprendre que j'étais toute seule à vivre notre histoire, car lui ne se contentait que d'apparences qui le rendirent tout de même heureux un certains temps. J'aurais dû me douter dès le départ qu'une monomanie annoncée ne présageait rien de bon. Chanceuse comme je suis, je m'épris d'un homme qui n'aimait que les asiatiques. Une claque douloureuse pour une première longue relation.
Sans honte, lorsque je lui posai la question, il m'avoua que si j'étais blonde aux yeux bleus ou tout simplement européenne, j'aurais été une ombre à côté de laquelle il serait passé sans s'attarder. J'ai souvent souffert durant ces trois ans de ce sentiment d'être aimée non pas pour ce que j'étais réellement, mais pour l'image que je renvoyais. Il détestait ma manière d'écrire, dénigrait mes centres d'intérêts, se moquait de mes ambitions ("non mais chef de projet ça veut rien dire..."). La monomanie rend les gens obtus, égoïstes même, presque cons. Il ne regardait que des films asiatiques la plupart du temps, ne lisait rien d'autres que des romans du même type, adhéra aux philosophie orientales durant une longue période, se tatoua des choses ridicules pour ressembler aux samouraïs d'antan, blindait son pc d'Asian Fever et autres mochetés pornographiques de ce genre. Et moi j'étais jeune et conne.
Dans la rue, son regard dévisageait toutes les autres de mon espèce, et j'avais le sentiment que nous étions devenus des animaux. Je me sentais bien moins humaine, qu'une bête de foire qu'il exhibait. Je me doutais qu'un jour il partirait pour une autre. Et lorsqu'il me l'annonça, je ne fus pas surprise d'apprendre qu'elle était thaïlandaise.
Puis j'en ai rencontré d'autres, ai entendu les mêmes rengaines, constatais les mêmes obsessions, des refus catégoriques à sortir avec "autre chose" que des asiatiques. Je ressentis rapidement un certain dégoût face à ce genre d'enfermement de la pensée, puis suis devenue méfiante envers les hommes que je rencontrais. J'en suis encore à me demander d'où vient cette fascination de certains à notre égard. Si vous pouviez me dire sur quoi vous fantasmez exactement messieurs, ça serait gentil de votre part.
Je parle de lubie pour les asiatiques pour l'avoir vécu, mais il en existe tant d'autres. J'aimerais comprendre un jour les raisons pour lesquelles certaines personnes s'enferment dans ce genre d'attitude. Finalement, c'est comme si l'on stigmatisait tout ce qui ne concernerait pas l'objet de notre affection. Une mention "adhésion" pour tout ce qui serait en corrélation avec notre monomanie et une autre "négation" pour tout le reste. C'est un peu dommage non ?
Enfin je dis ça, je dis rien. J'étais pas monomaniaque des barbus à une époque ? Ah bah ui... Oui mais c'est passé, na ! Y a que les cons qui...


















