31 mars 2006
En avril, enlève ton jean

Gillian Anderson
Absente quelques heures (+ 48). Bises d'un dernier jour de mars, qui traitrement a encore fraternisé avec ce papy de ciel grisonnant. A tout bientôt.
Pour me faire pardonner, je vous laisse cette petite friandise. Faisons donc un petit détour du côté de la promo étonnante de la nouvelle ligne de fringues Shaïwear. Du marketing viral, clairement orienté sexe, puisque la marque a fait appel à Marc Dorsel pour réaliser ses clips.
Voir ça, bande de pervers ! (contenu pornographique, âme sensibles s'abstenir)
29 mars 2006
Forgive you is forgive me

Clotilde Courau
Pardonner. Comme je l'avais évoqué précédemment, je ne pense pas que ce soit un geste anodin. Il est certes plus facile de cultiver la rancune et l'acrimonie au fil des jours, parce que l'autre nous a infligé des blessures qui ne nous auront pas laissé indemne. Et poutant, dans cet acte, il faut voir une double libération. Celle de l'autre, prisonnier de notre propre colère, et la nôtre, portant finalement le poids d'une histoire inachevée. Car le ressentiment ne peut être une fin acceptable. La vie n'est pas hollywoodienne, on ne peut courir éternellement derrière les happy end, restons réalistes. Mais je me rends bien compte que passer l'éponge sur certaines histoires permet d'avancer. Briser quelques chaînes et se sentir plus léger, c'est le sentiment que j'ai vis à vis de mon divorce progressif avec certaines amertumes mal digérées.
Aller de l'avant. Parce que la rancoeur est si pesante parfois qu'elle nous coule dans la rivière avec une pierre accrochée autour du cou. Avoir le courage de la détacher et remonter peu à peu à la surface de l'eau. Respirer. Se sentir libre, vivre. Geste salvateur, indispensable à l'assainissement de notre fosse sceptique des sentiments. Et Dieu sait qu'il y a un paquet de puanteurs derrière nos sourires. L'Homme est imparfait. Je ne vous apprends rien.
Qu'est ce que ça nous avance, on a toujours vécu comme ça ? Prenez l'exemple - au hasard bien entendu - de la trahison amoureuse... Arrêter d'en vouloir à l'autre, c'est également stopper ce jeu de l'amalgame et arrêter de s'en prendre à toutes les personnes du même sexe, si vous voyez ce que je veux dire... Personnellement, je crois que si j'arrivais à faire la paix avec un seul homme, c'est avec tous les hommes que je me réconcilierais. Passé la rancoeur liée à la félonie de l'ex, il est évident que j'arrêterais de penser que la plupart des mâles sont des salauds. Et je me permets de croire qu'un nombre considérable de filles, s'étant fait amocher le coeur par un garçon, ont cette propension naturelle à devenir méfiantes et les prendre tous pour "les mêmes" - ou si je puis-dire, LE même. Combien de fois ai-je entendu "je paie les pots cassés d'un seul homme". C'est vrai, c'est injuste. Alors les gens, signez plutôt un CPE à vos aigreurs et n'hésitez pas à les licencier au plus vite sans raisons. La rancune mérite un statut précaire.
Et puis je dis tout ça parce que cette ex meilleure amie ne m'a toujours pas pardonné pour l'avoir quitté un jour pour un homme - qui à l'époque je n'aimais pas (c'est le problème de beaucoup d'amitiés féminines lorsque ça devient fusionnel). Elle a beau dire qu'elle ne m'en veut pas et que tout simplement la vie a voulu séparer nos chemins...Mais au final, aujourd'hui j'en suis réduite à lui envoyer des mails sans réponses, des relances tous les six mois, prologation de l'exercice de rp de bonne foie. Ca va faire quatre ans, elle n'a rien oublié sans doute de ma trahison. Je comprends les raisons de son mutisme. Il y a six mois, lors d'une énième tentative de réconciliation, elle m'expliquait dans un retour de mail, tout ce qu'elle a pu ressentir des années auparavant. J'ai pris conscience à ce moment là à quel point j'ai été aveugle. Mais j'aurais aimé qu'elle me dise tout ça sur le moment, et non pas x saisons plus tard lorsque tout a été englouti sous une tonnes de neige, de pluie, de feuilles mortes et autres intempéries. Je lui demandais simplement des nouvelles, pas de remonter le temps... Mais je crois qu'il va falloir attendre que l'Océan Pacifique coulent sous les ponts, et encore...
