20 février 2007

Entre deux averses

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Christina Ricci

Je suis peut-être trop occidentale pour ne pas souffrir des réactions de mon père. Née au Vietnam, je ne me souviens de rien, tant les six mois passés là bas à ma naissance semblent dérisoires. Six mois durant lesquels j'ai eu juste le temps de choper la méningite, d'essuyer de justesse la mort et de venir en France m'installer avec ma famille. Je ne peux même pas dire que j'ai un pied ici, et l'autre dans mon pays d'origine. Ma soeur dit que ma situation a ses avantages et ses inconvénients. L'avantage de ne pas me sentir déracinée, mais en contre partie, je ne bénéficie pas de cette double culture qu'il est bon de porter en soi. Bien qu'en famille je parle vietnamien et porte certaines valeurs de ma terre natale, j'ai été façonnée par la société française.

Je me rends compte que quelque part, je ne peux affirmer être totalement mono-culturelle. Certes avec ma famille, le poids de ma culture occidentale pèse lourd. Combien de fois ai-je entendu ma mère dire "tu es devenue comme Eux". Tandis que dans d'autres domaines, je sens que les valeurs inculquées par mes parents ne peuvent se défaire de certains de mes comportements et pensées.

Ce week-end fut éprouvant. Mon père étant totalement contre mon emménagement avec Lui. Une question de valeur que je comprends, mais que je n'adhère pas. Pour lui, nous n'avons pas encore atteint l'étape qui permet la vie de couple. Une vision que j'ai du mal à faire passer dans mon esprit "je prends la vie comme elle vient, si ça ne marche pas on splittera. De toutes façons nous sommes des adultes responsables" Les gens prennent souvent la vie à deux comme un engagement fort. Il l'est certes, mais à 22 ans, ce n'est pas comme si on allait se marier. Mais comment pourrais-je le dire à mon père, devant qui je me comporte comme comme une gamine pétrifiée par l'autorité paternelle. Je ne dis jamais rien. Je me sens incomprise, mais je le comprends. J'ai l'impression de transgresser quelque chose alors que je ne fais finalement rien de bien mal. Vivre à deux au bout d'un an, ce n'est pas un crime, si?

Ce qui me rend triste, c'est de décevoir mon père. Souvent j'ai l'impression que nos parents voient plus ce qui est mal pour nous, au lieu d'essayer de comprendre le bonheur que cela peut nous procurer. Une fois de plus, je comprends qu'ils veuillent me protéger, me transmettre leur sagesse. Mais je ne veux pas passer à côté de ma vie.

Ma soeur n'a pas parlé à mon père pendant trois ans, lorsqu'elle a emménagé avec sa première copine que mon père n'aimait pas. L'homosexualité et une copine trop imparfaite, ça en faisait trop pour lui. Pour moi, il a simplement dit "c'est la dernière fois que je te le dis. Tu fais ce que tu veux. Je ne suis pas d'accord, mais ce n'est pas pour ça que je t'aimerais moins" En un sens, ça m'a un peu rassuré, mais psychologiquement, j'ai l'impression de faire un truc moche.

Ma mère elle ne dit rien. Elle vit à travers moi. A mon âge, mes grands-parents lui avait interdit d'être avec celui qu'elle aimait. Alors elle vit dans ses regrets, en voulant m'épargner ça. Ca, c'est de souffrir en amour, parce qu'elle même en a bavé. Malgré sa vingtaine d'année de mariage avec mon père, elle nous a prévenu ma soeur et moi que dès la disparition de mes grands-parents, elle quitterait mon père. C'est dur à encaisser.

Parfois, je suis là devant ma vie, je serre les dents, je regarde le temps passer, comme si j'assistais à un mauvais film. J'encaisse tout ce qui se dit, regarde les gens pleurer, souffrir, se chamailler. Je serre mon grand-père dans mes bras en sachant que ce geste n'est pas éternel. Je peste contre ma mère parfois, mais elle me fait tant de peine. J'ai envie d'avoir une simple, mais j'ai l'impression que c'est de famille que d'être névrosé.

Je les aime tous. Ma famille, mon copain. Je n'ai envie de faire souffrir personne. Je souffre de cette situation, je veux trouver une solution. De toutes manières, ça sera bientôt boucler. Nous avons déposé notre dossier auprès de l'agence immobilière car nous avons trouvé notre appartement idéal la semaine dernière. Je dirais à mon père que ma relation est assez sérieuse pour tenter la vie à deux. Quant à moi, je vais encore devoir payer des séances de psy, car je ne suis pas encore assez proche de la sortie.

