29 mai 2007
Parfois, quand je m'inflige des monologues intérieurs

Michelle Branch
Une solution. Vite. Qu'est-ce que t'attends. Des décisions. C'est quoi. Qu'est ce qu'il te faut? Un coup d'électrochoc ? Un coup de pied au cul ? T'as beau pleurnicher, le soleil continue son périple autour de la Terre. Les autres aussi font leur vie. Ca t'énerve qu'ils sourient pendant que toi tu chiales? Oui bah c'est comme ça. Je me suis souvent étalée dans ma cuisine, les oreilles plaquées contre le sol pour écouter ma tristesse ronfler dans mon ventre, tout en détestant les gens qui ne comprenaient pas pourquoi je faisais ça. C'est cool le spleen, c'est comme un petit chat qui ronronne à tes pieds. C'est tentant de se prendre d'affection. Sauf que le petit chat finit par se transformer en un truc pas très sympa qui te bouffe au final jusqu'au sang. T'as l'impression d'être la seule à avoir connu ça? T'as l'impression que personne ne te comprend? Genre avec 6 618 398 641 d'habitants dans le monde, tu crois que t'es la seule à... Est ce que ceux qui me ressemblent cassent des bouteilles d'alcool, jouent des tragédies, sont aussi égoïstes ?
Le monde tournoie. La déprime aussi, mais on s'en fout. Elle se fait chasser à coup de vent. Elle revient parfois, timide, puis féroce quand tu te fais plus faible. Ca sert à quoi. De se laisser embobiner par soi-même. Ah bah oui, c'est sympa d'être maso. Oh oui que c'est bon. Vous savez quoi. Oui je me suis déjà dis ça tiens. C'est bon d'avoir mal. Mais je ne sais toujours pas à quoi ça sert. A grandir ? On t'a déjà dit qu'il fallait souffrir pour grandir ? Moi j'avais juste entendu qu'il fallait souffrir pour être belle. Et encore. Je pense plutôt qu'il faut être sacrément riche.
Je sais que j'ai une propension à me tirer vers le bas quand je le veux bien. Mais quand je vois ça chez les autres, ça me fous les jetons, ça me met hors de moi, ça me congèle tout. C'est cathartique. Putain, tout ce temps perdu, ce temps sur lequel on crache avec celui d'une autre époque. On croit que c'est beau les superpositions. Que dalle. Les souvenirs. C'est beau en photo. Avec des cadres en plastoc de préférence pour ne pas les briser sous les coups de la colère. C'est beau la jeunesse. Je me sens... Je n'en sais rien.
Anesthésiée.
Commentaires
j'ai jamais cru que j'étais la seule, ce texte en est la preuve, j'aurais pu le rédiger... si j'avais ton talent d'écriture...
mais on est toujours seule face à son spleen par contre...
dans les moments importants on est toujours seul : naître, souffrir, jouir et mourir...
C'est vrai que sur le moment, on ne peut s'empêcher de "se sentir seul", même si cela ne reflète pas la réalité. Je ne sais pas d'où vient de sentiment de solitude extrême qui parfois fait hypra mal... Sans doute cette confrontation personnellle comme tu dis. Seul face à son spleen. Passé ce cap, heureusement qu'il y a l'entourage et les amis tout de même :)
tout à fait et heureusement!
encore que parfois on préfère gérer ça seul, enfin pour mon cas en tout cas. mais l'entourage change bien les idées effectivement...
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