Note pour plus tard : Ne rien garder pour soi lorsqu'il s'agit de sentiments aussi forts. Les silences tuent tant de choses...
Voilà, je crois que tout est dit. Peut-être que pardonner, c'est aussi une preuve de maturité. Prendre du recul face à la souffrance qu'on a pu ressentir, ce n'est pas simple. Tout est tellement facile à dire... Appliquer est une autre paire de manches. L'objectif n'est pas de revenir en arrière. Toute erreur commise ne peut être effacée. C'est inscrit au marqueur, indélébile dans l'histoire de chacun. L'objectif c'est d'avancer, avec un caillou en moins dans les bask'.
Technorati Profile
28 mars 2006
Love etc.

Cate Blanchett
Comme le disait très justement Jean Cocteau : Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Nul besoin d'être amoureux transi pour faire savoir à l'autre qu'on tient à lui. Je crois qu'il n'est pas dérisoire de donner de l'importance aux gestes, aux attentions, à quelques mots doux, expressions simples des sentiments. C'est important. Aussi jouissif qu'une levrette à 11 heures du soir.
Je plaisante. Presque.
Rien n'est jamais acquis dans une relation. Au début, au milieu, à la fin. Chacun est conscient qu'il faut alimenter le moulin pour le faire tourner. Vivre une histoire qui implique des sentiments sans réellement s'investir, c'est risqué. Aimer à moitié en se laissant porter au gré du vent au tout commencement, et des "on verra bien", c'est déjà mettre un pied dans l'indifférence et l'engrenage dangereux de la routine du couple sans effort. Les sentiments amoureux ne naissent pas du néant, ne tombent pas du ciel, ça va de soi. Ils s'épanouissent dans un chou ou une fleur, tant qu'ils sont soigneusement bichonnés.
Post-it : arroser quotidiennement pour ne pas laisser faner.
Définition de l'amour : Source d'oxygène et lumière en pleine nuit.
Amour niais, idéaliste, sans concession. Ca doit picoter dès le début, remuer l'estomac, foutre des frissons au coeur qui se hérisse à chaque battement. Boum Tchack Boum. Impact du premier regard. Finalement les histoires qui durent sont celles qui s'immiscent doucement, sans brutalité, débutent par un jeu de séduction. De l'art de se chercher et se laisser glisser vers l'inconnu qu'on n'attend pas. Se pencher du côté où rien ne se dit, mais se suppose aisément. Se languir, se manquer, se dire que. Douter, puis se lever un matin en étant vraiment sûr parce qu'elle est arrivé, cette effusion de sentiments tant recherchée, dans la boîte aux lettres, au coin du lit, comme une bonne nouvelle, celle qu'on chantonne avec un sourire niais accroché aux lèvres sur le quai d'une gare. C'est gagné.
Chacun attend bus, train, bateau, quelqu'un. Peu importe tant qu'il nous emporte sur les flots, sans tanguage, euphorie et bonheur pour seuls bagages. Tourbillon des sentiments. L'humain est ainsi. A la recherche du plaisir et de la satisfaction. On court après le bonheur, sans se l'avouer. On attend quelqu'un, sans prendre de ticket pour la file d'attente.
Je ne me lasse pas de croire que quelqu'un, quelque part existe, only for me, and for nobody else.
La leçon du mois. La tolétance. Parce qu'aimer l'autre tel qu'il est, dans la différence, c'est faire preuve de modestie et prendre conscience qu'on est soi-même imparfait. Et comme trouver son idéal, c'est un peu comme croire au Père Noël en plein été, je veux bien vous dire... au fait qu'est ce que je voulais vous dire...
Bonne journée.
26 mars 2006
Lorsque tout recommence

Kate Winslet
Penser à se reconstruire. Les jours s'enfilent comme des perles. A mon cou, le collier se resserre. I can hardly breathe. Je vis en apnée. Je deviens workalcoholic. La vie d'adulte m'engloutit. Ma meilleure amie s'apelle Routine. Violente et indécente. Agressive, mais je l'apprivoise. Peu à peu elle se fait docile. Les nuits viennent trop vite. Les jours raccourcissent. Forcément, on dort une heure de moins depuis aujourd'hui. Qu'est ce que ça change, si ce n'est que je dors encore moins que moins. Les semaines sont des voies à sens uniques. Impossible de revenir en arrière. Il faut avancer jusqu'au prochain carrefour, choisir la bonne destination. Ne plus avoir peur des erreurs de parcours, des accidents de la route. C'est à force de se blesser qu'on ne risque plus d'avoir mal. A force, on devient insensible. C'est bien là le problème.
