29 septembre 2005
La vie c'est comme une bulle de Malabar...
Hier soir, j'ai retrouvé un miroir cassé dans une boîte à vieux cahiers. Je crois qu'il dort là depuis dix ans. La date limite de poisse devrait être expirée non ? Je ne vais pas lui imputer mes malheurs mais... Par sentimentalisme, je l'avais conservé, mais je crois qu'il est temps que je m'en débarasse. C'est un de ces miroirs qu'on fabrique à la maternelle avec une petite planche en bois et des haricots rouges plantés dessus en guise de déco. Faut que j'arrête le collectionnisme compulsif de souvenirs. Capsules, tickets de métro de gens que j'aime, bouteilles vides, papier cadeau déchiré... Autant de choses qui au toucher me renvoient comme une machine à remonter le temps à l'époque où...
Ce matin tout va bien. C'est jeudi, alors forcément. Jeudi pluvieux, jeudi heureux ? J'ai envie que le temps se coagule. Âprès ma morosité passagère, j'ai le sentiment que tout ira bien. Et c'est pas parce que mon horoscope de la semaine me l'a dit... Je n'attends rien de la vie ou du destin (ou juste un peu alors). J'en attends surtout beaucoup de moi, même si ce n'est jamais facile de se faire confiance. Après tout, il me reste encore une petite soixantaine d'années pour me tromper de chemins et en emprunter d'autres et d'autres encore. J'avance, prends mon temps, évite de griller les feux rouges, de dépasser les limites d'euphorie autorisée. Vlam ! Pas envie de faire un carnage ou d'en blesser quelques un(e)s en cours de route. Je suis déjà morte assez de fois comme ça.
Ce qui me rendrait heureuse là tout de suite ? Une énorme bulle de malabar acidulé goût bonheur et barbe à papa qui n'éclaterait jamais :)
28 septembre 2005
Tap ti dou da da... badaboum

Zhang Ziyi (Memoirs of a Geisha)
Je regarde le plafond de ma chambre, ce gris qui m'entraîne dans le sillon des souvenirs. Ni noirs, ni blancs. Ces images défilent une à une avec un sourire ou une larme en guise de signature sur chacune d'entre elles. Ca yoyote dans ma vie. Hier soir je chantais allègrement sur du rock seventies, ce matin je déglutis la morosité d'un ciel gris qui se reflète sur le miroir. Sa bague est toujours dans mon sac, celle que j'ai faite refaire à sa taille en sachant que notre histoire était condamnée. 25 ans après-demain. Je la déposerais chez lui sans demander mon reste. Quand je pense qu'il m'avait dit il y a quelques mois "2005, nouvelle voiture, nouvel appart,nouveau boulot, nouvelle copine..." J'ai envie de rire de cette histoire mais certains matins elle passe moins bien que d'autres. Je crois qu'il a eu son appart' ,dont je n'aurais pas les doubles des clés. Je crois que je m'y suis toujours attendue même si j'ai trouvé la fin brutale et imprévisible. Aujourd'hui lorsque j'y pense, je n'ai plus mal parce que j'ai réussi à tourner la page. J'essaie juste de comprendre ce qui se passe dans la tête d'un homme qui va chez Confo chercher avec vous l'avenir et fait une croix sur vous deux jours plus tard pour une inconnue. En fait je trouve ça drôle tellement c'est incongru... Je n'arrive pas à pleurer sur cette fin tant elle est ridicule. "Tu sais ta mère y est pour beaucoup". Han maman si tu savais... Cette môman chérie qui me parle de cette histoire comme si elle était sienne, qui la raconte aux autres en ayant pitié pour moi. Cette extrêmiste de l'amour - et c'est un euphémisme - qui a l'air de savoir mieux que moi ce que je ressens alors que pas du tout. "Tu ne le reverras plus". Et si je veux ? T'inquiète pas maman, je ne risque pas pas de retomber amoureuse de lui. Ce n'est plus lui que j'aime, ce sont les bons moments que nous avons vécus durant ces trois ans et des brouettes. Le reste, je l'ai jeté aux oubliettes. Ca ne sert à rien de s'encombrer de ces cailloux qui font saigner le coeur les jours où l'on a envie de déprimer. Et toi pauvre maman qui croyait qu'on allait s' marier bientôt. Mais ça va pas naaaaaaaan... Moi qui ai à peine 20 ans et qui me comportait si souvent comme une ado naïve en rêvant à l'amour toujours. C'est bien de grandir et d'être réaliste. Ca évite de se prendre des claques qui mettent KO au premier round. Ca fait moins mal. Même si en ce moment je suis sur un nuage et que j'ai peur de la descente. Je ne refuse jamais le bonheur lorsqu'il vient. Il ne se refuse pas à moi. Il faut juste avoir le courage de se préparer à le voir repartir. Pas tout de suite s'il vous plait...