Chuchoté par sukie à 10:40 - Cr(A)chOiR - Com' tu dis [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Personne ne sera jamais complétement satisfait de la situation, quoi que tu fasses...alors pense à toi et à vous, emménage avec Lui, tente le coup, si ça se passe mal, vous aviserez...
L'impression que malgré ce qu'ils peuvent te dire, la pilule a du mal à passer vis à vis de tes parents...ce ne sera sans doute pas la dernière fois.Mais c dans l'ordre des choses non ? on quitte sa famille, on trouve quelqu'un qu'on aime, on fait des projets à 2...Tu ne les aimeras pas moins eux, et eux sans doute pas non plus, ce ne sera jamais parfait, mais au moins, tu auras essayé...
Bon courage et bonne chance,

Amicalement.

Chuchoté par LiLy, 20 février 2007 à 11:12

On grandit tous et on devient des adultes. Nos parents nous verront toujours comme les bébés qu'on a été parce qu'ils veulent nous protéger, mais plus le temps passe et plus ils le font à leur manière, de façon égoiste parce qu'ils veulent nous garder pour eux. Mon père a haït mon ex copain quand on a parlé installation, fiançailles, mais en fin de compte il était fier parce que je prenais ma vie en main, et ton père se fera surement une raison, en tous cas je te le souhaite de tout mon coeur. Et puis si tu n'es pas à Courbevoie, où se feront les raclettes, les Soul Calibur 3 ? Bon courage à Lui et toi, vous le méritez :) Et gros bisous et à jeudi !

Chuchoté par Isatys, 20 février 2007 à 12:32

Bon courage tite Sukita, aucun conseil a te donner, juste un enieme compliment : c'est un plaisir constant de te lire te demmerdant avec la vie.. Et encore une fois je suis d'avis que tu le fais mieu que beaucoup....

Une question tout de meme : Souhaitons-nous vraiment nous débarrasser de toutes nos merdes?? Les tiennes ont forgé cette pure nana que t'es devenue, les accepter ne serait-ce pas une maniere de renflouer la nevrose?


Treve de ca, jvous kisse les techlovers, prenez soins de vous et des gens, je pense a vous de mon coin d'Oceanie..
Beezoo..

Chuchoté par igou, 20 février 2007 à 12:49

Au mieux, tout se passe bien et c'est la fête.

Au pire si ça se passe mal, ton père te ramassera en te disant *je te l'avais bien dit*, mais cette expérience t'auras beaucoup appris. Tu n'as rien à perdre au fond, puisque tu sais que Daddy t'aimes de toutes façons!
Les prises de risques c'est important (sauf si tu veux vivre comme ta mère)

Chuchoté par Mai, 20 février 2007 à 14:56

Pas simple ... j'ai longtemps vécu une situation similaire avec mon pere. Il me jugeait bokou, moi aussi du coup. Il me désignait volontaire pour de nombreux choix capitaux, souvent de mauvais choix avec le recul. Puis le déclic : je prends ma vie en main, n'en dé"plaise à quiconque (pas sur de l'orthographe là ...). Conclusion ? Beaucoup de tension, de distance puis dialogue de fond et complicité comme jamais. Nous sommes proches aujourd'hui (à 33 ans) comme nous ne l'avons jamais été. Nous nous appelons pour rien, juste prendre des nouvelles. Bref, je parle de moi pour dire simploement que nos parents veulent le meilleur pour nous, même si c'est à l'encontre de nos volontés. Ils ne sont pas tendres, pas diplomates mais nous aiment plus que tout. Ils s'adaptent la plupart du temps, mais ça peut être long ... tres (trop) long pour certaines familles.
Seul conseil : prendre sa fierté, sans changer de position, et la mettre entre parenthèses. Ca aide énormément.

Bon emmégament futur et tout le bonheur à vous 2 !

Chuchoté par Deweysax, 21 février 2007 à 15:06

Merci infiniment pour vos conseils et vos encouragement. Avec le temps et du recul, ça ira certainement mieux. Et puis c'est aussi un cap à passer lorsqu'on se sent encore entre l'adolescence et le monde des adultes. D'un côté on aimerait jouir de sa propre liberté, de l'autre, on a du mal à se détacher de l'opinion de ses parents. De toutes façons, c'est avec ce genre d'épreuve que se forge certainement la maturité. So, just go on !
bisous

Chuchoté par sukie, 21 février 2007 à 16:03

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