Qu'est ce qu'il y a de pire que de perdre le contrôle de sa vie ?
Qu'y a-t-il de plus jouissif que d'avoir le sentiment de reprendre le dessus ?
Je me donne une seconde chance. Il faut savoir se pardonner. Le plus dur c'est d'être indulgent avec soi-même. Réussir à se regarder en face, après avoir été défiguré par les vicissitudes de la vie, par soi-même surtout aussi. J'ai presque tout foiré en croyant avoir tout compris. J'ai tout foiré parce que j'ai cru que je pouvais tourner la page en écrivant à la va vite un tas d'autres choses par dessus. La vie, un palimpseste ? Des écritures sucessives qui n'en effacent pas d'autres au final. Crétine. Recommence sur une page blanche.
Un nouveau départ.
En continuant le nettoyage de printemps de ma chambre, j'ai trouvé ce cd sur lequel j'avais écris au marqueur "L'histoire de notre amour. NOTRE HISTOIRE. Pour que tu te souviennes que je t'aime. T." Cinq minutes avant cette découverte, je me demandais comment j'avais pu l'aimer si fort, que jamais je ne recommencerais si c'était à refaire, je le traitais intérieurement de connard. Je n'en pouvais plus d'être harcelée. J'ai maudit ma naïveté, la propension de l'Homme a donné tant d'importance à une première grande relation. C'était notre troisième rupture. Peut-être la plus violente. Et puis le cd s'est mis en route dans le player et j'ai compris. J'ai pris soudainement conscience que je n'avais été réellement amoureuse qu'une seule fois dans ma vie et qu'en trois ans j'avais tout donné. Aujourd'hui mon amertume découle de cette coquille vide qui se laisse balloter au gré des jours. Tout donner, c'est se vider pour l'autre de son âme, de son coeur et de son corps, essayer d'offrir le meilleur de soi-même, ne jamais rien compter, s'efforcer de construire un bonheur durable en s'oubliant même un peu... Première erreur. J'avais été entière avec lui. C'était forcé qu'on me retrouverait en morceaux, même plusieurs mois après. Pour le faire revenir donc, j'avais retracé le film de notre histoire. Une demi heure de flash back, sans violence, sans regret. Je nous ai revu, quelques années de moins, l'idéalisme en plus. Je me suis mise à pleurnicher comme une gamine, parce que malgré l'évaporation de mes sentiments à son égard, j'arrivais enfin à me souvenir du pourquoi... Tout s'est évanoui et pourtant cet amour était bien réelle, pas tout juste une hallucination. Finalement, ce film, je l'ai peut-être aussi fait un peu pour moi, parce que je savais pertinamment que ce n'était pas un amour éternel et qu'un jour j'aimerais revoir ces images qui m'en diraient long sur celle que j'étais, celle qui était encore capable d'aimer.
Sept mois plus tard, je crois que j'ai enfin trouvé la sortie. Parce qu'il m'a dit "Je ne t'embeterais plus, cette fois c'est vraiment fini". J'ai poussé un soupir. Ca y est, je vais enfin pouvoir recommencer une nouvelle vie. La page se tourne définitivement. Je ne vous parlerais plus de lui. Pour la première fois, je l'ai senti sincère."Tu est triste qu'on ne soit plus ensemble ?" "Je l'ai été, je ne le suis plus". La pluie tambourine. Mes larmes coulent de joie.
J'ai aussi retrouvé ce poème, écrit par lui il y a quelques années de cela, lorsque notre amour vivait son zénith. Il sonne comme un haïku, naïf et sans effet. Mais c'est aussi pour me souvenir une dernière fois de cet amour réciproque, parce que de nos jours il est de plus en plus en plus difficile d'en vivre intensément. L'histoire s'achève avec ce post. Un dernier clin d'oeil à celui que je remercie au final de m'avoir fait grandir.
Je jette dans la pluie de mars les cendres de notre amour. Ils s'en iront rouler dans le caniveau.
Printemps et automne
Notre amour est comme le bambou
Se courber quand le vent souffle
Mais se redresse toujours quand le calme revient
Sans fleur, ni branche.
iL est là, simple.