Je ferais de mon mieux pour le retenir.
27 septembre 2005
Un chemin
Comment décrire cette infinie tristesse qui m'a embrassé ce matin dans la salle de bain. J'ai trouvé quelques larmes accrochées à ma serviette rose. J'ai l'impression d'être un mur qui s'effrite. Dans le salon, ma mère parlait au téléphone. Je l'entendais discuter avec une tante de mes grand-parents malades. Je n'ai jamais perdu aucun membre de ma famille, du moins très proche. J'ai cette sensation d'être envahie par une peur indicible de les voir s'éloigner peu à peu, emportant avec eux des bouts de moi. Depuis quelques temps déjà je me prépare. J'essaie de me dire que la vie est ainsi, qu'il y a des chemins qu'on ne peut éviter de prendre même si j'ai envie par ma seule volonté de les construire un peu plus loin. Si ça ne tenait qu'à moi, je leur dessinerais une route jusqu'à l'immortalité. Est-ce que c'est égoiste de vouloir garder près de soi éternellement les gens qu'on aime ? Je me souviens. Se souvenir de l'époque où je me blotissais dans ses bras, sur ce lit trop grand et qu'elle me racontait des histoires d'antant. Et lui, il racontait des blagues qui faisaient rire des tablées entières. Son sourire et sa voix. Sa cuisine et sa gentillesse. Aujourd'hui leur appartement est silencieux, il erre des fantômes qui guettent à chaque porte. Je lis dans leur regard la fatigue, mais l'envie de continuer à marcher. J'ai tout simplement peur. Jusqu'au bout je leur tiendrai la main.
26 septembre 2005
Premier et dernier lundi de vacances

Je suis en vacances. Pas d'euphorie ni d'excitation particulières si ce n'est une légère impatience d'être jeudi... J'ai le nez dans la féniantise. C'est peut-être normal pour quelqu'un qui vient de passer quatre ans sans prendre l'air et qui, somme toute, aimerait profiter un peu de sa liberté. Dans une semaine déjà, il faudra reprendre les bonnes habitudes estudiantines, les choses faites à la dernières minute, le bonheur de l'appel tous les matins, les interros surprises comme au collège, les profs qu'on finit par taper sur l'épaule en fin d'année parce qu'on ne les reverra plus, les coups de stress collectifs lorsqu'il y aura mille choses sur le feu. J-365 avant mon arrivée fracassante sur le marché du travail. L'angoisse du pc/chômage/dodo flirte avec ma soif de liberté et mes envies d'être présidente de l'Univers. La deuxième solution me parait sage, appropriée et ô combien réalisable. Adjugé !
Après plusieurs mois de travail intensif, je sens physiquement le contre-coup. Tous les soirs, je me traîne au lit comme une grand-mère qui après 21h aurait besoin de sa tisane et d'un bon gros dodo pour se ressourcer. Comme mamie, je me lève à 6h du mat' pétantes et prépare mon petit-dèj en listant toute les choses à faire dans la journée. Au programme du jour, revoyure du meilleur ami précédemment perdu de vue, avec à la clé un gros nanar horrifique japonais qui passe en ce moment sur nos écrans. En plus, il parait que ça fait peur. Youpi.
