22 mai 2007
Berceuse

Rose McGowan-Promotional Photoshoot Planet Terror
Il se fait tard et je n'ai pas sommeil. J'écoute Amy Winehouse. J'aime tout particulièrement la chanson Back to Black. Elle donne envie de se blottir contre, d'oublier, de se laisser bercer par la nuit. Je parle à ma So' qui a passé une vraie journée de merde, comme on aimerait en faire un beau Supprimer. Certains jours, il faudrait pouvoir détecter les fourberies de l'existence et rester lové dans ses draps un temps pour se protéger des agressions extérieures.
Avant hier, je suis retournée à la maison sans appréhension pour une fois. Ca m'a fait du bien de retrouver ma famille. C'était l'anniversaire de papa. Famille au complet, j'ai repensé à ma chance. Lorsque j'ai serré contre moi mon grand-père qui ne pesait plus que 40 kilos, mais qui me souriait encore, j'ai eu honte d'avoir voulu crever. Lorsque ma grand-mère s'est mise à pleurer lors de notre départ, j'ai eu encore plus honte d'y avoir penser plus d'une fois. Et puis lorsque j'ai parlé à mes parents et à ma soeur de ma rupture, j'ai compris à quel point ils s'inquiètaient tous pour moi. Quelle idiote, mais quelle idiote. Devant eux, je retiens les larmes, je serre les dents, la tête haute, la fierté bien accrochée dans un regard neutre qui voulait clamer une certaine distance vis à vis de tout cela. Je ne laisse rien transparaître, juste une once de fatigue et de lassitude, qui se noit dans un sourire bien joué. Sans fausse note, je les rassure. Ce qui dans le même temps me rassure moi-même. Ca va passer. Oui bien sûr, tout s'efface avec le temps, et un peu de poudre dans les yeux.
C'est étrange comme cette insatisfaction éternelle semble ridicule. Est-ce un manque de lucidité ? de reconnaissance ? Ou une propension à vouloir rester dans une phase de frustration sans faille et sans fin. Car aujourd'hui j'ai lu un texte de Jacques Salomé sur la souffrance et le bonheur d'une vérité saisissante. Il fait remarquer que nous pouvons aisément souffrir ou entretenir la souffrance en nous concentrons sur ce qui nous manque ou en nous comparant au voisin. Triste exercice que celle de la recherche des absences douloureuses. Quelle manie masochiste quand on y pense. A plusieurs reprises, il cite soeur Emmanuelle qui disait que « Nous sommes nés pour être heureux » et qu'« Il faut avoir le courage d'être heureux ! ». Du courage. C'est sans doute ce qui me manque. Le bonheur à l'état naturel, je ne sais pourquoi on essait de le martyriser en lui foutant du spleen plein le dos.
Certains jours, dans une colère folle contre moi-même, je m'avoue chanceuse. Mais je suis trop bornée pour le reconnaître à terme. Quelle folie cette tristesse lancinante. Je voudrais commettre un meurtre et lui foutre un coup de poignard dans le coeur à cette foutue tristesse. Salope.
C'est con. J'ai toujours eu peur de me perdre dans une vie routinière et la vérité est que je suis assez loin de tout ça. Ces derniers temps, la violence et les pleurs sont devenues des banalités superflues, des poisons dont il faudrait vider les flacons un à un. Je ne veux plus de tout cela. Note pour moi-même : arrêter de me plaindre.
Bref, ceci étant, sans transition, ce soir, j'ai fait des cookies, à déguster avec du bon lait.

Ensuite, je suis allée marcher un peu. Car j'aime les balades nocturnes sous les étoiles, musique talbourinante dans les oreilles, les yeux un peu dans le vide, qui ignorent les badauds de la dernière heure. Je prends quelques clichés, assise sous la Grande Arche, histoire d'immortaliser ces quelques instants de sérénité.


La nuit persiste, je rentre doucement.
Il faut aller dormir maintenant.
Tout va bien. Bonne nuit.
Commentaires
j'ai l'impression de me lire ...
Moi aussi je suis sous le coup d'une rupture et je viens de rentrer de plusieurs jours chez mes parents!
^_^
Joli récit.
Chez moi les insomnies sont propices à l'introspection : on réfléchit sur son passé, son futur, on prend du recul...Dans le fond c'est une attitude bénéfique, mais le travers, c'est qu'on a tendance à tourner en rond sur ses petits problèmes, et qu'on devient son propre bourreau, allongé sur son lit en regardant le plafond...
Comme tu dis, ça vire trop facilement "à une manie masochiste", on arrête de pas de se ressasser ses vieux regrets, ses actes manqués...aux chiottes, oui !
Généralement, au réveil, on se sent mieux !^_^
Coucou Etincelle. Bon courage pour l'après rupture. Spas évident, mais on s'en relèvre ;) bisouxx
GG> Ca faisait longtemps que je n'avais pas fait d'insomnie. Généralement ce sont des soucis ou au contraire l'excitation d'une vie meilleure. En ce moment, même si tout n'est pas rose, je crois que je suis excitée à l'idée que tou va aller mieux maintenant :)
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