Notre amour est comme la fleur de cerisier.
Ses fleurs blanches commes la neige,
Semblable à la pureté, douceur...
Et toi, mon coeur.
Fin.
22 mars 2006
Gris comme un printemps 2006

Nicole Kidman
Matin ordinaire
Sans fard à paupières
Miroir trouble
Reflet d'une étrangère
Sous les yeux fatigués
Quelques cernes mal dessinés
Témoins des nuits trop courtes
Aux songes si vites flambés
Coiffure un peu fauve
Chemise et t-shirt mauve
Bottes usées, mal cirées
Manteau serré, déboutonné
Enfiler la routine
D' un geste malhabile
Dehors le jour agresse
Douleur d'un ciel couleur poivre
Derniers soupirs d'hiver
Premières pluies du printemps
Quelques flocons timides
Lèchent les trottoirs sales
Quais de gare bondés
A longer en rêvassant
Le train m'emporte
Capitale me voici
21 mars 2006
Riots in towns

Michelle Williams
Nous avons passé la soirée dans un petit restau coquet près d'Arts et Métiers. Après une coupe de champagne, des rires éclairés à la bougie, des ptits ragots frais et quelques bouchées de délicieux mets, j'avais presque oublié qu'elle s'en allait. Six mois, c'est à la fois si long et si court. Dérisoire dans une vie, la moitié d'une année, le temps si vite passé, on ne s'apercevra pas que tu es partie et pourtant tu nous manque déjà. A côté de nous, quelques uns buvait de l'absynthe, d'autres philosophaient sur la Chose publique. Des intellectuels qui politisaient la vie, parlaient de CPE, d'injustices sociales, de François Ozon vers la fin. Toutes les quatre, nous pensions que les gens faisaient beaucoup de bruit pour peu de choses. Nous avons évoqué un instant nos dirigeants, délaissant bien vite le sujet avec la conclusion qu'il était bien difficile de trouver un leader politique qui en valait réllement la peine. Le serveur avait une drôle de coupe, on s'est dit que sans, il aurait pu être mignon. J'ai éclaté de rire en voyant la photo de l'amoureux secrètement transi de Milou, faisant remarquer à l'inverse qu'avoir des cheveux ça changeait sans doute un homme (car il était chauve). Au moment de se quitter, au bout de le rue, j'ai serré Lulu dans mes bras, j'ai senti de la tritesse, mais j'ai contenu mes larmes, les gardant précieusement pour en faire des confettis que je jetterai à son retour sous les hourras.
Le printemps aujourd'hui. Sous le ciel gris de Paris, la fatigue de mi-mars, le travail acharné, les vacances si loin devant que je me demande un jour si je les rattraperais. Bonne nouvelle vers 17 heures lorsque Juju m'appelle pour me dire qu'on a reçu sur nos boîtes mail les résultats de notre oral de production multimédia. Une jolie note qui fait plaisir aux yeux, à l'égo aussi et surtout la récompense de dizaines d'heures de sommeil passées à la trappe. Mon boss m'annonce aussi qdans la foulée que j'aurais bientôt ma propre carte de visite agence. - On mettra "Chef de projet" pour les clients. Une semaine et des poussières de stage et déjà trop de responsabilités. J'ai senti que la vie avançait à grand pas. Quelque chose était en train de changer, moi en premier, dans le tourbillon des événements et l'euphorie du temps qui galope.
23h passés. Je me lève dans cinq heures pour bosser mon mémoire
avant d'aller au boulot. J'écoute The Dead 60's - Riot Radio pour
garder un semblant de pêche. C'est réussi.