Hier j'ai resorti du placard mes vieux cahiers 140 pages Oxford à spirales dont je noircissais les pages avec un bon paquet de guimauve et de marshmallow dégoulinant sur le feu crépitant. Se foutre de soi-même, ça fait un grand bien. L'écriture change au fil des pages, tantôt énervée, tantôt enfantine, tantôt crispée, pleine de détresse souvent aussi. J'ai repris mon stylo et j'ai gratté pendant une heure. J'avais oublié ce plaisir de voir ces lignes se remplir au fur et à mesure, celles qu'on n'efface pas d'un clic de souris mais qu'on garde sous le matelat gondolé. Mes secrets, mes désirs, mes sourires, mes larmes qui se font plus rares, ces jours futurs que je vois roses même sans lunettes hippies. Oué oué ;)
25 septembre 2005
Tout et n'importe quoi
Hier soir je me suis surprise à sentir le bonheur me prendre dans ses bras et me caresser les cheveux comme on fait avec un enfant pour lui dire sa tendresse. Peut-être parce que je suis en vacances. Peut-être parce que autre chose aussi... C'est étrange de se dire qu'on arrive encore à être étonné par la vie. Je pensais qu'après cette épreuve, je me relèverais difficilement, m'enfoncerais dans une routine désespérante, goûterais à l'amertume de ne plus savoir quel genre d'histoire écrire, tournerais la page dans la douleur et la colère. Rien de tout ça. Bien sûr, il y a encore quelque tristesse certains soirs, certaines mélodies qui me tirent des perles lacymales et des instants de solitude. Finalement, je suis contente d'avoir repris ma vie en main pour la modeler comme je l'entends, parce que pendant trop longtemps j'avais laissé faire les choses, les autres, au point que je n'existais plus. Je revis et ce n'est exprimable que dans mon coeur, lorsqu'hier la musique à fond, je me sentais légère et prête à aller cueillir l'espoir dans ce ciel pluvieux.
Tout finit par se vérifier. Je n'aime pas les adages, mais tout de même Mieux vaut être seul que mal accompagné. Surtout lorsqu'on se trimballe Lucifer à son bras pendant trois ans. Han. C'était la minute de méchanceté, sans méchanté aucune en fait.
L'autre jour en rangeant les rayons, j'ai retrouvé au milieu des étalages un objet que j'avais mis du temps à chercher pour une cliente qui le voulait absolument. Ca m'a soudainement et bizarrement ramenée à mon histoire personnelle. Dans cette trouvaille anodine, j'y lisais le souvenir d'efforts consacrés dans une tâche que les autres finalement n'avait pas conscience d'avoir gaspillé. Du temps, de l'application, du sacrifice (exagéré là tout de même pour un simple objet d'utilisation quotidienne...). J'y resentais là, la même vexation que le jour où il était partie pour une autre, avec une intensité moindre. Donner et se voir tout reprendre. Après tout, j'ai laissé pisser. Le meilleur est à venir. J'en suis à 2000% convaincue. Pardonnons, pardonnons.
Ce matin, j'ai mangé du chocolat et du pain. Mouais, intéressant n'est-ce pas. C'était comme à la maternelle, cette époque où l'on nous forçait à faire des siestes en plein aprèm' (eurk). Le bon vieux temps de l'insouciance où de mon seul problème existentiel consistait à me demander jusqu'à quel âge j'allais sucer mon pouce. Dorothée tournait en boucle dans mon radio-cassette rouge et je croyais mot pour mot aux paroles de ses chansons. Candide je fus.
