21 octobre 2006
Vivre chaque jour comme le dernier

Sandra Oh
Tu as le droit d'être heureux. J'ai le droit d'être heureuse.
Je pensais que le monde était divisé en trois catégories de personnes. Les bons, les méchants, et les torturés, qui naviguent entre le bien et le mal selon leur humeur.
Je suis consciente que certains me détestent, me méprisent, que d'autres encore peuvent m'en vouloir de les avoir blessés depuis tout ce temps. Je sais que la perfection n'est pas mon fort, je suis désolée pour toutes ces choses que j'ai pu faire dans ma vie et que je pourrais regretter aujourd'hui.
Tu sais bien que je ferais tout pour toi, mes amis, qu'en ce moment, je me sens coupable de ne pouvoir vous rendre plus heureux.
Mais jusqu'à présent, personne n'avais jamais essayé de me bousculer jusqu'au bord du précipice pour me regarder sauter.
Tu sais la douleur que j'ai ressenti hier soir. Tu sais combien j'ai eu mal sur le moment. J'ai eu l'impression de me voir, plantée là au milieu du salon, assassinée sauvagement, sans avoir mon mot à dire. C'est comme ils disent dans Severance, quand tu te fais couper la tête et que ton cerveau a encore le temps de se voir rouler loin de ton corps. J'ai cru qu'on m'ôtait la vie, que le temps s'est supendu, que mes membres ont été déposédés de toute faculté.
20h37. Le téléphone sonne. Un numéro anonyme. Une voix de fille, inconnue, à l'autre bout du fil. Elle me dit que je ne la connais pas, que je vais l'écouter attentivement, qu'elle n'a rien contre moi, que c'est à Lui qu'elle en veux. En quelques minutes, elle démonte le bonheur que j'ai accumulé cette semaine.
D'une voix qui paraît affectée, elle m'annonce que mon petit ami m'a trompé au mois d'août-septembre, me parle de la pause que nous avions faîtes Lui et moi et qui m'avait tant bouleversée. Puis qu'ils ont fait l'amour, et la première fois qu'ils l'ont fait, il l'a mise enceinte, qu'il l'a forcé à avorter, qu'elle a fait une fausse couche, que c'est un monstre, qu'il l'a abandonné, qu'il l'a ordonné de faire des tests pour s'assurer que l'enfant... Et puis comme pour me convaincre, elle force dans le détail et c'est à ce moment là que j'ai senti le couteau pénétré dans ma chair. Je me suis effondrée par terre, je l'ai écoutée. Le couteau s'est enfoncé plus encore plus encore et j'ai chaviré.
Pourquoi me demande t-elle si,comme elle, je dors avec toi sur le clic clac, comment sait elle que je mets Angel, et ce détail physique qu'aucune fille ne pourrait me citer à moins de t'avoir touché. Pourquoi me raconte-t-elle ta vie comme si elle t'avais toujours connu alors qu'elle dit t'avoir croisé furtivement, lorsqu'elle est entrée dans ta boîte. Elle a continué à me donner moults détails, me demandant comment j'ai pu ne pas me rentre compte qu'elle passait des nuits chez toi alors qu'elle laissait des lingettes démaquillantes dans la poubelle de ta salle de bain. Le plus fort, c'est lorsqu'elle m'a dit qu'elle savait lorsque j'étais réglée...
Elle me dit que tu m'aimes, que ça va durer entre nous, que c'était une erreur. Mais qu'elle t'en veut, de ne pas avoir pris des nouvelles depuis...
Je me suis mise à pleurer. Même pas pour moi. Pour elle, son enfant. Comme si je regardais un film sauf que j'étais en plein dedans. Tu n'imagines pas à quel point j'ai eu mal. je lui ai dit "je suis désolée pour ton enfant..."
C'était quelques heures en arrière. Depuis j'ai relativisé. Chacun des point qu'elle m'a cité peuvent être démontés, sauf que je ne comprends pas pourquoi tu lui a raconté notre vie...
Bien sûr, je ne te connais que depuis six mois. Mais j'ai envie de te faire confiance. Et je sais à quel point tu as été présent pour moi chaque fois que j'ai été mal. Je sais que tu n'aurais pas pu vivre avec cette histoire sur la conscience en faisant comme si de rien n'était. A moins que tu saches mentir à merveille et qu'effectivement tu es un monstre. Mais je ne le pense pas. J'ai senti dans ton étreinte, hier soir, lorsque nous nous sommes retrouvés, la sincérité d'un homme qui a eu peur de voir notre couple foutu en l'air. Je sais comment tu es, j'ai appris à te connaître au fil des mois.
Je sais ce que tu m'as dit, qu'elle se vengeait parce que tu as refusé ses avances.
Alors moi je me suis vengée. Je ne veux plus me laisser faire, je ne veux pas souffrir gratuitement.
J'ai rappelé la fille. Elle a continué a me dire que tu étais un monstre, que je devrais te quitter. Alors je lui ai simplement annoncé que tu avais omis de lui dire que j'avais une maladie grave, que j'allais bientôt mourir. Je lui ai redit que j'étais désolée de tout ce qui s'était passé, que j'avais même pas 22 ans, que j'allais bientôt crever, que je t'aimais et que tout ça n'était pas grave. Je lui ai souhaité une bonne continuation. Elle a paru désolée, elle a rajouté "tu devrais d'autant plus le quitter. Je sais que tu es aussi mal que moi. Je suis désolée, mais je devais te dire avec quel genre de mec tu es". Elle a proposé de me rencontrer pour en parler. J'ai refusé. je ne veux pas la voir. Je risque de lui vomir dessus.