Bonne nuit
20 mars 2006
Humeur printanière

Reese Witherspoon
En rangeant ma chambre, c'était un peu ma vie que je remettais en ordre. J'ai cette tendance au nettoyage lorsqu'une fin se prépare. Fin d'hiver, d'année, d'études, d'une page noircie qu'il faut tourner pour écrire la suite de l'histoire. Les affaires se sont quelque peu empoussiérées, mais les souvenirs demeurent intacts. Ma jeunesse n'avait pas pris une ride, rangée soigneusement dans des boîtes à chaussures. Je crois que je suis fétichiste des bibelots d'antan. Je ne jette presque rien ou sinon avec un mal fou. J'ai retrouvé mes bullerins de notes de la primaire, les dictées du cp, avec cette écriture fauve et mal dessinée, les copies du collège à l'époque où il était facile d'avoir vingt, les disserts de philo qui rendaient intelligent ou seulement le faisait croire, les carnets de correspondance signés par les amis et les profs assez sympas pour écrire qu'ils croyaient en moi, ma première nouvelle fantastique écrite au lycée, désuète à la relecture, et ces photos de nous deux comme j'en ai par centaines. J'ai réussi, en prenant mon courage à deux mains à mettre quelques bricoles dans la corbeille... mais ce n'est pas encore tout à fait ça. Les placards sont pleins à craquer. Je fais semblant de ne pas voir. Ma chambre, c'est un peu ma maison du souvenir. Je me rend compte que j'ai eu une enfance et une adolescence heureuse, même si j'ai beaucoup pleuré dans mes cahiers. Ca a juste dégénéré le jour où je suis tombée amoureuse. Mais je crois que ça commence toujours comme ça. La nostalgie comme un élastique m'a claqué entre les yeux. Je me suis mise à chialer comme une gamine à qui on enlève ses jouets. Je ne pourrais certes pas garder à vie toute cette paperasse, et pourtant... Je dois vivre avec l'idée que le passé survivra même sans ces babioles que je collectionne.
Ma mère. Je crois qu'un jour je lui dédierais un livre. Parce qu'elle est unique. Bien sûr, comme toutes les mères vous allez me dire. Mais la mienne l'est autrement. Elle parle aux poissons rouges, évoque mes petits seins à l'apéro des réunions de famille, a du chagrin pour N. & moi, croit que je l'aime encore, le pense à la fois aimant et salaud, va à l'église tous les dimanches en attendant un signe du ciel pour que je finisse dans un couvent. Finalement, comme toute mère, elle ne veut que mon bonheur. Mais sa vision des choses contraste avec celle que nous pourrions imaginer. Nous marchions hier toutes deux dans les rues désertes de la ville lorsque... - "Tu devrais arrêter de sortir avec des garçons de ton âge, ça ne dure toujours qu'un temps avec ces jeunes-là". Surprise, je me demandais ce qu'elle voulait dire par là. Il faut dire que ma mère, c'est "madame idées reçues". -"Les vieux" sont plus stables-. J'avais envie de répliquer - Maman si tu savais...- Je ricanais intérieurement lorsqu'elle me propose de trouver quelqu'un de plus de trente ans, au mieux de taper dans les quarante si je veux. J'essaie de rester calme et sérieuse, ce qui est toujours assez difficile avec ma mère. De toutes façons l'âge n'a jamais été un souci pour ma part, mais je lui dit tout de même que je ne voulais pas jouer ma Céline Dion. C'était ridicule. La maturité et l'amour n'avait rien à voir avec l'âge. Ces choses là ne se commande pas. Lorsque je lui réplique, avec un sérieux lapsus que je souhaite raisonnablement être avec quelqu'un d'en dessous de vingt ans (je pensais trente), elle prend un air horrifié comme si je lui annonçait la fin du monde. Finalement, c'est pour ça que je l'aime. Parce qu'elle n'a jamais eu les pieds sur Terre. Peut-être que c'est pour ça que sa fille aussi vit dans les nuages.
Ce soir, dernière soirée à quatre. Lulu s'en va six mois au Canada. Je crois que ça va être difficile de retenir les larmes. Je repense à ces deux dernières années passées ensemble, durant lesquelles j'ai réellement réappris avec Milounette, Juju et Lulu, le sens de l'amitié. Après deux années désertiques avant leur arrivée, j'ai fait une sacrée belle rencontre en croisant leur chemin. Les fous rire, la confiance, les aprèms' au café à se raconter la vie, les pleurs aussi infligés par les hommes etc., les cuites, les galères de l'amour vécus en un seul choeur, la jouissance de n'être plus seules mais quatre. Elles m'ont tendue leurs mains, m'ont accueillie, redonner goût à une existence devenue trop terne. Je ne sais pas si tous le mot merci est suffisamment fort pour exprimer la gratitude que je ressens à leur égard. Ce n'est pas de l'exagération. C'est la vérité. Je n'espérais presque plus à l'époque. J'étais arrivé à la conclusion que l'homme est un animal solitaire. C'est arrivé. J'ai voulu y croire. Aujourd'hui je crois encore que je leur dois plus que ce qu'elles imaginent... Aujourd'hui je crois aussi que le bonheur se partage et se vit à plusieurs. Merci les filles. Mille, un millions, un milliards de fois. Et je ne sais toujours pas si c'est assez...