J'ai fait une découverte capitale l'autre jour, l'arnaque du sièle on peut dire. Les numéros verts ne sont absolument pas gratuits à partir d'un portable. Aheum. Je comprends mieux pourquoi j'ai explosé mon forfait ce mois-ci. Une heure à parler avec un psy à la noix en pensant que... Je fais parfois des trucs vraiment trop cons...
Je me demande si Daniel Powter est complexé par sa coupe de cheveux et que c'est pour ça qu'il porte toujours un bonnet, même dans ses clips...
Sur ce, bonne journée, bon dimanche, bon baisers de moi.
23 septembre 2005
Le monde féérique du blog

Ysilounette chérie avec son aimable autorisation :)
Un jour un blog. Ca pourrait donner naissance à une chanson pleine d'émotions, de sourire, de larmes de bonheur, avec une mélodie qui vous prend les tripes et que vous lalaterez toute la journée (lalater : faire lalalalalala). On aura beau dire que raconter sa vie derrière un écran c'est futile. On dira aussi que c'est simple de se livrer en jouant du clavier et pourtant pas tant que ça. Parfois j'écris les larmes pleins les yeux, voyant à peine ce qui se tape, ne pense plus à rien d'autre qu'à expulser ce que j'ai dans le ventre. Des émotions à la pelle qui se bousculent et qui n'attendent que d'être ramassées. Vomir des mots, encore des mots, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien à donner. Etre sincère avec soi-même et l'écrire, juste pour l'exorciser. Un blog, puis deux et trois et encore un autre. Ouvrir, fermer, rencontrer. Des nouveaux visages, des nouveaux lecteurs qui entrent dans votre vie, puis en resortent lorsqu'ils le veulent.
La vie s'écoule paisiblement sur la blogosphère. Elle n'a rien d'une autre planète où les gens se masquent. Au contraire, plus j'avance et plus j'ai cette impression que les gens se mettent à nu, sans avoir peur d'être eux-même, non pas parce que c'est la mode d'écrire sa vie en ligne, mais parce que ça fait un bien fou, comme une psychothérapie. De rencontres en rencontres, on se sent moins seul. Ca n'a rien de pathétique. Nos relations ne sont PAS superficielles. Il y aura toujours des détracteurs pour dire qu'on joue tous un jeu, qu'il est plus facile de parler à son pc qu'à des gens que l'on croise tous les jours sur le quai d'une gare, que des amis virtuels on peut en avoir à la pelle. Non. On va seulement vers les gens avec lesquels on se sent proche, ceux qui nous touchent, ceux qui nous font rire, ceux qui nous donnent des frissons, ceux que l'on imagine pouvoir cotoyer dans la vraie vie. Des coups de coeurs j'en ai eu, des rencontres merveilleuses aussi. De mon pc au au monde extérieur, il n'y a qu'un pas. Un petit pas pour l'humanité, un pas de géant pour moi.