Non je ne suis pas fière d'avoir dit ça, pour la maladie, mais au moins, elle se sentira peut-être coupable d'avoir fait ça à une mourante. Je ne sais pas ce qui m'a pris. La folie. La colère. L'envie de ne pas être la seule à être dupée là dedans.
Peut-être que je me trompe. Peut-être que j'ai tort de croire que comme dans les films, il peut y avoir une justice.
Je ne saurais jamais la vérité. Celle qui compte est la mienne.
Parce que je tiens à toi et que cette histoire, c'est un peu comme une fable qu'on raconte aux enfants pour leur faire la morale.
La morale c'est que la vie est bien courte. Qu'il y a des gens torturés prêts à tout. Qu'on est jeunes et que l'on fait beaucoup d'erreur certes, mais qu'en amour, il faut savoir faire confiance.
Et puis comme je te l'ai dit, même si c'était vrai. Je m'en fiche. Je sais que tu n'a pas couché avec elle et même si c'était le cas, elle n'a pas pensé à moi sur l'instant. Qu'elle aille se faire foutre avec son histoire.
Oui j'ai mal et même si je mettrais du temps à oublier cet épisode, je me dis aujourd'hui qu'il se passe trop de choses pour s'arrêter sur des détails.
J'ai enregistré son numéro dans mon répertoir, je l'ai appelé "la salope abandonnée". Bref.
Je veux juste vivre, être heureuse, être du côté de ceux qui font ce qui leur paraisse juste.
Je veux te rendre heureux et c'est tout.
Je t'aime.
Et merci Milou et Juju d'avoir été là pour moi hier soir. Ca n'allait vraiment pas, je suis contente d'avoir trouvé l'écoute de deux amies formidables.
Maintenant il faut aller de l'avant.
Je ne cautionne rien dans cette histoire, surtout pas ces horreurs qu'elle m'a dites. Je veux juste croire que tout ceci est un tissu de mensonges et qu'il existe une jusctice ici-bas.
Et dire que ce week-end je voulais vous raconter combien c'était merveilleux de boire du champagne au 33è étage d'un superbe hôtel parisien avec des hommes d'affaires...
Ca sera pour une prochaine fois.
Bon week-end.
Commentaires
....
Tout simplement je pense à toi Miss.
F.
Tu as raison : c'est TA vérité qui compte, et non celle de cette salope frustrée et mythomane.
Ton article m'a littéralement retourné. Même si on se connaît pas, sache que je t'embrasse fort (faible réconfort en effet) et que j'te souhaite le meilleur, sincérement.
Je ne sais vraiment pas comment tu fais pour vivre des histoires pareilles. Ma vie me paraît bien pauvre en rebondissements fabuleux (qui tiennent de la fable hein, c'est de là que vient fabuleux). En tout cas, il est souvent difficile d'oublier une confiance ébranlée mais le quotidien et les preuves d'amour aident beaucoup.
Plein de courage ma sista :x
Je suis de tout coeur avec toi.
Soutien inutile d'un inconnu mais fort soutien quand meme.
Courage miss !!!
Les bloggeurs n'ont pas de déprimer en même temps. C'était moi prem's !
Je déteste les salopes frustrées !
Courage !!! bisous
dslée de n'avoir pu être là pr toi hier...
on se voit demain...
les gens désespérés font souvent des choses... désespérantes...
tu as raison de Lui faire confiance.
bisous cocotte
je pense bien à toi
Quel choc ça a du être. Tu m'as l'air d'être un ptit bout de femme bien résistant. Pein de baraca à toi.
Bécots
Si tu fais vraiment confiance à *Lui*, efface donc le numéro de la nana dans ton répertoire.
C'est juste mon opinion....
a+
Truc de ouf.
Peace. SPirit, ce con.
J'ai vécu la même histoire il y a six mois et ça me travaille toujours même si je lui fais confiance je suis encore plus méfiante qu'avant.T'as fait le bon choix,j'espère que tu oublieras vite cette sale histoire
J'en reviens pas que de telles connasses existent,elle s'appelle pas kira par hasard? ;)
tu as une façon de prendre la chose qui m'épate !
mon homme aussi m'a trompée il y'a maintenant 3 mois. Je lui ai pardonné, je n'oublies pas quand même. Et la "garce" en question m'a envoyée un mail le mois dernier pour me dire qu'il portait peut-être une MST. Parce qu'elle pensait que je le quitterais. Il y'a des filles désespérées... J'ai failli répondre que je savais pour la MST qu'elle avait inventée en mentant sur le fait que c'était moi qui l'avait refilée à mon cheri... Juste pour qu'elle flippe de sa connerie. Bref, moi je lui fais confiance de la même façon que toi avec Lui, et ça vaut la peine :)
Plein de bisous et une bonne dose de courage pour toi miss.
Putain... ça m'a vraiment retournée de lire ça. Y'a rien de pire que de recevoir un appel comme celui-là, je sais, je l'ai reçu aussi, l'an passé.
Je comprends pas ce genre de fille, qui te dit des horreurs pareilles juste pour te faire mal, le pire, c'est que ça marche très bien... trop bien.
Courage, et préserve ta vérité... C'est la seule qui importe.
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