© Onyx Films / Millimages / Luxanimation / Timefirm Ltd / France 2 Cinema
Avec
Renaissance, on pouvait attendre le meilleur, comme le pire. Quoiqu'il
en soit, on s'en souviendra comme la claque visuelle de ce début
d'année.
Synopsis : 2054. Dans un Paris labyrinthique où chaque fait et geste est contrôlé et filmé, Ilona Tasuiev, jeune scientifique jalousée par tous pour sa beauté et son intelligence, est kidnappée. Avalon, l’entreprise qui l’emploie fait pression sur Karas, policier controversé, spécialisé dans les affaires d’enlèvement, pour retrouver au plus vite la disparue. Karas sent rapidement une présence dans son sillage. Il n’est pas seul sur les traces d’Ilona et ses poursuivants semblent prêts à tout pour le devancer. Retrouver Ilona devient vital : la jeune femme est l’enjeu d’une guerre occulte qui la dépasse. Elle est la clef d’un protocole mettant en cause le futur du genre humain. Le protocole Renaissance…
Au
début ça peut paraître décalé, étrange ou même troublant. On s'étonne,
puis la prouesse impressionne. Très vite, on se laisse happer par ce
thriller futuriste, brillant à la fois par ses prerformances
technologiques et son scénario qui ne s'essoufle jamais. L'exercie de
style est réussi. Je craignais un film au propos inexistant, qui aurait
seulement marqué son coup par l'originalité de sa forme. Mais le fond
vient corroborer le fait que Renaissance est une vraie bombe tant
visuellement, qu'au niveau de la mise en scène et de la réalisation. On
prend plaisir à découvrir ou reconnaître la capitale dans un décor
futuriste et réaliste. J'ai pu apprécié au final une formidable oeuvre
visionnaire, onirique, où la technique appuie tout le long une histoire
composée sans fausse note. L'ensemble est mélodieux, superbe. Le
cinéma d'animation français a trouvé sa référence.
> Le site officiel
Le coup de coeur du début de semaine : Little Birdy - Big Big Love

18 mars 2006
La femme qui ne s'aimait plus

Zhang Ziyi
Les mois portent le poids des souvenirs qui s'entassent.
Dans un bruissement d'aile, les sentiments se froissent.
Dans un froissement d'elle, les émotions se déchirent.
Les murs nus aspirent sa peine.
Les murs blancs se tachent de larmes.
Les voix d'hommes se confondent.
A ceux-là, elle donne des cris d'oiseaux.
Elle donne à manger aux pigeons.
Elle vend des fleurs au coin de la rue.
Elle croise le regard d'inconnus
Qui finissent sous ses jupes en flanelle.
Elle marche le long des rues,
traverse les cimetières
Squatte les bancs publics,
envie ceux qui s'enlassent.
Elle casse les miroirs
Elle cherche la poisse.
Elle ne s'aime plus.
Son sourire s'efface.
17 mars 2006
Time - this bastard !

Thora Birch
La rue Saint Denis a changé de visage. Travaillant à deux pas de là, je constate tous les midis que les sex-shops ont cédé leur place aux marchands de crêpes/kebabs/paninis etc. La bouffe y est vendue à prix concurrentiel, à côté des quelques temples du plaisir résiduels. L'odeur du pain chaud et gras a remplacé celle du sexe. L'image est saisissante. Un peu comme si un soir en rentrant, vous retrouviez à la place du minou humide de votre compagne un énorme hot dog fumant bon marché.
La vie est devenue une autoroute sur laquelle trace le temps. Il n'y a plus de limite de vitesse. On est déjà vendredi et je ne comprends toujours pas le comment. Je continue d'appeler les journalistes pour les inviter à la soirée de lancement de notre boîte satellite. Il y en a qui vous font comprendre gentillement qu'ils ne sont pas intéressés, d'autres qui vous snobent comme des sous-merde, indigne même de trôner sous la semelle de leurs chaussures. Si seulement ils savaient qu'il y aura du beau monde, comme ce fameux ministre, J. L. Et puis sur notre site, à la rubrique "contact presse", il y a mon mail désormais. Après quatre jour passés dans la boîte, le boss me dit que c'est ma première promotion. Peut-être que mes joues ont rosi sur l'instant, mais pas de fierté. Parce que ça fait beaucoup de responsabilités en un rien de temps. Moi j'avais envie d'écrire, pas d'être de l'autre côté de la barrière. Mais je m'y fais. Je ne suis pas encore tout à fait grande. Je suis en devenir.