Aujourd'hui je l'attendais avec impatience. Elle est venue, comme dans un rêve à ma rencontre. Point de rendez-vous exceptionnel, cette boutique goth un peu cheap où j'entrais parfois pour rire en douce (Le Grouft). Le courant est passé immédiatement. C'était comme si nous nous étions toujours connues. J'ai eu ce plaisir à partager des choses avec elle comme avec une amie d'enfance que je n'aurais pas vu depuis des lustres et que je me serais surprise à redécouvrir. Il y a ces rires qui ne mentent pas, ces ptites histoires de filles qu'on se raconte pour s'marrer, cette complicité dans le regard qui dit tout, cette balade dans les sexshops bidons qui provoque l'hilarité, cette journée d'automne ensoleillée qui transcendait notre joie commune de se voir enfin. Au départ, il y avait cette crainte que le courant ne passe pas. Alors on imagine le scénario catastrophe, les silences génés, un ennui maladroit.Finalement, il n'y a eu que les au revoir comme chaque fois qui pincent un peu le coeur. Mais l'on se dit que l'on se reverra encore et encore. Et on pense au bonheur présent et surtout à venir. Voilà à quoi ressemble le monde merveilleux et enchanté du blog transposé dans la réalité. Merci Ysil :)
22 septembre 2005
Plaisirs d'automne
Heure sonne matin / Pleure chagrin / Et repasse le film humide / Du passé dans les yeux
Court bien trop court / Notre amour / Et les appels au secours / Savent qu'un sourd n'entend pas ce qu'il veut
Et pourtant il faut vivre / Ou survivre / Sans poème / Sans blesser tous ceux qui l'aiment
Etre heureux malheureux / Vivre seul ou même à deux
Mais vivre pour toujours / Sans discours sans velours / Sans les phrases inutiles / D'un vieux roman photo
Fleurs fanées meurent / Noir et blanc / Seules couleurs / D'un futur qui est dèjà le passé pour nous deux
Et pourtant il faut vivre ou survivre / Sans poème / Sans blesser tous ceux qu'on aime
Etre heureux malheureux / Vivre seul ou même à deux
Mais vivre en silence / En pensant aux souffrances / De la terre et se dire / Qu'on n'est pas les plus malheureux
Quand dans l'amour / Tout s'effondre / Toute la misère du monde / N'est rien à côté d'un adieu
Et pourtant je veux vivre ou survivre / Sans poème / Sans blesser tous ceux que j'aime
Etre heureux malheureux / Vivre ou survivre /Seul ou même à deux
Daniel Balavoine - Vivre ou survivre
Premier jour où l'automne, de retour, vient me chatouiller les orteils au sortir du lit. Sous la couette froide, je m'extirpe d'un songe étrange où les visages se confondent, s'interchangent, m'interloquent car je ne comprends pas le sens de ce bal masqué (hohé hohé). J'allume le pc, lis mes mails, mange en silence mon yaourt nature, pense à cette journée de sept heures sans pause ou si peu, à l'été quittant la scène sans un au revoir de politesse. Mon rapport de stage n'avance pas, je maudis ma mauvaise manie de procrastiner, mon envie de regarder par la fenêtre le soleil qui se dore la pillule à la terasse de tous les cafés. Envie d'un diabolo menthe, avec pleins de glaçons dedans, pour y faire des trous avec ma paille. Oui, comme une gamine. Ca a du bon.
Dans tous les supermarchés du coin, la foire au vin a envahi les allées centrales et les têtes de gondoles se préparent à faire la fête. Les rayons se vident. Les gens ont repris leurs petites habitudes de vieux. Métro, boulot, dodo. Les vacances ont été rangées avec la naphtaline en attendant d'être resorties l'an prochain sans poussière sur les sourires. Le mercredi, les enfants courent dans les rayons jouets, le jeudi, les mamies viennent chercher leur gigot pour le week-end. Fin de semaine épuisante. Petit réconfort demain où je vais voir ma coupine et soeur de blog. J'essaie de ne pas imaginer, j'attends avec impatience comme lorsqu'on fait un manège à sensation pour la première fois. Coeur qui bat la chamade, finalement trop bon et trop court. Comme un orgasme. (Non Ysil, je ne te sauterais pas dessus ;p )
La vie c'est un orgasme de bonheur toutes les secondes si on le veut bien.
21 septembre 2005
J'aimerais dire que je suis née un lundi 12 septembre en l'an 2005. Mon histoire commence par "il était une fois", ne ressemble pas à un conte de fée. Il y a eu des larmes sur ces lignes noicis avant ce nouveau chapitre, il y en aura encore. De bonheur, de colère, d'amertume, de tristesse. Mais depuis ce jour là, je peux dire que je suis heureuse. Heureuse depuis la naissance. C'est une histoire que j'aimerais raconter en boucle, sans lassitude, sans peur de me tromper.
20 septembre 2005
Heureux comme un Totoro
Souvent j'entends mon portable gueuler alors qu'il ne dit rien. Il ronronne en silence sur mon lit en attendant que je vienne lui gratter le ventre. Il n'a jamais été aussi sage. Le temps est pareil à mon humeur. Beau à en crever, non plutôt à vivre. J'ai essayé de rejouer Titanic en rentrant du boulot sur mon vélo rouge. Sans Léonardo, sans Kate, sans le soutien de Céline et son credo. Je me sentais libre de fermer les yeux sur la route, d'ouvrir les bras non pas comme un Christ qu'on crucifie mais comme un St Pierre accueillant une Sush' au Paradis, de sentir la douceur du vent mordre mes lèvres, de goûter au froid pimpant venu me glacer les mains. J'ai sorti mon écharpe, mon sweat à capuche, mes chaussettes en laine. En ce moment je fais mamie. C'est sans doute le dernier acte qui fait ça ;) Je vole sur un petit nuage ces derniers jours, un Château dans le ciel dirais-je. J'ai envie de faire du trampoline sur le ventre d'un Totoro. Simple comme un jeu d'enfant. L'art d'apprivoiser le bonheur, dans un sourire, une poignée de main, quelques mots échangés ou encore un ciel bleu qui tricote des nuages en laine de mouton. J'ai longtemps cru qu'on naissait heureux alors qu'on le devient. Si on le veut et si on se donne les moyens pour. Tout est parfait. Continuons dans ce sens.
19 septembre 2005
Brighter Than Sunshine (merci J.)
Humeur du soir. Heureuse. Je l'ai appelé et je lui ai dit "je te pardonne". Un peu comme un prêtre à la confession, avec la bénédiction en moins. Le mec du bouquin a raison. On ne pardonne par pour l'autre, mais pour soi. La rancune, la colère, l'amertume, la haine sont des sentiments qui vous bouffent de l'intérieur. En évacuant tout ce qui pouvait me faire mal, j'ai pissé mes dernières douleurs, les derniers mots de cette histoire. Ca fait un bien fou. Je peux enfin tourner définitivement la page, car jusqu'ici rien n'était réellement achevé. C'est mesquin, mais ça m'a fait plaisir lorsqu'il m'a dit que l'autre était une chieuse. Au bout de deux semaines punaise. Dire que j'avais mis presqu'un an ;)
Un supermarché à 7h du mat', ça ressemble à ce passage mythique dans Zombies, avec les rayons déserts et le silence de mort qui fout la chair de poule. On n'entendait rien d'autre que des pas fantômatiques et pour une fois les chansons un peu has been qui tournent en boucle sur Chante France. J'ai passé ma matinée à fredonner des airs bidons, ranger des perles, renseigner des vieilles mémés à la recherche d'étiquettes pour reconnaître leur viande au congélo. D'ailleurs, une cliente a eu la géniale idée d'écrire une lettre au boss pour ME féliciter. Si ça ne donne pas le sourire ça... Dans une autre vie, c'est sûr, j'étais autre chose qu'une bloggueuse compulsive.
En ce moment, je suis un peu flemmarde. J'avais envie d'écrire la critique de Broken Flowers mais finalement non. Et puis hier J'ai vu Kiss Kiss Bang Bang qu'il faut ABSOLUMENT voir. La flemme aussi de chroniquer. Peut-être dans la semaine. Oui je sais, je préfère raconter ma vie. Pas bien.
Heureuse. Oui, j'le crois dur comme fer. Grâce au soleil qui m'arrose, à ma grande soeur spirituelle que je vois en fin de semaine ;), aux bonnes rencontres de la vie, à mon meilleur ami qui vient de resurgir après deux mois d'absence et de silence, aux monologues sans fin sur msn qui me donnent le sourire niais de mon enfance insouciante :)
A travers les hauts et les bas je me faufile. En ce moment je suis au sommet des montagnes russes.
Pas envie que ça redescende.
