Je bosse dans un grand appartement parisien dans le 1er arrondissement. On se croirait un peu dans Friends. On est moins de dix, alors forcément ça fait petite famille. Pour entrer, on sonne à la porte. Dans le bureau, il y a un canapé , des murs blancs aux frises mauves, des gens trop intelligents et organisés, ce qui n'est pas tout à fait mon cas. Le midi, les gens dans la cuisine, mais je préfère rester devant mon pc et faire mes dix heures par jour pour accentuer mon sentiment d'être exploitée, pauvre stagiaire que je suis. Il y a un frigo dans lequel il y a de la boisson à volonté, mais il manque le whisky coca. J'en aurais bien pris à l'heure du goûter, avant la réunion du soir. Hier, j'ai fais la vaisselle. Je ne sais pas si c'est mieux que les photocopies, mais au moins, ça me donne l'impression d'être à la maison, sans les cris de ma mère. Lorsque je quitte le boulot, il est 20h04, je cours comme une folle pour ne pas rater le train de 20h17 à cinq stations de là. Les étoiles naissantes me chuchotent une fois de plus que le temps m'a baisé. J'aime presque ça.
Aujourd'hui il fait un soleil d'hiver, celui qui vous caresse le visage avec ses mains froides.
J'aime titre de l'album de Blonde Redhead, Misery is a Butterfly (playlist mise à jour).
Ecoutez Jack Johnson. Soyez heureux. Lisez Boris Vian.
Compatissez.
Je serais de nouveaux chez moi dans à peu près treize heures.
Avec tout ça, j'en oublie d'être malheureuse, ou heureuse, selon.
14 mars 2006
Courir sans s'arrêter

Sharon Stone
La rupture est brusque. L'école est presque archivée. J'oublie subitement qu'une semaine auparavant je planchais sur mes oraux de fin d'études. Cela fait deux jours que je suis en stage. Je travaille dix heures par jour, mange le midi devant le pc, passe des coups de fil à tout va. Lorsque je sors de l'immeuble, il fait déjà nuit. Du coup, j'ai peur que la vie file encore plus vite, que les mois coulent comme du sable entre mes doigts sans que je ne puisse rien attraper. Je contemple non sans fierté la signature que j'attache à mes mails "webmaster éditorial & relations presse". Sush', t'y est presque, mais serais-tu prête à rester dans cette boîte après six mois. Je ne sais plus bien. La volonté d'écrire se fait pressante comme une envie de pisser. J'ai le ventre qui va exploser à force d'attendre. Lorsque j'appelle les journalistes, je me dis que c'est moi qui aurais dû être à leur place. En bouquinant dans le trains, je songe que j'aimerais qu'un jour quelqu'un tienne mon livre entre ses mains. Mais il faut bien bouffer, alors je fais des choses trop trop savoir pourquoi je les fais. Je ne nie pas que c'est euphorisant de se voir confier des responsabilités, malgré mon simple statut de stagiaire. Parfois, je doute de mes capacités. Et puis hier, au beau milieu d'une réunion, j'ai ouvert les yeux. Il fallait quitter le bac à sable pour monter sur le tobogan. Monter les marches les unes après les autres sans avoir peur de déraper. Grandir devenait impératif. Du coup, j'apprends à travailler avec un patron mégalo qui juge parfait tout ce qu'il entreprend, accepte ses critiques lorsqu'il me dit "je te pensais plus locace". Un peu plus tard, il fera remarquer "je suis surpris qu'elle soit si réactive". A ce moment là, j'avais envie de lui dire que ce n'était pas parce qu'on ouvre peu sa gueule qu'on ne sait pas bien bosser. Les gens devraient mieux accepter qu'être timide ne signifiait pas être con. La vie file. La vie file. J'ai le coeur qui bat la chamade. J'arrête de sprinter. J'apprends à être une coureuse de fond. J'y arriverais. J'en transpirerais bien-sûr. Mais après tout...
Bon milieu de semaine.


















